thament
16/11/2003, 00h46
Voici la traduction de l'interview de Cheikh Abbassi à EL HAYAT, à DOHA, le 15.11.03.
Abbassi Madani au quotidien « Al Hayat » : Intérêt réponse positive de l’institution militaire à l’initiative d’arrêt de la violence !
Doha, par Mohamed El Mekki Ahmed, « El Hayat »
Le Dr. Abaci Madani, qui séjourne actuellement au Qatar, a déclaré que l’institution militaire a marqué son intérêt à l’initiative, qu’il dit lancer pour l’arrêt de la violence en Algérie, et il ajoute que sa réponse est positive. Cependant, Madani ajoute dans un entretien avec EL HAYAT, à Doha, qu’il visite actuellement, que l’initiative qui n’est pas celle du FIS, mais du PEUPLE algérien. Elle n’a toutefois pas été présentée au Président Bouteflika, ni au gouvernement, et il a dit « Je ne penses pas que le Président s’oppose à sa Nation ou à son Peuple, et il considère que l’initiative « n’est point un programme de déstabilisation », comme « ce qui s’est passé au Soudan ». Il a répété la nécessité de changer un « le régime qui a appauvri le pays et l'a détruit » qui, ajoute-t-il est un bateau en perdition.
Voici le texte de l’entretien :
Q : Vous avez indiqué que l’initiative a été présentée au gouvernement algérien, quelle est cette initiative, ses objectifs et grandes lignes ?
A : Tout d’abord, permettez moi, de corriger quelques points, en premier je n’ai pas présenté cette initiative au gouvernement, et je ne fais que partie du groupe qui se revendique de cette initiative, car ce n’est que l’initiative du peuple algérien, qui inclue l’institution gouvernementale et la seule institution qui a marqué son intérêt, nous lui en sommes reconnaissants pour son courage et son intérêt. Elle n’a pas simplement marqué un intérêt lorsqu’elle a reçu la première copie qui n’est qu’un projet, pour sonder son opinion et la portée de son engagement et ses propres vues sur les choses, mais elle approuve. Nous espérons qu’elle sera peut-être alors, un acteur essentiel dans la concrétisation de cette initiative, qui est celle d’un Peuple.
Q : Quel est le nom de cette institution ? Est-ce l’institution militaire ? Cela signifierait-il que la réponse de l’armée est positive ?
A : En tout cas, lorsque nous disons que cette institution approuve, et même si cela commence par la partie concernant l’arrêt de la violence, ceci est une réponse positive.
Q : Vous avez dit que vous n’avez pas adressé votre initiative au gouvernement, comment a-t-il pu en avoir copie ?
A : Je n’ai pas prétendu que l’initiative ait été présentée au gouvernement
Q : Elle a été présentée à qui ?
A : Elle a été présentée à une institution de l’Etat (il vise l’armée), car lorsque nous parlons du gouvernement nous visons le chef du gouvernement et ses ministres.
Q : A-t-elle été présentée au chef de l’Etat ?
A : Elle n’a pas été adressée au chef de l’Etat.
Q : Elle a été adressée uniquement à l’institution militaire ?
A : Elle se considère en effet la plus concernée par l’information et pour la participation par l’avis et les actes, si Allah le veut, car elle est une la plus impliquée dans la situation sur le terrain, et l’institution veut participer au projet de son peuple.
Q : Quelle est la partie que vous avez chargé de présenter l’initiative à l’institution militaire ?
A : Je ne désignerai aucune partie, car aujourd’hui le travail est confidentiel
Q :Est-ce que l’armée a posé des conditions précises lorsqu’elle a souhaité que la priorité fut accordée à l’arrêt de la violence ?
A : Elle n’a posé aucune condition, elle a donné son avis et au lieu de répondre sur la forme globale, elle a commencé par ce qui est le plus important, qui est l’appel à l’arrêt de l’effusion qui est l’un des objectifs de l’initiative. Comme l’arrêt de l’effusion de sang, est un but noble et objectif qui préserve les droits de ce peuple, cela veut dire que lorsque l’on aura arrêté l’effusion de sang on aura créé un climat pacifique, qui est en soi, un objectif pour toute société ambitieuse. Il n’est pas possible de préconiser un plan de redressement d’un pays ou un projet de redressement d’une société ou d’une civilisation sans que ne fussent préservés la paix et la stabilité.
