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Voir la version complète : Douce France:Sarkozy verrouille la France


ben
01/11/2003, 22h50
Du parcours du combattant à «mission impossible»



Le Sarkozy 2003 fait plus fort que le Pasqua 1993. Dix ans après l’adoption des premières lois anti-immigration, le ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, rend draconiennes les conditions d’entrée en territoire français.

La limitation des visas prônée par la droite depuis l’arrivée de Sarkozy à la place Beauvau vient de trouver une extension sévère à travers le «Projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration et au séjour des étrangers en France» qu’a fait adopter Sarkozy par l’Assemblée française. La lutte contre l’immigration clandestine et les mariages «de complaisance», la meilleure intégration des étrangers et la réforme du système de la double peine sont les quatre grands axes de cette nouvelle loi qui vise à rendre la France plus «imperméable» à l’immigration, notamment maghrébine, à partir de 2004.

D’abord, le premier volet de cette loi, qui intéresse les demandeurs de visas, notamment algériens, prévoit un durcissement dans les conditions d’obtention du sésame pour la France. Les demandeurs de visas doivent apposer leurs empreintes digitales afin de constituer un fichier d’empreintes digitales afin que la police française vérifie les antécédents des demandeurs. Ce fichier sera appuyé par un resserrement de la procédure pour les attestations d’hébergement. La loi donne aux maires français la possibilité de refuser une attestation d’hébergement s’ils y voient «une tentative de fraude» ou alors si «les conditions normales d’un hébergement ne sont pas réunies». Ainsi, un maire a le droit, dorénavant, d’enquêter sur le statut social et les revenus de la personne qui réside en France et qui veut accueillir un membre de sa famille ou un ami. De quoi refroidir les ardeurs des «hébergeurs» et tend à limiter, en amont, le nombre des demandes de visas qui avoisinent les 800.000 en Algérie auprès de l’ambassade de France à Alger par exemple.

La deuxième restriction concerne les fameux mariages blancs qui sont utilisés par les immigrés pour obtenir rapidement des «papiers français» mais également par des ressortissants français et françaises pour faire des affaires lucratives. Le «mariage blanc», dont le nombre a augmenté selon Sarkozy de 470% entre 1998 et 2002, va devenir encore plus ardu à réaliser. S’il est prouvé que le couple franco-algérien a contracté un mariage blanc, il sera passible de 5 ans de prison, fait qui devient ainsi un délit passible des tribunaux. La durée de vie commune nécessaire à la délivrance de la carte de résident au titre du mariage (une carte de 10 ans) avec un ressortissant français passe d’un à deux ans. La police et les services municipaux et sociaux français pourront vérifier sur une plus grande durée la «véracité» du mariage du couple mixte à travers les traditionnelles visites inopinées à leur domicile conjugal ou à travers les auditions dans les préfectures ayant enregistré leur mariage. Il faut dire que cette mesure vise spécifiquement les réseaux du «mariage blanc» qui proposent aux immigrés en situation irrégulière des mariages allant de 7.000 FF à 65.000 FF selon les conditions établies par le «conjoint» français et qui pénalisent les véritables mariages des couples mixtes.

Cette loi prévoit également de rogner sur la qualité de «parent d’enfant français» qui donnait accès, auparavant, à une carte de résident. Cette carte est désormais soumise à «deux ans d’exercice de l’autorité parentale et de participation aux frais d’entretien de l’enfant». Ainsi, la carte de résidence sera plus longue à obtenir et il faudra justifier d’un délai minimum de résidence de 5 ans, au lieu des 3 ans en cours (sauf dans le cas d’un regroupement familial qui est de 2 ans), afin de prétendre obtenir la carte de résident en France. Sur le travail, les conditions ont également été verrouillées par Sarkozy. Les employeurs de travailleurs «au noir» seront impliqués financièrement et devront payer les frais de rapatriement d’un «irrégulier» ou d’un «clandestin» vers son pays d’origine. Une manière de paupériser les immigrés travaillant sans papiers notamment dans les restaurants, les hôtels, les fast-foods, le bâtiment et les ateliers de confection qui emploient énormément de travailleurs au noir dont des étudiants en attente de leur régularisation. Le verrou installé par Sarkozy a été vivement critiqué par des organisations de droits de l’homme ou de soutien aux immigrés qui y voient une loi plus sévère que les Lois Pasqua déjà vilipendées en 1993. Paris veut se mettre aux normes européennes anti-immigration. Conséquence, obtenir son visa pour la France et y résider, qui relevait du parcours du combattant, sera, dès le début 2004, quasiment une «mission impossible».

