ifri
10/11/2003, 13h29
LA DEPECHE DE KABYLIE
C'est aujourd'hui que s'ouvre au tribunal criminel près la cour de Tizi Ouzou le procès des deux présumés complices dans l'assassinat du chantre Matoub Lounès, le 25 juin 1998 à Tala-Bouane, dans la localité de Béni Douala.
LES deux mis en cause, Cherbi Hamid et son fils Ahmed, devraient répondre aux chefs d'accusation d'appartenance à un groupe terroriste et non-dénonciation de crime. Cette affaire, qui doit attirer un intérêt médiatique, paraît singulière du fait qu'elle recèle nombre de zones d'ombre. En effet, si le parquet maintient l'accusation portée sur les Cherbi, au point où le père, en l'occurrence Hamid, est sous mandat de dépôt depuis le 6 avril 2002 sur instruction du juge du tribunal de Tizi Ouzou, et son fils Ahmed, âgé de 23 ans, qui a bénéficié d'une liberté provisoire, crie à la machination orchestrée et alimentée de toutes pièces. Selon le premier mis en cause, qui a tenu le rôle de l'appât pour attirer le second qui n'est autre que son père, la mésaventure de la famille Cherbi a débuté le 27 février 2002 : "J'étais au parking du quartier des Genêts lorsque quatre personnes venues à bord de trois véhicules, une Daewoo, une Peugeot 405 et une Renault 19, m'ont embarqué dans la Daewoo avant de m'enmener vers le secteur de Tizi Ouzou." Il ajoutera que ses ravisseurs parlaient parfaitement l'arabe. A l'intérieur des locaux de la caserne militaire, Cherbi Ahmed avoue avoir subi un sérieux matraquage : "Tu es complice et tu sais qui a assassiné Matoub. Tu dois dire qui l'a tué et si tu ne dis rien on t'expédiera là ou tu diras tout." Après quatre jours passés dans une cellule au même endroit, sans eau ni nourriture, le présumé complice sera transféré encagoulé au secteur militaire de Blida. Des aveux qui ne seront jamais extorqués, même par la torture et sous l'effet du sérum de vérité qui lui sera injecté deux à trois fois. Le calvaire aura duré 39 jours dans l'enceinte du secteur militaire de Blida. Pour Cherbi Ahmed, sept personnes ont témoigné que le jour de l'assassinat de Lounès Matoub, il était à Tizi-Ville : "Tout le village a signé une pétition le premier juin 2002 prouvant mon innocence ainsi que celle de mon père". Ce dernier, qui demeure, depuis, incarcéré à la maison d'arrêt de Tizi Ouzou, a été "enlevé" le 25 mars 2002 du côté de l'arrêt de fourgons de Redjaouna. La date de son enlèvement coïncide bizarrement avec l'assaut policier opéré contre le siège de la CADC, sis au théâtre Kateb-Yacine. Selon toujours son fils Ahmed, "une personne de connaissance s'est adressée à mon père lui demandant de déposer plainte au sujet de ma disparition. Du commissariat, il sera emmené à la caserne militaire de la ville où il subira le pire pendant 8 jours avant de séjourner une autre semaine à Blida". Le 6 avril 2002, les deux mis en cause seront présentés devant le juge d'instruction près le tribunal de Tizi Ouzou qui ordonna leur mise sous mandat de dépôt. Le 2 mars dernier, Cherbi Ahmed bénéficiera de la liberté provisoire, contrairement à son père qui est toujours en détention. M.A.T.
C'est aujourd'hui que s'ouvre au tribunal criminel près la cour de Tizi Ouzou le procès des deux présumés complices dans l'assassinat du chantre Matoub Lounès, le 25 juin 1998 à Tala-Bouane, dans la localité de Béni Douala.
LES deux mis en cause, Cherbi Hamid et son fils Ahmed, devraient répondre aux chefs d'accusation d'appartenance à un groupe terroriste et non-dénonciation de crime. Cette affaire, qui doit attirer un intérêt médiatique, paraît singulière du fait qu'elle recèle nombre de zones d'ombre. En effet, si le parquet maintient l'accusation portée sur les Cherbi, au point où le père, en l'occurrence Hamid, est sous mandat de dépôt depuis le 6 avril 2002 sur instruction du juge du tribunal de Tizi Ouzou, et son fils Ahmed, âgé de 23 ans, qui a bénéficié d'une liberté provisoire, crie à la machination orchestrée et alimentée de toutes pièces. Selon le premier mis en cause, qui a tenu le rôle de l'appât pour attirer le second qui n'est autre que son père, la mésaventure de la famille Cherbi a débuté le 27 février 2002 : "J'étais au parking du quartier des Genêts lorsque quatre personnes venues à bord de trois véhicules, une Daewoo, une Peugeot 405 et une Renault 19, m'ont embarqué dans la Daewoo avant de m'enmener vers le secteur de Tizi Ouzou." Il ajoutera que ses ravisseurs parlaient parfaitement l'arabe. A l'intérieur des locaux de la caserne militaire, Cherbi Ahmed avoue avoir subi un sérieux matraquage : "Tu es complice et tu sais qui a assassiné Matoub. Tu dois dire qui l'a tué et si tu ne dis rien on t'expédiera là ou tu diras tout." Après quatre jours passés dans une cellule au même endroit, sans eau ni nourriture, le présumé complice sera transféré encagoulé au secteur militaire de Blida. Des aveux qui ne seront jamais extorqués, même par la torture et sous l'effet du sérum de vérité qui lui sera injecté deux à trois fois. Le calvaire aura duré 39 jours dans l'enceinte du secteur militaire de Blida. Pour Cherbi Ahmed, sept personnes ont témoigné que le jour de l'assassinat de Lounès Matoub, il était à Tizi-Ville : "Tout le village a signé une pétition le premier juin 2002 prouvant mon innocence ainsi que celle de mon père". Ce dernier, qui demeure, depuis, incarcéré à la maison d'arrêt de Tizi Ouzou, a été "enlevé" le 25 mars 2002 du côté de l'arrêt de fourgons de Redjaouna. La date de son enlèvement coïncide bizarrement avec l'assaut policier opéré contre le siège de la CADC, sis au théâtre Kateb-Yacine. Selon toujours son fils Ahmed, "une personne de connaissance s'est adressée à mon père lui demandant de déposer plainte au sujet de ma disparition. Du commissariat, il sera emmené à la caserne militaire de la ville où il subira le pire pendant 8 jours avant de séjourner une autre semaine à Blida". Le 6 avril 2002, les deux mis en cause seront présentés devant le juge d'instruction près le tribunal de Tizi Ouzou qui ordonna leur mise sous mandat de dépôt. Le 2 mars dernier, Cherbi Ahmed bénéficiera de la liberté provisoire, contrairement à son père qui est toujours en détention. M.A.T.