Q : Quels sont les points saillants qui fondent cette initiative que vous avez présentée à l’institution militaire ?
A : L’initiative, n’est pas celle de l’armée, ou celle d’un parti parmi d’autres, d’un clan entre autres clans idéologiques, ou d’un groupe, et en Algérie, il n’ y a pas de clans ni de sectes, mais c’est une initiative qui se donne pour objectif, de mobiliser tout le peuple algérien avec toutes ses capacités, ses potentialités, ses énergies, autour du programme de l’initiative.
Q : Invitez-vous le gouvernement algérien ou le système algérien à prendre des mesures, pour mettre en œuvre cette initiative, ou appelez-vous au changement du système avec cette initiative ?
A : En ce qui concerne le système, il n’y a plus en Algérie, deux personnes sensées, et honnêtes qui ne soient d’accord sur la nécessité de son changement. Pourquoi, et quelles sont les conditions de survie du gouvernement et du système ? Ce sont les conditions de la bonne gestion et de l’exécution des obligations, et ce sont les conditions de la préservation de la confiance du peuple. En ce sens, qu’elles expriment la confiance mutuelle qui est la base légale dans tout état et dans chaque société. Mais le système, a violé toutes ces conditions légales, pire, il a eu une conduite contraire, une conduite perverse. Ce qu’a fait le système depuis 1962, à ce jour a été la destruction de l’Algérie. Il a détruit tout un pays, il a fait du pays le plus riche de la région, celui qui est le plus pauvre dans lequel la majorité des habitants y vivent au dessous du seuil de pauvreté.
Ce que le système algérien a conduit depuis 1962 à ce jour, comme massacres, persécutions, répressions des libertés, destructions, dilapidation des énergies et des ressources matérielles et des valeurs, ne peut même pas être comparé le colonialisme. Un système qui a eu la responsabilité de ces tares, lui reste-t-il une autre légitimité pour être maintenu que celle que lui donne la loi de la force
Q : A la lumière de votre présentation de l’initiative, doit on comprendre que cette initiative se veut changer le système grâce à l’institution militaire ? Non pas un programme pour le renversement du système comme advenu au Soudan ?
A : Non, mon frère, en premier l’initiative veut changer ce qui doit être changé, car si tu vis une crise et que tu vis dans le malheur, cela n’est que le produit de causes, comment veux-tu changer les conséquences sans changer les causes ?
Q : Vous appelez également à la libération des prisonniers, à une amnistie générale, à l’abolition des injustices et à toute une série de mesures, comment pouvez-vous demander à un système politique de s’ouvrir dans ce domaine alors que vous voulez son changement ?
A : Il n’ y a pas de problème dans ce cas. Permettez moi, de dire que votre présentation du point de vue systémique est incorrecte. Lorsque nous parlons de l’institution militaire, il ne s’agit pas de toute cette institution, aujourd’hui avec ce qui s’est passé, et après ce à quoi est arrivée l’Algérie, ils ne sont pas, contre le changement de régime, mais il y a parmi eux des créations de ce régime même, mais ces derniers ne sont qu’une minorité. N’oubliez pas que l’armée algérienne, n’est pas une armée mercenaire, c’est l’armée du peuple algérien, c’est l’armée de la Nation, et donc la partie populaire dans sa composition est majoritaire, et si donc celle-ci est majoritaire, il va de soi que ceux qui sont victimes du système, constituent la base de l’armée et même sa hiérarchie. A cause de leur relation avec le peuple ils sont donc eux aussi victimes, et la victime est appelée à changer le système dont elle est victime tant qu’elle est vivante.
Q : Escomptez-vous le succès de cette initiative ?
