Aqcic
13/11/2003, 13h20
Il est un fait patent dans nos traditions qui fait que pendant le Ramadhan et sitôt le f'tour expédié, la gent masculine se dépêche d'investir la rue, créant ainsi une ambiance dont la seule particularité est d'être inhabituelle dans nos contrées. La plupart des gens sortent un peu de leurs coquilles, se départissent du cocooning et de leurs tendances, casanières. L'affluence dans les lieux publics et de culte, cafés, cybers, mosquées, murs vides le jour mais qui récupèrent leurs sociétaires le soir, est le seul signe extérieur d'un chambardement dans la vie de nos cités. Morosité et ennui semblent être les mamelles qui alimentent la vie nocturne. Les nuits longues sont rythmées invariablement par les sempiternelles parties de cartes, de dominos ou de loto, notre loto à nous qui appâte de plus en plus de monde attiré par l'illusoire bonheur de décrocher la cagnotte. Quant à la culture, si un semblant de frémissement est perceptible à Bgayet, ailleurs, c'est le tanezrouft. Et les jeunes comptent les jours qui les séparent non pas de la fin du carême, mais du départ vers l'ailleurs, un départ qu'ils savent hypothétique.
TAZMALT, qui est une ville assez importante dans le paysage politique, social et culturel de la wilaya de Béjaïa, n'arrive pas à atteindre, malgré tous les efforts consentis, sa vitesse de croisière, en matière de mode de vie quotidien. Les soirées ramadhanesques sont mornes et ternes, malgré les activités programmées presque quotidiennement au centre culturel de Tazmalt. Cependant, pour différentes raisons, ces activités n'arrivent pas à attirer les citoyens, et pourtant, elles sont variées. Et pour preuve le centre culturel propose des galas, pièces de théâtre, conférences constructives et autres. Les citoyens restent presque indifférents vis-à-vis de ces activités et préfèrent rejoindre les cafés pour une partie ou plusieurs de dominos, poker, rami et autres jeux de cartes, ou bien jouer aux pions, autrement dit le loto ancestral connu en cette période de jeûne. D'autres, c'est indiscutablement les cybercafés, pour "le tchat", durant des heures. Ceci dit, on ne peut oublier ceux qui sont plus "correct" en allant dans des mosquées pour les tharaouihs", prières spécial Ramadhan. Quant aux femmes, c'est la télé ou les visites familiales, et autres débats sur le "qu'as-tu préparé aujourd'hui ?". Est-ce à dire que les citoyens fuient la culture ? Nous, après la fatigue de la journée, avec tous les aléas du jeûne, nous préférons nous détendre la nuit pour vieux "affronter" le lendemain", nous dira un professeur. Mais ce n'est qu'un avis, puisqu'un autre professeur accompagné d'un correspondant local, nous dira : "Depuis le début du mois de jeûne, je viens quotidiennement au centre culturel pour nourrir mon esprit après avoir nourri mon corps, et accompagné de mes deux enfants". Une chose est certaine, la cherté de la vie et les problèmes quotidiens qu'elle engendre, font que les citoyens préfèrent chercher des lieux d'évasion, où ils peuvent noyer leur chagrin, que de voir une pièce de théâtre qui à coup sûr les enrichira, mais surtout les ramènera à leur réalité amère. Ne dit-on pas que le ventre creux n'a que faire de la culture ? "Voilà pourquoi on est tombé si bas !", nous dira un amoureux de Fellag !
H. Amazigh
La dépêche de Kabylie
TAZMALT, qui est une ville assez importante dans le paysage politique, social et culturel de la wilaya de Béjaïa, n'arrive pas à atteindre, malgré tous les efforts consentis, sa vitesse de croisière, en matière de mode de vie quotidien. Les soirées ramadhanesques sont mornes et ternes, malgré les activités programmées presque quotidiennement au centre culturel de Tazmalt. Cependant, pour différentes raisons, ces activités n'arrivent pas à attirer les citoyens, et pourtant, elles sont variées. Et pour preuve le centre culturel propose des galas, pièces de théâtre, conférences constructives et autres. Les citoyens restent presque indifférents vis-à-vis de ces activités et préfèrent rejoindre les cafés pour une partie ou plusieurs de dominos, poker, rami et autres jeux de cartes, ou bien jouer aux pions, autrement dit le loto ancestral connu en cette période de jeûne. D'autres, c'est indiscutablement les cybercafés, pour "le tchat", durant des heures. Ceci dit, on ne peut oublier ceux qui sont plus "correct" en allant dans des mosquées pour les tharaouihs", prières spécial Ramadhan. Quant aux femmes, c'est la télé ou les visites familiales, et autres débats sur le "qu'as-tu préparé aujourd'hui ?". Est-ce à dire que les citoyens fuient la culture ? Nous, après la fatigue de la journée, avec tous les aléas du jeûne, nous préférons nous détendre la nuit pour vieux "affronter" le lendemain", nous dira un professeur. Mais ce n'est qu'un avis, puisqu'un autre professeur accompagné d'un correspondant local, nous dira : "Depuis le début du mois de jeûne, je viens quotidiennement au centre culturel pour nourrir mon esprit après avoir nourri mon corps, et accompagné de mes deux enfants". Une chose est certaine, la cherté de la vie et les problèmes quotidiens qu'elle engendre, font que les citoyens préfèrent chercher des lieux d'évasion, où ils peuvent noyer leur chagrin, que de voir une pièce de théâtre qui à coup sûr les enrichira, mais surtout les ramènera à leur réalité amère. Ne dit-on pas que le ventre creux n'a que faire de la culture ? "Voilà pourquoi on est tombé si bas !", nous dira un amoureux de Fellag !
H. Amazigh
La dépêche de Kabylie