cherchemidi
01/11/2003, 23h42
Du parcours du combattant à «mission impossible»



Le Sarkozy 2003 fait plus fort que le Pasqua 1993. Dix ans après l’adoption des premières lois anti-immigration, le ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, rend draconiennes les conditions d’entrée en territoire français.

La limitation des visas prônée par la droite depuis l’arrivée de Sarkozy à la place Beauvau vient de trouver une extension sévère à travers le «Projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration et au séjour des étrangers en France» qu’a fait adopter Sarkozy par l’Assemblée française. La lutte contre l’immigration clandestine et les mariages «de complaisance», la meilleure intégration des étrangers et la réforme du système de la double peine sont les quatre grands axes de cette nouvelle loi qui vise à rendre la France plus «imperméable» à l’immigration, notamment maghrébine, à partir de 2004.

D’abord, le premier volet de cette loi, qui intéresse les demandeurs de visas, notamment algériens, prévoit un durcissement dans les conditions d’obtention du sésame pour la France. Les demandeurs de visas doivent apposer leurs empreintes digitales afin de constituer un fichier d’empreintes digitales afin que la police française vérifie les antécédents des demandeurs. Ce fichier sera appuyé par un resserrement de la procédure pour les attestations d’hébergement. La loi donne aux maires français la possibilité de refuser une attestation d’hébergement s’ils y voient «une tentative de fraude» ou alors si «les conditions normales d’un hébergement ne sont pas réunies». Ainsi, un maire a le droit, dorénavant, d’enquêter sur le statut social et les revenus de la personne qui réside en France et qui veut accueillir un membre de sa famille ou un ami. De quoi refroidir les ardeurs des «hébergeurs» et tend à limiter, en amont, le nombre des demandes de visas qui avoisinent les 800.000 en Algérie auprès de l’ambassade de France à Alger par exemple.

La deuxième restriction concerne les fameux mariages blancs qui sont utilisés par les immigrés pour obtenir rapidement des «papiers français» mais également par des ressortissants français et françaises pour faire des affaires lucratives. Le «mariage blanc», dont le nombre a augmenté selon Sarkozy de 470% entre 1998 et 2002, va devenir encore plus ardu à réaliser. S’il est prouvé que le couple franco-algérien a contracté un mariage blanc, il sera passible de 5 ans de prison, fait qui devient ainsi un délit passible des tribunaux. La durée de vie commune nécessaire à la délivrance de la carte de résident au titre du mariage (une carte de 10 ans) avec un ressortissant français passe d’un à deux ans. La police et les services municipaux et sociaux français pourront vérifier sur une plus grande durée la «véracité» du mariage du couple mixte à travers les traditionnelles visites inopinées à leur domicile conjugal ou à travers les auditions dans les préfectures ayant enregistré leur mariage. Il faut dire que cette mesure vise spécifiquement les réseaux du «mariage blanc» qui proposent aux immigrés en situation irrégulière des mariages allant de 7.000 FF à 65.000 FF selon les conditions établies par le «conjoint» français et qui pénalisent les véritables mariages des couples mixtes.