A : La question n’est pas aussi simple, quelles sont les chances de succès de cette initiative si nous ne considérons pas le danger des défis auxquels elle doit faire face, êtes-vous d’accord avec moi, sur cette hypothèse ? Si l’initiative est sérieuse, car en effet, nous ne pouvons envisager une opération de changement aussi profonde dans ses racines, et qui se fixe des objectifs à des horizons aussi éloignés dans ses ramifications, (que) si elle inclue des perspectives complémentaires dans ses fondements, qui constituent pour chacune d’entre elles un élément de solution et non de problèmes. En d’autres termes ces derniers sont des éléments et de pérennité et de non de disparition. Elle ne sont pas non plus des cellules cancéreuses mais plus justement des cellules saines. En effet cette initiative ne pourrait connaître de succès, si elle contenait en son sein ne serait-ce qu’une seule cellule cancéreuse.
Q : Qu’entendez-vous par là ?
A : Je veux dire par là, si cet élément du problème est lui-même un élément du système. Si cette initiative est populaire, et comme l’institution militaire est à l’origine issue du peuple, elle a donc besoin elle-même de ce changement. Elle nécessite donc ce changement, si elle-même est un corps vivant sain de la société algérienne. De ce fait, pour que cette initiative puisse aboutir, il lui faudrait être rigoureuse, et pour cela qu’elle fut objective, ce qui nécessite donc, qu’elle soit rationnelle.
Q : Réunit-elle ces conditions ?
A : Il le faudrait
Q : Vous en parlez maintenant en disant que c’est une initiative populaire, vous est-il possible de part la connaissance que vous en avez, de dire qu’elle est sérieuse ?
A : Je ne peux dire qu’elle soit sérieuse, cependant je travaille avec d’autres avec en vue cet objectif, et c’est bien ce qui est important. Quant à juger quelque chose qui est en cours d’élaboration, c’est comme vouloir porter un jugement sur un nouveau né et dire sera sage ou stupide.
Q : Avez-vous reçu une réponse écrite de l’armée, à propos de cette initiative ?
A : Il est souhaitable qu’une réponse écrite fut donnée à ce qui a été présenté par écrit. Le document écrit constitue aujourd’hui une preuve historique, juridique et un facteur de confiance. Par contre la conversion téléphonique ou la réponse orale ne peuvent être un élément de base ou qu’elles soient considérées comme sérieuses entre des parties réunies par une malheur, une crise et qui ont tous pour souci de sortir leur nation et leur peuple de cette situation désastreuse. Ceci ne peut être souhaité à personne par aucun esprit rationnel.
Q : Travaillez-vous actuellement au sein du FIS, à la réconciliation ou à l’ouverture d’une nouvelle page avec l’institution militaire qui a vous a déchu après les élections ?
A : Par Allah, monsieur, vous avez réduit l’espace, d’abord l’initiative n’est pas celle du FIS, et quand bien même le FIS venait, lui-même issu du peuple, dire qu’il veut participer à l’initiative en qualité de parti, il serait rejeté, car cette initiative ne saurait être l’initiative d’un parti. L’initiative se constituera sur la volonté du peuple. Jusqu’à ce jour personne du FIS, n’est venu dire qu’il serait souhaitable, que nous soyons des partisans, et que nous participions en tant que front et non en qualité d’algériens, ceci n’est pas à l’ordre du jour.
Ici, nous nous posons la question de savoir pourquoi le FIS n’a pas demandé et qu’il exige d’être le propriétaire de l’initiative, alors qu’elle est l’objet qui a subi les épreuves. C’est parce que l’esprit de l’initiative est bien le sort du peuple algérien et non pas celui des élections, ou les intérêts d’un lobby entre d’autres, et c’est pour cela que je n’ai point entendu quelqu’un du FIS, dire, ou bien cette initiative est celle du FIS ou bien elle ne sera pas.
Q : La question demeure posée, est-il envisageable d’arriver à une réconciliation entre le FIS et le gouvernement ?
A : Je suis ici comme porteur d’une initiative qui dépasse les limites du parti, cette initiative comprend un pan pour le changement qui concerne la réconciliation, pourquoi, parce qu’une refondation sérieuse doit nécessairement contenir un projet, et le changement proposé doit être fondé sur la base de l’agrément mutuel, serait-il possible de se réconcilier sans que les agréments aient été réalisés ?
Q : Y a–t-il eu ou y a–t-il des contacts entre Abassi Madani, citoyen algérien et le Président Abdel Aziz Bouteflika ?
