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Voir la version complète : Djamel Debouze et Allah superstar


Aferkiw
03/11/2003, 15h38
"Allah Superstar" est le dernier livre de YB ex chroniqueur a El watan (au temps de sa grandeur).

Ce livre rejoin un peu le cirque Djamal Debouze samedi dernier a la tele.


Bonjour ou bonsoir. Je m’appelle Y.B. et j’ai le plaisir de te présenter mon nouveau roman. Je l’ai écrit spécialement pour toi alors n’hésite pas, lis-le et fais-le lire, tu peux même en débattre avec tes amis autour d’une bonne table, tu verras, c’est un texte de fin de banquet très rigolo et facile à comprendre. Sans blague. C’est le roman de la matu-rité. Et si tu penses que c’est normal qu’un auteur dise du bien de son propre texte, je te réponds que c’est faux. La preuve, avant j’écrivais de la *****. Et je la revendique. Après tout c’était ma ***** et elle était à l’image de ce que j’avais bouffé pendant trente ans. Trente ans en Algérie, tu vois le tableau ? Une vie de *****, c’est le caviar de l’auteur comique. C’est pour ça que je me suis spécia-lisé dans la littérature rigolote. Aujourd’hui, je fête ma cinquième année à Paris, d’où un changement de régime alimentaire, d’inspiration, de thèmes, ainsi qu’une nouvelle carte des vins. Entre-temps, tu as les attentats du 11 septembre 2001 et les élections du 21 avril 2002, deux dates clés, certes, mais où est la serrure ? C’est justement cette serrure que j’ai essayé de trouver. En vain. Alors j’ai fait sauter la porte avec un pain de plastic. D’où ce roman piégé qui explose à la fin. Je t’en dis pas plus. Lis et fais lire.

Si, je t’en dis plus, puisqu’on m’a demandé d’écrire trois feuillets non rémunérés. Alors voilà le pitch : Allah superstar est l’histoire de l’ascension fulgurante d’un jeune comique franco-algérien qui rêve de succéder à Jamel Debbouze. Mais attention, Kamel Léon Hassani est un vrai-faux personnage. Un peu comme le Meursault de Camus, dans l’Étranger, mais en vachement mieux. Sartre, qui savait si bien lire, écrire et compter, avait écrit du personnage de Camus qu’il était “ entièrement fabriqué pour la cause ”. En l’occurrence, l’existentialisme. Ou le colonialisme. En tout cas un truc en “ isme ”. Moi c’est pareil. Kamel Léon Hassani est entièrement fabriqué pour une cause en “ isme ”, mais de là à te dire laquelle... Je crois qu’au départ il s’agissait du racisme, mais je n’en suis plus très sûr à l’arrivée. C’est le boulot du lecteur et du critique de savoir ce que j’ai voulu dire. Si je le savais moi-même, je serais critique, pas écrivain. Mais les critiques sont des gens beaux et brillants dont je n’ai ni la culture, ni le talent. Je les aime. En ce sens, j’attends d’eux un minimum de réciprocité.

On peut flinguer un roman avec un argument simple : le héros n’est pas crédible et l’intrigue n’est pas vraisemblable. Mais encore une fois, mon héros n’est pas un vrai personnage. Il n’existe ni dans la réalité, ni dans la fiction, c’est dire. Non, Kamel Léon Hassani est une figure géométrique, une somme algébrique, une éponge qui absorbe tout, pour le meilleur et pour le pire, une accumulation de frustrations et d’espérances qui courent du XIXe au XXIe siècle. Si l’Étranger était un roman colonial, Allah superstar est un roman post-post-colonial, avec cette question centrale : quelle place pour les descendants des indigènes maghrébins, anciens “ sujets ” de l’Empire, dans la France d’aujourd’hui ? Je sais, dit comme ça, ça gave tout de suite. Tu as tort. Mon thème est sérieux, mais mon texte est rigolo. Je te jure. En plus, c’est un texte court. J’aurais pu faire plus long, mais à quoi bon, tout est déjà dit dans les dix premières pages. Après, c’est que du remix, mais ça bouge bien. Ma parole. Lis et fais lire.

Parlons maintenant du style. C’est le plus important. Nietzsche, un auteur allemand talentueux mais qui vendait très peu, a écrit un jour : “ Les gens ne croient pas ce qui est vrai. Ils croient ce qui est bien dit ”. C’est vrai et c’est bien dit. De la même manière, mon roman n’a pas pour objectif de mal dire des vérités, mais de bien dire n’importe quoi. Je pense que j’y suis parvenu. Surtout pour le n’importe quoi. Tu verras. Lis et fais lire.

