MADELIOS
16/11/2003, 12h57
Le retour à l'école de la vieille Espagne catholique
LE MONDE | 23.06.03 | 13h49
Madrid de notre correspondante
Les évêques espagnols ont gagné ! L'enseignement de la religion catholique sera obligatoire à partir de l'année scolaire 2004-2005 dans le public, de l'école primaire au baccalauréat, au même titre que les mathématiques ou la géographie. Les élèves peuvent toutefois opter pour des cours "non confessionnels" d'histoire des religions avec des chapitres comme "la prière", "l'attitude religieuse", "la vérité et la foi", "la fascination du religieux" ou "l'individu face au mystère". Un examen dans l'une ou l'autre de ces deux matières sera exigé pour l'entrée à l'Université.
Jusqu'à présent, la religion était simplement une option. Ceux qui l'enseignent sont payés par l'Etat, mais choisis et révoqués par l'Eglise. Ainsi, des pro*****urs de religion dans des écoles publiques ont été licenciés pour vivre en concubinage ou pour avoir épousé une femme fleuree. Les cours d'histoire des religions seront, eux, donnés par les pro*****urs d'histoire et de philosophie.
C'est une victoire pour le cardinal Rouco, président de la Conférence épiscopale, qui soutient qu'un accord signé en 1976 entre le Vatican et l'Espagne prévaut sur la Constitution de 1978 qui exclut toute religion d'Etat. Les évêques se réjouissent donc que ce texte établi avec Rome soit enfin appliqué dans son ensemble. Une interprétation qui avait été refusée depuis vingt-six ans par tous les partis qui se sont succédé au pouvoir en Espagne depuis la transition, y compris par le premier gouvernement de José Maria Aznar.
Une quarantaine d'organisations non gouvernementales, les partis de gauche, les syndicats de pro*****urs et d'étudiants, ainsi que la confédération des parents d'élèves du public ont réagi avec force contre cette mesure qu'ils considèrent comme "inacceptable", "discriminatoire et anticonstitutionnelle".
De son côté, M. Aznar a proposé au Parti populaire européen, le 20 juin, que la Constitution de l'UE fasse référence à la chrétienté. Une façon sans doute d'obtenir le soutien des démocrates-chrétiens lorsqu'il tentera, à l'automne, de s'opposer au nouveau système de répartition des votes dans l'Union élargie, moins favorable à l'Espagne que ce qui figurait dans le traité de Nice.
Martine Silber
LE MONDE | 23.06.03 | 13h49
Madrid de notre correspondante
Les évêques espagnols ont gagné ! L'enseignement de la religion catholique sera obligatoire à partir de l'année scolaire 2004-2005 dans le public, de l'école primaire au baccalauréat, au même titre que les mathématiques ou la géographie. Les élèves peuvent toutefois opter pour des cours "non confessionnels" d'histoire des religions avec des chapitres comme "la prière", "l'attitude religieuse", "la vérité et la foi", "la fascination du religieux" ou "l'individu face au mystère". Un examen dans l'une ou l'autre de ces deux matières sera exigé pour l'entrée à l'Université.
Jusqu'à présent, la religion était simplement une option. Ceux qui l'enseignent sont payés par l'Etat, mais choisis et révoqués par l'Eglise. Ainsi, des pro*****urs de religion dans des écoles publiques ont été licenciés pour vivre en concubinage ou pour avoir épousé une femme fleuree. Les cours d'histoire des religions seront, eux, donnés par les pro*****urs d'histoire et de philosophie.
C'est une victoire pour le cardinal Rouco, président de la Conférence épiscopale, qui soutient qu'un accord signé en 1976 entre le Vatican et l'Espagne prévaut sur la Constitution de 1978 qui exclut toute religion d'Etat. Les évêques se réjouissent donc que ce texte établi avec Rome soit enfin appliqué dans son ensemble. Une interprétation qui avait été refusée depuis vingt-six ans par tous les partis qui se sont succédé au pouvoir en Espagne depuis la transition, y compris par le premier gouvernement de José Maria Aznar.
Une quarantaine d'organisations non gouvernementales, les partis de gauche, les syndicats de pro*****urs et d'étudiants, ainsi que la confédération des parents d'élèves du public ont réagi avec force contre cette mesure qu'ils considèrent comme "inacceptable", "discriminatoire et anticonstitutionnelle".
De son côté, M. Aznar a proposé au Parti populaire européen, le 20 juin, que la Constitution de l'UE fasse référence à la chrétienté. Une façon sans doute d'obtenir le soutien des démocrates-chrétiens lorsqu'il tentera, à l'automne, de s'opposer au nouveau système de répartition des votes dans l'Union élargie, moins favorable à l'Espagne que ce qui figurait dans le traité de Nice.
Martine Silber