A : Il n’ y a pas de relations entre le Président que je connais personnellement et qui me connaît. Durant la guerre de libération nous étions tous deux engagés et militants du FLN et de la Révolution. Si le Président gouvernait avec ses valeurs morales, et en son âme et conscience, et qu’il ne trahisse pas le Serment fait devant Allah, et la patrie, je ne pense qu’il le trahirait au dépens de sa Nation et de son peuple en dehors des présidentielles et des considérations politiques. Aussi je ne le rencontrerai et ne me rapprocherai de lui, que s’il répond à cet appel d’abord, mais pourquoi donc ne répondrait-il pas à cet appel aujourd’hui ?
Q : Vous l’appelez à quoi ?
A : Je ne fait pas appel à lui, il est compétent pour savoir vers où aller. Je ne prétends pas l’orienter ou l’appeler vers quelque chose. C’est le devoir qui l’appelle, et c’est lui qui définit sa position vis-à-vis de ce devoir. L’initiative place tout un chacun devant ses responsabilités, et la position est impérieuse pour que chacun prenne ses responsabilités pour sortir l’Algérie des griffes du colonialisme, de la pauvreté, l’humiliation, la mort lente, les tueries et la dépravation. Allah dit « Celui qui tue une âme sans contrepartie, ou dépravation sur terre, c’est comme s’il avait tué tous le gens, et quiconque lui redonne vie, c’est comme s’il avait ressuscité tous les gens ». L’initiative invite à la vie la renaissance, la paix, la justice et le droit, le travail dans le respect des règlements et du droit, la légalité traditionnelle.
Q : En Algérie se préparent des élections pour les Présidentielles de 2004, est-ce que le FIS y participera ?
A : Adressez cette question au FIS, et moi en tant que membre et non en qualité de président, je dis que si le système est un bateau en perdition, et si je dois prévenir les gens du naufrage, comment voudriez vous que je me jette dans un bateau en perdition, à moins que je n’ai perdu mes sens, pensez vous que j’aie perdu ma raison ? (Il rie)
Q : Pronostiquez-vous que la France appuierait l’initiative ?
A : Cette question est à être posée à la France, et que je pense, la France n’est intéressée que par ses propres intérêts, et si elle veut les préserver comment devraient-elles les confier à un bateau en perdition ! La France connaît mieux que quiconque ce bateau qu’elle a fabriqué et dans lequel elle a mis l’Algérie, pour qu’elle périsse. Le fabricant du bateau voué à perdition serait-il moins conscient que ses passagers victimes de cette stratégie ? La France a dit peu de temps avant ma sortie de (prison) qu’ils appartient aux algériens de s’entraidaient pour régler entre eux leurs problèmes. Cette position est responsable politiquement, civilisée et morale, si la politique devait être une affaire de morale, ou tout au moins d’intérêts moraux. La France sait qu’il est de son intérêt que l’Algérie échappe à ses malheurs et sorte de sa crise, mais la France a deux racines antagonistes, d’un côté la France de la liberté et de l’ambition progressiste, et de l’autre la France coloniale. Ces deux racines sont toujours en conflit en France. Si la France est bien pour les libertés démocratiques et qu’elle demeure pour le droit national et international et que la décision se trouve entre les mains des français libres qui se réclament en France de ces valeurs, le choix de la France, ne peut être que celui d’aider et d’épauler cette initiative, même si cette initiative ne demande aux français que de laisser les Algériens libres de régler seuls leurs problèmes.
Q : Attendez-vous que l’Amérique joue un rôle positif pour une solution à la crise algérienne ?
A : Eux aussi sont seuls à apprécier leurs intérêts, parmi ces intérêts, celui d’une Algérie sécurisée et stable, qui jouit de la paix de la stabilité et qui progresse et se développe
Q : Avez-vous des relations avec les américains ?
A : Nous ne sommes en contact ni avec les américains, ni avec quiconque d’autre.
Q : Avez-vous des contacts avec les états arabes, pour rassembler les forces pour l’initiative ?
A : Non pas de relations officielles, mais nous rencontrons la sympathie et un écho positif de la part des médias arabes, et une disponibilité que ne peut taire qu’un ingrat.