Cette loi prévoit également de rogner sur la qualité de «parent d’enfant français» qui donnait accès, auparavant, à une carte de résident. Cette carte est désormais soumise à «deux ans d’exercice de l’autorité parentale et de participation aux frais d’entretien de l’enfant». Ainsi, la carte de résidence sera plus longue à obtenir et il faudra justifier d’un délai minimum de résidence de 5 ans, au lieu des 3 ans en cours (sauf dans le cas d’un regroupement familial qui est de 2 ans), afin de prétendre obtenir la carte de résident en France. Sur le travail, les conditions ont également été verrouillées par Sarkozy. Les employeurs de travailleurs «au noir» seront impliqués financièrement et devront payer les frais de rapatriement d’un «irrégulier» ou d’un «clandestin» vers son pays d’origine. Une manière de paupériser les immigrés travaillant sans papiers notamment dans les restaurants, les hôtels, les fast-foods, le bâtiment et les ateliers de confection qui emploient énormément de travailleurs au noir dont des étudiants en attente de leur régularisation. Le verrou installé par Sarkozy a été vivement critiqué par des organisations de droits de l’homme ou de soutien aux immigrés qui y voient une loi plus sévère que les Lois Pasqua déjà vilipendées en 1993. Paris veut se mettre aux normes européennes anti-immigration. Conséquence, obtenir son visa pour la France et y résider, qui relevait du parcours du combattant, sera, dès le début 2004, quasiment une «mission impossible».

-enfin du sérieux !

-en restreignant les arrivées d'Algériens , Sarko leur rend service : ceux qui vivent en " douce France" y sont malheureux ( pas assez de mosquées , des mauvais exemples , le FN etc )

-il rend aussi service à l'Algérie qui a besoin de tous ses enfants , bras et cerveaux !

Nadia A
02/11/2003, 13h33
Ah là là
j'espère qu'ils vont me laisser quand même vivre ici !!
j'ai oublié de signaler que lorsque je suis arrivée, la France avait besoin de mon père... du moins de ses bras surtout comme beaucoup d'autres d'ailleurs
le plus dégueu la dans c'est que finalement c'est tjs la même rengaine, qd on a besoin de vous exploiter on vous appelle sans problème mais lorsque vous vous aspirez à autre chose ou fuyez tout bonnement eh bien on construirait bientôt un mur en pleine mer !!
Au fait ils n'ont pas précisé : ils font quoi de tous les visas qu'ils ont laissé courir à ce jour ?