En conclusion, j’aimerais te dire quelque chose de fort et de profond qui marque ton esprit à jamais. Mais là, rien ne me vient. Sans parler du mal que j’ai eu à écrire ce qui précède. Je trouve d’ailleurs ce procédé scandaleux : forcer un auteur à écrire un texte sur le texte qu’il vient d’écrire est d’un sadisme terrifiant. Tu sors à peine du tunnel, la lumière te décolle la rétine, tu ne sais plus comment tu t’appelles, et on te demande déjà de faire ton autocritique. On parle beaucoup de la double peine pour les délinquants étrangers, mais elle frappe aussi les écrivains de tous pays : première peine, écrire en solo, seconde peine, faire sa promo. Deux exercices insupportables qui ne payent même pas le loyer. Sauf si tu lis et tu fais lire.
Merci de ta compréhension. »

Y.B.

Excalibur
03/11/2003, 16h59
Sous le ciel de la belle démocratie de l’homo laïquicus, tous les zouaves ont droit à la parole, aren’t ? Et comme il a dit lui, Andy Warhol : « …chacun aura son quart d’heure de célébrité… » , inchallah pareil pour vous tous ! L’envie est un vilain défaut.

tartuffe
03/11/2003, 17h13
[QUOTE=Excalibur]» , inchallah pareil pour vous tous ! L’envie est un vilain défaut

..Mais pas les pruneaux !!!

Itri répépete , et cela rapidement : Pruneaux cuits.. Pruneaux crus… Pruneaux cuits.. Pruneaux crus………….. Pruneaux cuits.. Pruneaux crus…….. Pruneaux cuits.. Pruneaux crus :monika:

Excalibur
03/11/2003, 17h20
[QUOTE=Excalibur]» , inchallah pareil pour vous tous ! L’envie est un vilain défaut

..Mais pas les pruneaux !!!

Itri répépete , et cela rapidement : Pruneaux cuits.. Pruneaux crus… Pruneaux cuits.. Pruneaux crus………….. Pruneaux cuits.. Pruneaux crus…….. Pruneaux cuits.. Pruneaux crus :monika:

Les tics obsessionnels se soignent très bien de bos jours!
Mais la Djyaha est un peu plus compliquée à soigner...

cherchemidi
03/11/2003, 18h50
-excellent texte , comme doit l'être le bouquin !

-j'ai lu naguère , assez souvent , les chroniques grinçantes de Y B et un petit livre qui en réunissait un certain nombre : mais le Watan n'est plus ce qu'il était ...

-si son dernier bouquin peut contribuer à débeurrer les beurs , il leur rendra service ainsi qu'à nous par la même occasion .

-le rigolo qui a fait son numéro chez Ardisson n'a sans dout pas compris qu'il se prêtait à une opération douteuse ; s'il l'a compris ," hélas , hélas , hélas !" , comme disait le grand Charles

Excalibur
03/11/2003, 19h04
-si son dernier bouquin peut contribuer à débeurrer les beurs , il leur rendra service ainsi qu'à nous par la même occasion .

Ce "nous" signifie ?

ben
03/11/2003, 19h31
-si son dernier bouquin peut contribuer à débeurrer les beurs , il leur rendra service ainsi qu'à nous par la même occasion .

Ce "nous" signifie ?


Demain, la légende de Mokhtar

Discret, d’une politesse exquise, la voix plus murmurée que clamée, et d’une fermeté farouche quand les intérêts de son pays sont en jeu, Mokhtar Ould Daddah, ancien Président de la Mauritanie, est décédé le 15 octobre à Paris. Quarante ans plus tôt, jour pour jour, le 15 octobre 1963, Habib Bourguiba annonçait le retrait de Bizerte du dernier soldat français, “ce jour-là, du fond de mon désert, j’ai pratiquement pleuré à cette annonce”, m’a-t-il dit un jour. Moins de trois ans plus tôt, l’indépendance de la Mauritanie est née dans la douleur. Ses frontières étaient contestées à l’extérieur suite aux revendications du Maroc, du Sénégal et du Mali, alors qu’à l’intérieur régnait l’ordre tribal. Mais De Gaulle, garant de son indépendance, sera le premier surpris par le premier discours international de Ould Daddah, prononcé devant les Nations Unies à New York en septembre 1961. Il a condamné la France pour son comportement à Bizerte ! L’aide vitale pour la survie lui sera coupée pendant quelques mois, puis De Gaulle s’est résolu à aller l’accueillir à Orly le 21 mai 1962, pour lui proposer sa médiation, pour une “semi-reconnaissance” par le Maroc du nouveau roi Hassan II. Le frêle et combien fragile Mauritanien dira “non” à son hôte. Ses “NON” sont nombreux, allant souvent contre la douceur de sa nature. Parmi ses nombreux faits “méconnus”, il refusera une invitation de Nixon d’aller à la Maison-Blanche…, décidera de ne pas aller à Moscou parce que Brejnev, “son homologue”, ne voulait pas l’accueillir en personne. Chou En Laï le charge d’une médiation discrète entre Mao Tsé Toung et Kim Il Sung…, tout comme il a calmé une violente campagne libyenne contre la Tunisie en 1973…, cette Tunisie qui a accompagné ses premiers pas et a formé ses premiers cadres.