Abbassi Madani au quotidien « Al Hayat » : Intérêt réponse positive de l’institution militaire à l’initiative d’arrêt de la violence !
Doha, par Mohamed El Mekki Ahmed, « El Hayat »
Le Dr. Abaci Madani, qui séjourne actuellement au Qatar, a déclaré que l’institution militaire a marqué son intérêt à l’initiative, qu’il dit lancer pour l’arrêt de la violence en Algérie, et il ajoute que sa réponse est positive. Cependant, Madani ajoute dans un entretien avec EL HAYAT, à Doha, qu’il visite actuellement, que l’initiative qui n’est pas celle du FIS, mais du PEUPLE algérien. Elle n’a toutefois pas été présentée au Président Bouteflika, ni au gouvernement, et il a dit « Je ne penses pas que le Président s’oppose à sa Nation ou à son Peuple, et il considère que l’initiative « n’est point un programme de déstabilisation », comme « ce qui s’est passé au Soudan ». Il a répété la nécessité de changer un « le régime qui a appauvri le pays et l'a détruit » qui, ajoute-t-il est un bateau en perdition.
Voici le texte de l’entretien :
Q : Vous avez indiqué que l’initiative a été présentée au gouvernement algérien, quelle est cette initiative, ses objectifs et grandes lignes ?
A : Tout d’abord, permettez moi, de corriger quelques points, en premier je n’ai pas présenté cette initiative au gouvernement, et je ne fais que partie du groupe qui se revendique de cette initiative, car ce n’est que l’initiative du peuple algérien, qui inclue l’institution gouvernementale et la seule institution qui a marqué son intérêt, nous lui en sommes reconnaissants pour son courage et son intérêt. Elle n’a pas simplement marqué un intérêt lorsqu’elle a reçu la première copie qui n’est qu’un projet, pour sonder son opinion et la portée de son engagement et ses propres vues sur les choses, mais elle approuve. Nous espérons qu’elle sera peut-être alors, un acteur essentiel dans la concrétisation de cette initiative, qui est celle d’un Peuple.
Q : Quel est le nom de cette institution ? Est-ce l’institution militaire ? Cela signifierait-il que la réponse de l’armée est positive ?
A : En tout cas, lorsque nous disons que cette institution approuve, et même si cela commence par la partie concernant l’arrêt de la violence, ceci est une réponse positive.
Q : Vous avez dit que vous n’avez pas adressé votre initiative au gouvernement, comment a-t-il pu en avoir copie ?
A : Je n’ai pas prétendu que l’initiative ait été présentée au gouvernement
Q : Elle a été présentée à qui ?
A : Elle a été présentée à une institution de l’Etat (il vise l’armée), car lorsque nous parlons du gouvernement nous visons le chef du gouvernement et ses ministres.
Q : A-t-elle été présentée au chef de l’Etat ?
A : Elle n’a pas été adressée au chef de l’Etat.
Q : Elle a été adressée uniquement à l’institution militaire ?
A : Elle se considère en effet la plus concernée par l’information et pour la participation par l’avis et les actes, si Allah le veut, car elle est une la plus impliquée dans la situation sur le terrain, et l’institution veut participer au projet de son peuple.
Q : Quelle est la partie que vous avez chargé de présenter l’initiative à l’institution militaire ?
A : Je ne désignerai aucune partie, car aujourd’hui le travail est confidentiel
Q :Est-ce que l’armée a posé des conditions précises lorsqu’elle a souhaité que la priorité fut accordée à l’arrêt de la violence ?
A : Elle n’a posé aucune condition, elle a donné son avis et au lieu de répondre sur la forme globale, elle a commencé par ce qui est le plus important, qui est l’appel à l’arrêt de l’effusion qui est l’un des objectifs de l’initiative. Comme l’arrêt de l’effusion de sang, est un but noble et objectif qui préserve les droits de ce peuple, cela veut dire que lorsque l’on aura arrêté l’effusion de sang on aura créé un climat pacifique, qui est en soi, un objectif pour toute société ambitieuse. Il n’est pas possible de préconiser un plan de redressement d’un pays ou un projet de redressement d’une société ou d’une civilisation sans que ne fussent préservés la paix et la stabilité.