ben
02/11/2003, 13h51
Lettre à mon père

“Bonjour papa. C’est moi. Tu te souviens de moi ? C’est Nadia. Ta fille. Aujourd’hui j’ai 8 ans. Non. Pas aujourd’hui. C’était hier. Des amies à maman sont venues nombreuses chez nous. Avec plein de cadeaux. Il y avait aussi quelques hommes. Et des enfants. Moi, j’étais le centre d’intérêt. J’ai fait mes 8 ans. Oui, c’était mon anniversaire. J’étais heureuse et un peu triste. Je t’ai cherché des yeux parmi les hommes venus m’embrasser et me remettre des présents. Comme ça : j’espérais te voir venir à l’improviste. Tu n’y étais pas. Comme l’année dernière. Comme toujours. Alors, pour faire comme les autres enfants chaleureusement accompagnés, j’ai sorti ta photo. La seule que j’ai, que je garde de toi. La seule dont je puisse me flatter d’avoir, moi aussi, un papa comme les autres. Je l’ai donc sortie. L’ai montrée aux enfants. Et leur ai dit : “ Regardez, c’est papa, regardez, il est beau comme le soleil. Il m’a envoyé plein de cadeaux pour mes 8 ans… ”. Puis, je me suis mise à rigoler. A cause de mon gros mensonge. Tu ne m’as jamais envoyé quoi que ce soit. Tu n’as jamais pensé à moi. A nous. Alors que je rigolais, maman m’a regardée une seconde avant d’aller se cloîtrer dans les toilettes : elle en est sortie un moment après, les yeux tout rouges. L’une de ses amies lui en a voulu : “ Arrête de faire ça devant elle !... ”. Je n’ai rien compris. En fait, je n’ai jamais rien compris. Le jour, il y a trois ans, où j’avais demandé à maman pourquoi nous sommes toujours seules, elle m’avait parlé de divorce entre vous deux. J’avais dit : “ C’est quoi divorce ? ”. Elle m’avait alors parlé de séparation. J’avais dit : “ C’est quoi séparation ? ”. Elle m’avait répondu : “ Chacun a quitté l’autre ”. J’avais dit : “ Mais pourquoi, maman ? ”. Elle m’avait dit : “ Ton papa est parti avec une autre en France juste six mois après ta naissance… ”. J’avais dit : “ Mais pourquoi, maman ? ”. Alors, elle avait éclaté en sanglots : “ Je t’en supplie, Nadia, arrête de me dire quoi-pourquoi-comment, je n’en peux plus, je t’en supplie, j’en ai assez comme ça ! ” ? C’est la fois où enfin elle me remit ta photo. J’avais mis de longs moments à te regarder, à t’admirer. Comme tu es beau, papa ! Maman me dit tout le temps que je tiens beaucoup de toi. Surtout les yeux. Alors je me mets tout le temps devant la glace pour t’imaginer à travers moi, mais je pouffe de rire car je n’ai pas de moustaches comme toi. Tu sais papa ? l’autre jour (c’était…euh…non, j’ai oublié), l’autre jour, j’ai vu un homme à l’arrêt du bus avec sa fillette. Je l’ai trouvé un peu comme toi avec des moustaches. Tu sais ce que j’ai fait ?, tu vas rire, tu sais ce que j’ai fait ?, je m’en suis approchée et je lui ai dit : “ Tu es beau comme papa… ”. Alors, il m’a embrassée et nous a prises, sa fille et moi, chacune par une main et nous a emmenées dans une pâtisserie et nous a offert des gâteaux. Alors, je l’ai embrassé, non pas pour le gâteau, non, ma mère m’en offre tout le temps, non, je l’ai embrassé parce que j’ai senti toute chaude dans la mienne sa main. J’ai raconté la scène à maman et elle s’est, comme toujours, enfermée dans les toilettes pour en sortir après, les yeux tout rouges. Tu sais ?, je ne la comprends pas toujours, ma mère. Chaque fois que je lui raconte ce que je fais dans la rue, elle va s’enfermer de longs moments dans sa chambre ou ailleurs.

Un jour elle m’a dit de ne plus parler aux hommes dans la rue, je lui ai dit : “ Si ! j’aime parler aux hommes dans la rue ! ”. Alors elle m’a giflée, puis m’a demandé pardon. Moi aussi j’ai appris à donner des gifles aux autres. Un jour, au sortir de l’école, un camarade de classe m’a dit : “ Mais pourquoi est-ce que c’est toujours ta mère qui vient te chercher, et jamais ton père ?... ”. Alors je l’ai giflé. Comme ça. Il n’avait pas à se mêler de mes affaires. Entre moi et maman, c’est… comment dire, papa ?... Euh… Attends… Je ne sais pas… Si ! je sais… Euh…, non je ne sais pas… Enfin, tu comprends, maman est bien avec moi. Elle m’aime. Me gâte. Me choie. Me dorlote. Me câline. Me cajole. Me couve. Me couvre. M’offre tout ce que je veux. C’est mon amie. Elle me l’a dit. Un jour, souriante, elle m’a demandé mon avis : quelqu’un voulait se marier avec elle. Je lui ai dit : “ Ecoute, maman, s’il a des moustaches, d’accord, sinon pas la peine… ”. Elle a beaucoup ri, puis m’a dit : “ Tu sais, Nadia : les moustaches de ton père sont inutiles… ”. Je n’ai pas compris. Que signifie, papa, des moustaches utiles et d’autres inutiles ? Elle ne m’a jamais expliqué ça. Pourtant, d’habitude, elle me dit tout, me parle de tout, ne me cache jamais rien. Ou presque…

