ifri
12/11/2003, 13h07
LA DEPECHE DE KABYLIE
L'AMENDEMENT A ÉTÉ APPROUVÉ HIER
C'est fini. Il n'y aura plus de boissons alcoolisées provenant de l'étranger. L'importation de toute sorte d'alcool est interdite à compter du 1er janvier 2004.
CETTE interdiction est consacrée dans l'amendement n°26 porté sur l'article 42 du projet de loi de finances pour l'année 2004 qui a été adoptée, hier matin, à la majorité par l'Assemblée populaire nationale (APN). Cet amendement a été proposé à l'approbation par un député du groupe parlementaire d'El Islah, Miloud Kadri, qui a félicité la plénière pour cette décision "courageuse" qui va s'inscrire, selon lui, dans l'optique "restrictive" de la consommation de ce genre de boissons interdites dans l'Islam. Sur les 212 députés qui ont voté, 108 ont dit oui pour l'interdiction contre 83 seulement qui s'en sont opposés. Précision : 43 députés ont voté par procuration. Ceux qui ont approuvé cette interdiction qui obéit à des considérations purement religieuses sont d'obédience islamiste, du moins pour la majorité. D'ailleurs, c'est tous les députés d'El Islah, du MSP ainsi que la majorité absolue du PT et certains du FLN qui ont accepté cet amendement. Ainsi, le FLN majoritairement siégeant dans cette assemblée a cédé devant une minorité d'El Islah, en ignorant la gravité des répercussions d'un tel amendement sur l'économie nationale. Rabattant les oreilles des députés par le caduc subterfuge religieux qui se porte en totale contradiction avec les règles de l'économie mondiale, Miloud Kadri et son groupe ont réussi leur coup. Rappelons que cet amendement est inspiré de l'article 16 du projet de loi de finances 2004 qui propose de relever les tarifs de la taxe intérieure de consommation sur les boissons alcoolisées à 100 %. Ce dit article est retiré car il n'a plus raison d'être. M. Benachenhou, ministre des Finances, a été à la fois choqué et étonné par l'adoption de cet amendement. Tout en tentant d'attirer l'attention de la plénière sur la dangerosité d'une telle décision, M. Benachenhou, intervenant juste après son approbation, dira : "Cet amendement, même si je respecte votre position, s'inscrit en totale contradiction avec les engagements internationaux de l'Algérie". Selon lui, cela va entraver le cours des négociations de l'Algérie avec l'OMC. "Que chacun prenne ses responsabilités et qu'ils assument les répercussions", a-t-il lâché devant les journalistes. Même si l'amendement est approuvé dans la chambre basse, il est probable que la chambre haute pourrait le rejeter, surtout que le gouvernement est soumis au respect de plusieurs conventions commerciales le liant à plusieurs pays. Le Conseil de la nation va-t-il aller à la rescousse du gouvernement ? En tout cas, les hypothèses qui tournaient, hier matin dans les coulisses, tendent à nous faire croire que cet amendement va être limité à l'interdiction de l'importation du vin seulement. Cet avis peut être des plus plausibles du moment que M. Benachenhou a parlé du vin seulement lorsqu'il a donné son appréciation sur cette nouvelle mesure. Qu'on le veuille ou non, les règles du jeu de l'économie de marché applicables aujourd'hui ne tolèrent, surtout pas, une telle interdiction. M. Aït Ouarabi
L'AMENDEMENT A ÉTÉ APPROUVÉ HIER
C'est fini. Il n'y aura plus de boissons alcoolisées provenant de l'étranger. L'importation de toute sorte d'alcool est interdite à compter du 1er janvier 2004.
CETTE interdiction est consacrée dans l'amendement n°26 porté sur l'article 42 du projet de loi de finances pour l'année 2004 qui a été adoptée, hier matin, à la majorité par l'Assemblée populaire nationale (APN). Cet amendement a été proposé à l'approbation par un député du groupe parlementaire d'El Islah, Miloud Kadri, qui a félicité la plénière pour cette décision "courageuse" qui va s'inscrire, selon lui, dans l'optique "restrictive" de la consommation de ce genre de boissons interdites dans l'Islam. Sur les 212 députés qui ont voté, 108 ont dit oui pour l'interdiction contre 83 seulement qui s'en sont opposés. Précision : 43 députés ont voté par procuration. Ceux qui ont approuvé cette interdiction qui obéit à des considérations purement religieuses sont d'obédience islamiste, du moins pour la majorité. D'ailleurs, c'est tous les députés d'El Islah, du MSP ainsi que la majorité absolue du PT et certains du FLN qui ont accepté cet amendement. Ainsi, le FLN majoritairement siégeant dans cette assemblée a cédé devant une minorité d'El Islah, en ignorant la gravité des répercussions d'un tel amendement sur l'économie nationale. Rabattant les oreilles des députés par le caduc subterfuge religieux qui se porte en totale contradiction avec les règles de l'économie mondiale, Miloud Kadri et son groupe ont réussi leur coup. Rappelons que cet amendement est inspiré de l'article 16 du projet de loi de finances 2004 qui propose de relever les tarifs de la taxe intérieure de consommation sur les boissons alcoolisées à 100 %. Ce dit article est retiré car il n'a plus raison d'être. M. Benachenhou, ministre des Finances, a été à la fois choqué et étonné par l'adoption de cet amendement. Tout en tentant d'attirer l'attention de la plénière sur la dangerosité d'une telle décision, M. Benachenhou, intervenant juste après son approbation, dira : "Cet amendement, même si je respecte votre position, s'inscrit en totale contradiction avec les engagements internationaux de l'Algérie". Selon lui, cela va entraver le cours des négociations de l'Algérie avec l'OMC. "Que chacun prenne ses responsabilités et qu'ils assument les répercussions", a-t-il lâché devant les journalistes. Même si l'amendement est approuvé dans la chambre basse, il est probable que la chambre haute pourrait le rejeter, surtout que le gouvernement est soumis au respect de plusieurs conventions commerciales le liant à plusieurs pays. Le Conseil de la nation va-t-il aller à la rescousse du gouvernement ? En tout cas, les hypothèses qui tournaient, hier matin dans les coulisses, tendent à nous faire croire que cet amendement va être limité à l'interdiction de l'importation du vin seulement. Cet avis peut être des plus plausibles du moment que M. Benachenhou a parlé du vin seulement lorsqu'il a donné son appréciation sur cette nouvelle mesure. Qu'on le veuille ou non, les règles du jeu de l'économie de marché applicables aujourd'hui ne tolèrent, surtout pas, une telle interdiction. M. Aït Ouarabi