Q : Quels sont les points saillants qui fondent cette initiative que vous avez présentée à l’institution militaire ?
A : L’initiative, n’est pas celle de l’armée, ou celle d’un parti parmi d’autres, d’un clan entre autres clans idéologiques, ou d’un groupe, et en Algérie, il n’ y a pas de clans ni de sectes, mais c’est une initiative qui se donne pour objectif, de mobiliser tout le peuple algérien avec toutes ses capacités, ses potentialités, ses énergies, autour du programme de l’initiative.
Q : Invitez-vous le gouvernement algérien ou le système algérien à prendre des mesures, pour mettre en œuvre cette initiative, ou appelez-vous au changement du système avec cette initiative ?
A : En ce qui concerne le système, il n’y a plus en Algérie, deux personnes sensées, et honnêtes qui ne soient d’accord sur la nécessité de son changement. Pourquoi, et quelles sont les conditions de survie du gouvernement et du système ? Ce sont les conditions de la bonne gestion et de l’exécution des obligations, et ce sont les conditions de la préservation de la confiance du peuple. En ce sens, qu’elles expriment la confiance mutuelle qui est la base légale dans tout état et dans chaque société. Mais le système, a violé toutes ces conditions légales, pire, il a eu une conduite contraire, une conduite perverse. Ce qu’a fait le système depuis 1962, à ce jour a été la destruction de l’Algérie. Il a détruit tout un pays, il a fait du pays le plus riche de la région, celui qui est le plus pauvre dans lequel la majorité des habitants y vivent au dessous du seuil de pauvreté.
Ce que le système algérien a conduit depuis 1962 à ce jour, comme massacres, persécutions, répressions des libertés, destructions, dilapidation des énergies et des ressources matérielles et des valeurs, ne peut même pas être comparé le colonialisme. Un système qui a eu la responsabilité de ces tares, lui reste-t-il une autre légitimité pour être maintenu que celle que lui donne la loi de la force
Q : A la lumière de votre présentation de l’initiative, doit on comprendre que cette initiative se veut changer le système grâce à l’institution militaire ? Non pas un programme pour le renversement du système comme advenu au Soudan ?
A : Non, mon frère, en premier l’initiative veut changer ce qui doit être changé, car si tu vis une crise et que tu vis dans le malheur, cela n’est que le produit de causes, comment veux-tu changer les conséquences sans changer les causes ?
Q : Vous appelez également à la libération des prisonniers, à une amnistie générale, à l’abolition des injustices et à toute une série de mesures, comment pouvez-vous demander à un système politique de s’ouvrir dans ce domaine alors que vous voulez son changement ?
A : Il n’ y a pas de problème dans ce cas. Permettez moi, de dire que votre présentation du point de vue systémique est incorrecte. Lorsque nous parlons de l’institution militaire, il ne s’agit pas de toute cette institution, aujourd’hui avec ce qui s’est passé, et après ce à quoi est arrivée l’Algérie, ils ne sont pas, contre le changement de régime, mais il y a parmi eux des créations de ce régime même, mais ces derniers ne sont qu’une minorité. N’oubliez pas que l’armée algérienne, n’est pas une armée mercenaire, c’est l’armée du peuple algérien, c’est l’armée de la Nation, et donc la partie populaire dans sa composition est majoritaire, et si donc celle-ci est majoritaire, il va de soi que ceux qui sont victimes du système, constituent la base de l’armée et même sa hiérarchie. A cause de leur relation avec le peuple ils sont donc eux aussi victimes, et la victime est appelée à changer le système dont elle est victime tant qu’elle est vivante.
Q : Escomptez-vous le succès de cette initiative ?