Un jour je lui ai demandé si elle avait des nouvelles de toi, elle m’a appris que tu as d’autres enfants français et en France. اa m’a fait plaisir de savoir que j’ai des frères en France. Mais est-ce que ce sont des garçons ou des filles ? Est-ce qu’ils sont beaux comme toi, papa ? Tu sais, je voudrais les voir, mes frères. Et surtout toi, papa. Je ne t’ai jamais vu, ni connu. Mais je t’ai vu plusieurs fois dans mes rêves. Tu me prenais alors dans tes bras, tu m’embrassais, et surtout, surtout, tu me regardais d’une manière…euh…comment dire ?...Je ne sais pas. Pourtant je sais… Bon, je ne sais pas… Alors, moi, je pleurais de joie dans tes bras, je t’attrapais par les cheveux, je te tirais les moustaches, je mordais dans tes joues, et au réveil, j’avais encore des larmes et des larmes. Tu comprends ? Des larmes…comment dire ?...Non, ça ne se dit pas. Quand les maux sont très lourds, les mots deviennent très légers. C’est notre instituteur qui m’a dit ça. Il m’aime beaucoup, mon instituteur. Il me donne toujours de bonnes notes. Que je ne mérite pas. Nous sommes devenus amis le jour où, en classe, nous remettant nos copies, il m’avait lancé : “ Mais qu’est-ce que t’as, Nadia, à être toujours la dernière de la classe ?! ”…. Alors, un camarade a lancé : “ Elle est B’hima, Sidi… ”. Alors, je me suis levée et j’ai crié : “ Si je suis B’hima, c’est parce que je ne participe pas aux cours particuliers, et si je n’ai pas accès aux cours particuliers, c’est parce que ma mère n’a pas les moyens pour me les payer, c’est pour ça que je suis B’hima !... ”. Alors l’instituteur s’est fâché et a crié : “ Le premier qui répétera encore une fois le mot B’hima sera renvoyé une fois pour toutes de ma classe !... ”. Puis il est venu me dire à l’oreille, les larmes aux yeux : “ Pardon, Nadia, je ne voulais pas… ”. Alors, depuis, nous sommes devenus amis. Un jour, maman m’a dit : “ Si au moins ton père pensait une seule fois à ta pension alimentaire… ”. J’ai dit : “ C’est quoi, maman, la possion mammimentaire ? ”. Alors elle éclata : “ C’est la ***** ! C’est Ess’khatt !, foue-moi la paix, je n’en ai marre de tes questions, compris ?... ”. Alors je me suis fâchée, je lui ai dit : “ Bon, d’accord, je vais te foutre la paix, et je vais aller chez papa en France !... ”. Alors elle m’a dit : “ Bien, Nadia, tu veux vivre avec ton père, d’accord… Le destin m’a giflée une fois, si toi aussi tu veux me gifler, vas-y !... ”. Je n’ai rien compris. Mais je l’ai sentie malheureuse. Je me suis jetée dans son giron et l’ai étouffée de baisers. Nous nous sommes réconciliées dans un bain de larmes.