“Quand on est pauvre et faible et si vous pensez avoir raison en droit et justice, il faut dire NON. Si aux handicaps de la pauvreté et faiblesses vous perdez en plus votre dignité, que vous reste-t-il ?”, m’a-t-il souvent dit pour expliquer ses refus politiques.

De cette expérience d’une vie très respectable, il parle longuement dans ses Mémoires rédigés entre 1984 et 1995, mille pages d’une écriture fine et serrée. La maladie en a précipité la publication et ce texte un peu raccourci, “Contre vents et marées”, est sorti des presses de Karthala le 16, le lendemain de sa mort !

Tel est Si Mokhtar, resté très digne et respectable après avoir été démis du pouvoir en juillet 1978. Son pays a atteint sa pleine plénitude en 1975, avant d’être victime de la guerre du Sahara par Polisario interposé. Le Maghreb en paye un horrible prix à ce jour.

Si Mokhtar, né sous une tente bédouine en 1920, venu sur le tard aux études universitaires, s’est donné dans les années 50 deux “héros” : Nasser et Bourguiba. Il a pris le meilleur de l’Egyptien, “ya Masri irfâa raâssek” tout en rejetant ses méthodes dictatoriales. Du Tunisien il a retenu “le chemin d’aller au but politique aux moindres frais”, sans retenir de Bourguiba l’excès du culte… Vite, dès l’indépendance, il a donné à deux importantes avenues de sa capitale naissante, Nouakchott, les noms de Nasser et Bourguiba. Mais il a refusé qu’on donne son nom à des avenues, stades, aéroports. Refus aussi de se voir sur les timbres-poste ou les billets de banque, attributs de la souveraineté.

Aujourd’hui une petite pierre discrète, reflet de sa vie, orne sa tombe dans son village de naissance, Boutilimit. Mais déjà, dans le grand désert mauritanien “la légende de Mokhtar” commence à se raconter sous les “Khaïmas” dans un pays qui a la réputation de compter “un million de poètes”.

cherchemidi
03/11/2003, 19h31
-si son dernier bouquin peut contribuer à débeurrer les beurs , il leur rendra service ainsi qu'à nous par la même occasion .

Ce "nous" signifie ?

-"nous" = les non beurs ( les Kabyles qui ne veulent pas être confondus avec les "beurs" ; voir plusieurs sujets sur la réunion de Saint-Denis et l'ineffable M Boutih ; et les français qui ne sont pas d'origine algérienne; il y en a un certain nombre et ,parmi eux , quelques-uns, dont moi, qui n'apprécient pas le beurisme bien qu'ils n'aient aucun préjugé contre les vaches !

l'tounoumiste
04/11/2003, 05h05
quelques-uns, dont moi, qui n'apprécient pas le beurisme bien qu'ils n'aient aucun préjugé contre les vaches !

- Toi qui connait bien la Bretagne, peux-tu nous dire si on y appelle les jeunes d'origine nord-africaine nes dans la region les beurs demi-sel ?

cherchemidi
04/11/2003, 11h32
- Toi qui connait bien la Bretagne, peux-tu nous dire si on y appelle les jeunes d'origine nord-africaine nes dans la region les beurs demi-sel ?

-je l'ai entendu dire , mais je ne pense pas que l'expression soit très répandue dans cette acception; un peu chez les jeunes ...

-à propos de beurs non violents et bien intégrés (ce qui n'est pas très difficile en Bretagne) j'ai entendu l'expression " beur doux" ; sans être méchant ça n'est pas forcément très positif car le "vrai" Breton préfère le beurre salé. ( quand j'étais enfant , ma mère disait " le beurre doux , c'est pour les Parisiens " )

-"demi-sel" est, sans doute le sais-tu , très péjoratif pour qui connaît l'argot traditionnel , et ceci en dehors de tout contexte ethnique ; selon le Robert :

----" homme qui exerce un métier régulier mais vit aussi de proxénétisme ; homme , garçon , qui affecte d'être du milieu sans se comporter comme le milieu l'exige ; par extension : lâche " ---

-précision : mon Robert est non le petit mais le grand ; en Chine , tu dois connaître des filles qui ont de petits roberts ...