A : La question n’est pas aussi simple, quelles sont les chances de succès de cette initiative si nous ne considérons pas le danger des défis auxquels elle doit faire face, êtes-vous d’accord avec moi, sur cette hypothèse ? Si l’initiative est sérieuse, car en effet, nous ne pouvons envisager une opération de changement aussi profonde dans ses racines, et qui se fixe des objectifs à des horizons aussi éloignés dans ses ramifications, (que) si elle inclue des perspectives complémentaires dans ses fondements, qui constituent pour chacune d’entre elles un élément de solution et non de problèmes. En d’autres termes ces derniers sont des éléments et de pérennité et de non de disparition. Elle ne sont pas non plus des cellules cancéreuses mais plus justement des cellules saines. En effet cette initiative ne pourrait connaître de succès, si elle contenait en son sein ne serait-ce qu’une seule cellule cancéreuse.
Q : Qu’entendez-vous par là ?
A : Je veux dire par là, si cet élément du problème est lui-même un élément du système. Si cette initiative est populaire, et comme l’institution militaire est à l’origine issue du peuple, elle a donc besoin elle-même de ce changement. Elle nécessite donc ce changement, si elle-même est un corps vivant sain de la société algérienne. De ce fait, pour que cette initiative puisse aboutir, il lui faudrait être rigoureuse, et pour cela qu’elle fut objective, ce qui nécessite donc, qu’elle soit rationnelle.
Q : Réunit-elle ces conditions ?
A : Il le faudrait
Q : Vous en parlez maintenant en disant que c’est une initiative populaire, vous est-il possible de part la connaissance que vous en avez, de dire qu’elle est sérieuse ?
A : Je ne peux dire qu’elle soit sérieuse, cependant je travaille avec d’autres avec en vue cet objectif, et c’est bien ce qui est important. Quant à juger quelque chose qui est en cours d’élaboration, c’est comme vouloir porter un jugement sur un nouveau né et dire sera sage ou stupide.
Q : Avez-vous reçu une réponse écrite de l’armée, à propos de cette initiative ?
A : Il est souhaitable qu’une réponse écrite fut donnée à ce qui a été présenté par écrit. Le document écrit constitue aujourd’hui une preuve historique, juridique et un facteur de confiance. Par contre la conversion téléphonique ou la réponse orale ne peuvent être un élément de base ou qu’elles soient considérées comme sérieuses entre des parties réunies par une malheur, une crise et qui ont tous pour souci de sortir leur nation et leur peuple de cette situation désastreuse. Ceci ne peut être souhaité à personne par aucun esprit rationnel.
Q : Travaillez-vous actuellement au sein du FIS, à la réconciliation ou à l’ouverture d’une nouvelle page avec l’institution militaire qui a vous a déchu après les élections ?
A : Par Allah, monsieur, vous avez réduit l’espace, d’abord l’initiative n’est pas celle du FIS, et quand bien même le FIS venait, lui-même issu du peuple, dire qu’il veut participer à l’initiative en qualité de parti, il serait rejeté, car cette initiative ne saurait être l’initiative d’un parti. L’initiative se constituera sur la volonté du peuple. Jusqu’à ce jour personne du FIS, n’est venu dire qu’il serait souhaitable, que nous soyons des partisans, et que nous participions en tant que front et non en qualité d’algériens, ceci n’est pas à l’ordre du jour.
Ici, nous nous posons la question de savoir pourquoi le FIS n’a pas demandé et qu’il exige d’être le propriétaire de l’initiative, alors qu’elle est l’objet qui a subi les épreuves. C’est parce que l’esprit de l’initiative est bien le sort du peuple algérien et non pas celui des élections, ou les intérêts d’un lobby entre d’autres, et c’est pour cela que je n’ai point entendu quelqu’un du FIS, dire, ou bien cette initiative est celle du FIS ou bien elle ne sera pas.
Q : La question demeure posée, est-il envisageable d’arriver à une réconciliation entre le FIS et le gouvernement ?
A : Je suis ici comme porteur d’une initiative qui dépasse les limites du parti, cette initiative comprend un pan pour le changement qui concerne la réconciliation, pourquoi, parce qu’une refondation sérieuse doit nécessairement contenir un projet, et le changement proposé doit être fondé sur la base de l’agrément mutuel, serait-il possible de se réconcilier sans que les agréments aient été réalisés ?
Q : Y a–t-il eu ou y a–t-il des contacts entre Abassi Madani, citoyen algérien et le Président Abdel Aziz Bouteflika ?