Viens une seule fois chez nous, papa. Je t’en supplie. Non pas pour nous donner de l’argent, puisque maman travaille dans une usine ; non pas pour moi puisque tu as d’autres enfants ; non pas pour ma mère puisque tu as une autre femme en France, mais viens une seule fois et je te promets de ne rien te demander, je veux seulement te voir et t’entendre. Je veux te voir pour que je puisse dire aux autres que j’ai moi aussi un papa comme les autres. Un soir, j’ai dit à maman : “ Mais pourquoi est-ce qu’il ne vient jamais nous voir ? ”. Elle m’a dit : “ Il a beaucoup de travail, ma chérie, il n’a pas le temps… ”. J’ai dit : “ Mais comment est-ce possible qu’il n’ait jamais du temps pour nous ?... ”. Elle s’est tue… Je me suis tue… Quand maman se tait, c’est qu’elle ne peut plus parler… Quand elle ne peut plus parler, elle pleure… Pleurer, c’est sa passion. Pleurer sans s’essuyer les yeux. Elle aime laisser couler ses larmes librement… Alors, je prends place sur un genoux et la regarde… Je regarde le long voyage des larmes sur son visage… Elles arrivent drues dans ses prunelles… Restent pendues des moments à ses paupières… Puis sont poussées par d’autres, nouvelles… Alors, elles glissent le long de son nez… S’arrêtent quelques instants sur ses lèvres supérieures, comme bloquées… Puis zigzaguent lourdement sur son menton pour exécuter vite comme une roulade sur son cou… Et c’est alors que j’interviens… Ma bouche va mettre un terme au voyage… Je lèche avidement des larmes toutes chaudes, toutes salées… Elle me dit : “ J’espère, Nadia, qu’un jour tu m’essuieras vraiment mes larmes… ”. A quoi je réponds : “ Non, mère, tes larmes sont très chères, je ne les essuierai pas dans mes mains, je les boirai tout le temps jusqu’au jour où tu en auras d’autres plus gaies, des larmes heureuses… ” . Elle me sourit. Et le sommeil me surprend sur sa poitrine. Elle m’étreint fortement dans ses bras, et c’est alors que je rêve de toi… Avec l’impression que c’est toi qui m’étreins de la sorte… Sentiment d’être un être élevé par deux, non par une. Jusqu’au matin. Jusqu’au réveil. Jusqu’à revoir la même réalité implacable, la mienne : un petit fardeau supporté par un seul être humain fatigué de moi, fatigué d’elle-même, fatigué de la vie, fatigué par son boulot, fatigué de son patron qui lui propose toujours de lui offrir un café… … …Fatiguée, maman !... Fatiguée d’être tout le temps fatiguée… Fatiguée d’être sans être… Elle a marre d’en avoir marre… Alors, je sors dans la rue. Je regarde les hommes, surtout les moustachus, et leur dis bonjour. Des hommes que ne connais pas. Amusés, ils viennent m’embrasser. Mais indifféremment. Sans chaleur. Comme ceux venus hier à mon anniversaire…

A huit heures du soir, ils sont rentrés chez eux. Ils sont tous partis avec leurs enfants… Je les regardais partir et je ressentis comme…, comme…, euh… je ne sais pas… Et à nouveau seules, ma mère et moi… Seules… Comme toujours… Elle m’a dit : “ Va ranger tes cadeaux, Nadia… ”… J’ai dit : “ Je n’aime pas ces cadeaux, maman, ils sont froids ”… Elle s’est retournée lentement vers moi et m’a dit : “ Dis-moi ce que tu veux, Nadia… ”. Alors je lui ai demandé ton adresse en France. Elle m’a demandé pourquoi. Je lui ai dit ma volonté de t’écrire. Elle sourit : “ Tu sais écrire, toi ? ”. J’ai dit : “ Mon instituteur corrigera… ”… Elle s’est encore une fois enfermée dans sa chambre de bien longs moments…

C’est tout, papa. Je n’ai plus rien à te dire. L’année prochaine, quand j’aurai 10 ans, je…, non, quand j’aurai 9 ans, je t’écrirai à nouveau. Embrasse mes frères de France. Dis-leur que je les aime puisqu’ils ne sont pour rien, eux, ni moi d’ailleurs, ni maman du reste. Mais c’est comme ça : chacun boit ce que lui sert le sort. Tes enfants de France boivent la vie à pleines bouches. Toi, tu bois l’eau de vie. Ma mère boit la ciguë. Et moi je bois les larmes de ma mère… Je t’embrasse. Nadia ”.
:bigbisou:

Nadia A
02/11/2003, 13h57
Pas mal du tout Ben mais Sarkosch zi li où ??

