ben
02/11/2003, 23h09
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L'Homo Sapiens Caremus Algerianus est une espèce unique. Arrivés le mois de Ramadhan, des gènes, latents pendant onze mois, sous l’impulsion du croissant de lune, deviennent actifs et le sujet commence à subir les modifications qui font de lui un être à part. Rguig mesloutte, de taille moyenne, légèrement voûté, le Caremus Algerianus a un visage très...très..., disons expressif. Il a des joues creuses, une barbe hirsute qui semble s’être arrêtée de pousser, des yeux brillants aux pupilles dilatées et le blanc injecté de sang. Sa bouche est très fine et présente un rictus quasi constant qui ne disparaît qu’une fois la nuit tombée, «M’chenaf» toute la journée, en somme. Ce qui lui donne une expression rébarbative, qui réussit à éloigner de lui tout le monde. Lorsqu’il se déplace, le Caremus Algerianus le fait d’une manière assez particulière. Les bras lui tombent sur les côtés et se balancent comme des pendules, et ses jambes sont légèrement pliées. Avec un creux très visible au niveau du ventre, ces «détails» lui donnent une image qu’on dirait sortie tout droit d’un film d’épouvante. Ce qui fait dire aux mauvaises, et longues, langues, que Halloween est une invention bien de chez nous. Mais tout cela n’est rien à côté d’un trait, un gros trait, très spécial que lui seul possède. En effet, lorsqu’il parle, il le fait d’une voix caverneuse qui écorche les oreilles de ceux qui osent l’entendre, et réussit à faire provoquer une poussée d’adrénaline. Les mots, les phrases qu’il utilise, défient les lois de la grammaire et les principes de phonétique sont complètement chamboulés. Il procède, en fait, par substitution. Le «z» à la place du «s», le «n» au lieu du «m», le «l» à la place du «r», et ainsi de suite. Essayez d’imaginer ce que ça donne. Son lexique subit également quelques transformations. Au marché, son territoire préféré, il substitue «hadi» et «hada» à tous les produits, fruits, légumes, viande, zlabia, etc. C’est donc «châal hadi» ou «châal hada», et «hein» quand il n’a pas compris, ce qui lui arrive très souvent, d’ailleurs.
La veille de l’Aïd, à zéro heure tapante, les gènes spéciaux du Caremus Algerianus redeviennent latents et un grand sourire se dessine sur son visage qui se transforme d’une seconde à l’autre. Son dos se redresse, il regarde sa femme bien droit et lui dit, «où étais-tu passée ? Je ne t’ai pas vue depuis un bon bout de temps. Tu m’as manqué, omri !»
L'Homo Sapiens Caremus Algerianus est une espèce unique. Arrivés le mois de Ramadhan, des gènes, latents pendant onze mois, sous l’impulsion du croissant de lune, deviennent actifs et le sujet commence à subir les modifications qui font de lui un être à part. Rguig mesloutte, de taille moyenne, légèrement voûté, le Caremus Algerianus a un visage très...très..., disons expressif. Il a des joues creuses, une barbe hirsute qui semble s’être arrêtée de pousser, des yeux brillants aux pupilles dilatées et le blanc injecté de sang. Sa bouche est très fine et présente un rictus quasi constant qui ne disparaît qu’une fois la nuit tombée, «M’chenaf» toute la journée, en somme. Ce qui lui donne une expression rébarbative, qui réussit à éloigner de lui tout le monde. Lorsqu’il se déplace, le Caremus Algerianus le fait d’une manière assez particulière. Les bras lui tombent sur les côtés et se balancent comme des pendules, et ses jambes sont légèrement pliées. Avec un creux très visible au niveau du ventre, ces «détails» lui donnent une image qu’on dirait sortie tout droit d’un film d’épouvante. Ce qui fait dire aux mauvaises, et longues, langues, que Halloween est une invention bien de chez nous. Mais tout cela n’est rien à côté d’un trait, un gros trait, très spécial que lui seul possède. En effet, lorsqu’il parle, il le fait d’une voix caverneuse qui écorche les oreilles de ceux qui osent l’entendre, et réussit à faire provoquer une poussée d’adrénaline. Les mots, les phrases qu’il utilise, défient les lois de la grammaire et les principes de phonétique sont complètement chamboulés. Il procède, en fait, par substitution. Le «z» à la place du «s», le «n» au lieu du «m», le «l» à la place du «r», et ainsi de suite. Essayez d’imaginer ce que ça donne. Son lexique subit également quelques transformations. Au marché, son territoire préféré, il substitue «hadi» et «hada» à tous les produits, fruits, légumes, viande, zlabia, etc. C’est donc «châal hadi» ou «châal hada», et «hein» quand il n’a pas compris, ce qui lui arrive très souvent, d’ailleurs.
La veille de l’Aïd, à zéro heure tapante, les gènes spéciaux du Caremus Algerianus redeviennent latents et un grand sourire se dessine sur son visage qui se transforme d’une seconde à l’autre. Son dos se redresse, il regarde sa femme bien droit et lui dit, «où étais-tu passée ? Je ne t’ai pas vue depuis un bon bout de temps. Tu m’as manqué, omri !»