A : Il n’ y a pas de relations entre le Président que je connais personnellement et qui me connaît. Durant la guerre de libération nous étions tous deux engagés et militants du FLN et de la Révolution. Si le Président gouvernait avec ses valeurs morales, et en son âme et conscience, et qu’il ne trahisse pas le Serment fait devant Allah, et la patrie, je ne pense qu’il le trahirait au dépens de sa Nation et de son peuple en dehors des présidentielles et des considérations politiques. Aussi je ne le rencontrerai et ne me rapprocherai de lui, que s’il répond à cet appel d’abord, mais pourquoi donc ne répondrait-il pas à cet appel aujourd’hui ?
Q : Vous l’appelez à quoi ?
A : Je ne fait pas appel à lui, il est compétent pour savoir vers où aller. Je ne prétends pas l’orienter ou l’appeler vers quelque chose. C’est le devoir qui l’appelle, et c’est lui qui définit sa position vis-à-vis de ce devoir. L’initiative place tout un chacun devant ses responsabilités, et la position est impérieuse pour que chacun prenne ses responsabilités pour sortir l’Algérie des griffes du colonialisme, de la pauvreté, l’humiliation, la mort lente, les tueries et la dépravation. Allah dit « Celui qui tue une âme sans contrepartie, ou dépravation sur terre, c’est comme s’il avait tué tous le gens, et quiconque lui redonne vie, c’est comme s’il avait ressuscité tous les gens ». L’initiative invite à la vie la renaissance, la paix, la justice et le droit, le travail dans le respect des règlements et du droit, la légalité traditionnelle.
Q : En Algérie se préparent des élections pour les Présidentielles de 2004, est-ce que le FIS y participera ?
A : Adressez cette question au FIS, et moi en tant que membre et non en qualité de président, je dis que si le système est un bateau en perdition, et si je dois prévenir les gens du naufrage, comment voudriez vous que je me jette dans un bateau en perdition, à moins que je n’ai perdu mes sens, pensez vous que j’aie perdu ma raison ? (Il rie)
Q : Pronostiquez-vous que la France appuierait l’initiative ?
A : Cette question est à être posée à la France, et que je pense, la France n’est intéressée que par ses propres intérêts, et si elle veut les préserver comment devraient-elles les confier à un bateau en perdition ! La France connaît mieux que quiconque ce bateau qu’elle a fabriqué et dans lequel elle a mis l’Algérie, pour qu’elle périsse. Le fabricant du bateau voué à perdition serait-il moins conscient que ses passagers victimes de cette stratégie ? La France a dit peu de temps avant ma sortie de (prison) qu’ils appartient aux algériens de s’entraidaient pour régler entre eux leurs problèmes. Cette position est responsable politiquement, civilisée et morale, si la politique devait être une affaire de morale, ou tout au moins d’intérêts moraux. La France sait qu’il est de son intérêt que l’Algérie échappe à ses malheurs et sorte de sa crise, mais la France a deux racines antagonistes, d’un côté la France de la liberté et de l’ambition progressiste, et de l’autre la France coloniale. Ces deux racines sont toujours en conflit en France. Si la France est bien pour les libertés démocratiques et qu’elle demeure pour le droit national et international et que la décision se trouve entre les mains des français libres qui se réclament en France de ces valeurs, le choix de la France, ne peut être que celui d’aider et d’épauler cette initiative, même si cette initiative ne demande aux français que de laisser les Algériens libres de régler seuls leurs problèmes.
Q : Attendez-vous que l’Amérique joue un rôle positif pour une solution à la crise algérienne ?
A : Eux aussi sont seuls à apprécier leurs intérêts, parmi ces intérêts, celui d’une Algérie sécurisée et stable, qui jouit de la paix de la stabilité et qui progresse et se développe
Q : Avez-vous des relations avec les américains ?
A : Nous ne sommes en contact ni avec les américains, ni avec quiconque d’autre.
Q : Avez-vous des contacts avec les états arabes, pour rassembler les forces pour l’initiative ?
A : Non pas de relations officielles, mais nous rencontrons la sympathie et un écho positif de la part des médias arabes, et une disponibilité que ne peut taire qu’un ingrat.