Me concernant : j'ai horreur des moustachus et barbus encore plus !! mais bon...

cherchemidi
02/11/2003, 13h58
Ah là là
j'espère qu'ils vont me laisser quand même vivre ici !!
j'ai oublié de signaler que lorsque je suis arrivée, la France avait besoin de mon père... du moins de ses bras surtout comme beaucoup d'autres d'ailleurs
le plus dégueu la dans c'est que finalement c'est tjs la même rengaine, qd on a besoin de vous exploiter on vous appelle sans problème mais lorsque vous vous aspirez à autre chose ou fuyez tout bonnement eh bien on construirait bientôt un mur en pleine mer !!
Au fait ils n'ont pas précisé : ils font quoi de tous les visas qu'ils ont laissé courir à ce jour ?

-dommage mais les temps ont changé ! et il est normal qu'un état, comme une entreprise , s'adapte aux circonstances : ce qui est nouveau , c'est qu'une immigration incontrôlée est nuisible à la sécurité de la France et que tout ce qui vient d'Algérie est, au minimum, suspect .

-pour ma part , je suis partisan d'un examen au cas par cas de la situation des immigrés et candidats à l'immigration , avec une bienveillance particulière pour les plus âgés, pas vraiment haineux , et une sévérité absolue pour les indésirables .

-tu ne sembles pas être sensible au fait, évoqué par moi , que les Algériens sont à la fois plus heureux ( religion ,ambiance conviviale ) et plus utiles ( le développement de leur pays , les luttes pour la démocratie ) chez eux qu'ici .

-je pense aussi que ce qui est prioritaire , c'est l'intégration - enfin ! - des harkis et la réparation des torts que la France a à leur égard.

-si on me démontre que la France a intérêt à privilégier les Kabyles , je ne demande pas mieux que d'en parler à mon député, mais il me faudra des arguments , non des déclarations de principe

Nadia A
02/11/2003, 14h20
-dommage mais les temps ont changé ! et il est normal qu'un état, comme une entreprise , s'adapte aux circonstances : ce qui est nouveau , c'est qu'une immigration incontrôlée est nuisible à la sécurité de la France et que tout ce qui vient d'Algérie est, au minimum, suspect .

Il faut admettre que cela est déjà Cherchemidi pour l'immigration incontrôlée dans la mesure où l'on est en capacité de seulement dresser une estimation des sans papiers... ce de source même d'un service spécialisé en la matière dont je tairais le nom.

-pour ma part , je suis partisan d'un examen au cas par cas de la situation des immigrés et candidats à l'immigration , avec une bienveillance particulière pour les plus âgés, pas vraiment haineux , et une sévérité absolue pour les indésirables.

Eh bien je suis tout à fait d'accord avec toi sauf peut-être que les plus âgés ne vont pas forcément trouver du travail car apparemment du travail il y en a le problème étant de trouver la main d'oeuvre adéquate...
-tu ne sembles pas être sensible au fait, évoqué par moi , que les Algériens sont à la fois plus heureux ( religion ,ambiance conviviale ) et plus utiles ( le développement de leur pays , les luttes pour la démocratie ) chez eux qu'ici .

Non je n'y suis guère sensible dans la mesure où le nombre de sans papiers, de clandestins est relativement important... enfin pas tout à fait car je ne suis pas du style maso puisque là où je me trouve bien j'évite d'en partir. Donc je me suis davantage basée sur un fait réel qui a du mal à s'estimer quantativement. Qualitativement, je préfère ne même pas en parler c'est pour dire.
-je pense aussi que ce qui est prioritaire , c'est l'intégration - enfin ! - des harkis et la réparation des torts que la France a à leur égard.

Ah l'intégration ! oui bien sûr mais je ne suis pas d'avis à la traiter telle que la France la traite actuellement depuis d'ailleurs la nuit des temps bon j'exagère un peu peut-être mais c'est presque ça... pour moi, elle se résume à la discrimination et chômage 0

-si on me démontre que la France a intérêt à privilégier les Kabyles , je ne demande pas mieux que d'en parler à mon député, mais il me faudra des arguments , non des déclarations de principe

Je serais d'avis à laisser les politics discuter politic avec les politics après tout ils sont élus pour ça non ? D'un point de vue politique, social et économique cela s'explique