ben
19/10/2003, 18h11
:rolleyes:
Au nombre des multiples sorties caractéristiques de la manière de s’exprimer de M. George W. Bush, il en est une qui date des lendemains du “11 septembre”, mais qui est, aujourd’hui, d’une actualité brûlante: “Pourquoi est-ce qu’on ne nous aime pas? Nous sommes pourtant tellement bons”, dit-il.
Les Américains, qui sont très forts en matière de statistiques et de sondages d’opinion, ont dû certainement trouver une réponse pour éclairer M. Bush. Mais, apparemment, cela n’a servi à rien puisque la politique de l’Administration Bush en Orient, proche et moyen, continue sur sa lancée provoquant tous les jours un peu plus de dégâts et produisant de plus en plus de haine.
Les mises en garde en provenance de tous bords ont été nombreuses; mais il n’en a jamais été tenu compte. Dès le début de cette année, un groupe d’anciens officiers de renseignement dirigés, notamment, par Raymond McGovern, adressait une lettre ouverte à M. Bush tirant la sonnette d’alarme. Ces éminents officiers retraités s’en prenaient aux analystes du Pentagone qui prétendaient que la guerre au terrorisme exigeait une guerre à l’Irak. “Nous pensons, au contraire, écrivaient-ils, qu’une invasion de l’Irak provoquerait le recrutement massif de terroristes pour un avenir indéfini. Loin d’éliminer la menace, elle la renforcerait exponentiellement”.
C’est bien ce qu’on voit maintenant. Mais c’est ce que, seul au monde, M. Bush avec son entourage de va-t-en-guerre, ne veut pas voir.
Parallèlement, en conformité parfaite avec cet aveuglement, M. Ariel Sharon, en Palestine, avec l’argent et les armes de l’Amérique, poursuit son œuvre de ruine et de mort, créant le terreau idéal pour de nouvelles générations de “kamikazes”, résistants ou terroristes, de quelque nom qu’on veuille les désigner.
Qui peut encore arrêter cette politique insensée?
Au nom de l’Europe, M. Romano Prodi a témoigné publiquement au Caire de son inquiétude et de son profond pessimisme devant la dégradation de la situation aussi bien en Irak qu’en Palestine.
Le constat est dramatique: la puissance qui détient les clés des deux situations, bloque toutes les issues par son obstination à vouloir en garder le contrôle exclusif. L’Europe et les Nations unies sont paralysées. Alors que Bush s’avère incapable de résoudre les problèmes, l’obstination américaine ne relève plus de l’analyse politique, mais de la psychanalyse ou de la psychiatrie.
Rien n’est plus symptomatique que l’attitude ouvertement critique prise récemment par le secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan. Cet honnête homme qui, au moment de sa première élection pour succéder à Boutros Boutros-Ghali (l’Egyptien qui ruait dans les brancards), passait pour un agent docile de la politique américaine, ne supporte plus maintenant la cécité des représentants de Washington. Ses réactions fermes sur le projet de résolution présenté par les Etats-Unis au Conseil de sécurité au sujet de l’Irak, sonnent comme un véritable mouvement de révolte.
Et l’on se dit que si un Kofi Annan lui-même éprouve comme un ras-le-bol, que doivent penser les autres?
L’espoir d’un changement fondamental à Washington à la faveur de l’élection présidentielle dans un an risque fort d’être illusoire. A supposer même, comme cela devient de plus en plus probable, que George W. Bush soit battu, on ne voit toujours pas quelle est la personnalité qui lui succédera et qui aurait assez d’envergure pour réorienter la politique internationale des Etats-Unis. Dans un pays aussi vaste et aussi divers, l’électorat n’est pas tellement sensible aux grands problèmes du monde. On ne le touche qu’au niveau du plus bas dénominateur commun. C’est ainsi que le côté simpliste de prises de position de George W. Bush au lendemain du “11 septembre” a pu valoir à celui-ci des taux exceptionnels d’opinions favorables frôlant parfois les 80%. Aujourd’hui, ses difficultés militaires en Irak le ramènent à moins de 50%.
Si l’on ne devait évaluer les perspectives d’avenir qu’à l’aune de l’aptitude politique des dirigeants des partis américains, l’horizon apparaîtrait très sombre.
Ce serait, en tout cas, une situation extrêmement dangereuse que celle d’un monde, dont la paix et le développement humain dépendraient de la volonté et des intérêts d’une seule et unique puissance. Cet impérialisme-là n’est plus concevable aujourd’hui.
L’Organisation des Nations unies a été conçue pour offrir au monde un cadre démocratique de gestion des relations internationales. Il faut y revenir honnêtement, loyalement; c’est la seule voie de salut.
Mais pour y ramener l’Amérique, c’est une autre histoire!... Il appartiendra aux Américains de l’écrire eux-mêmes s’ils réussissent à secouer le carcan où les enferment les prêcheurs du dimanche, armés de la Bible, pourfendeurs des “infidèles” et des “nègres” de toutes les espèces.
Au nombre des multiples sorties caractéristiques de la manière de s’exprimer de M. George W. Bush, il en est une qui date des lendemains du “11 septembre”, mais qui est, aujourd’hui, d’une actualité brûlante: “Pourquoi est-ce qu’on ne nous aime pas? Nous sommes pourtant tellement bons”, dit-il.
Les Américains, qui sont très forts en matière de statistiques et de sondages d’opinion, ont dû certainement trouver une réponse pour éclairer M. Bush. Mais, apparemment, cela n’a servi à rien puisque la politique de l’Administration Bush en Orient, proche et moyen, continue sur sa lancée provoquant tous les jours un peu plus de dégâts et produisant de plus en plus de haine.
Les mises en garde en provenance de tous bords ont été nombreuses; mais il n’en a jamais été tenu compte. Dès le début de cette année, un groupe d’anciens officiers de renseignement dirigés, notamment, par Raymond McGovern, adressait une lettre ouverte à M. Bush tirant la sonnette d’alarme. Ces éminents officiers retraités s’en prenaient aux analystes du Pentagone qui prétendaient que la guerre au terrorisme exigeait une guerre à l’Irak. “Nous pensons, au contraire, écrivaient-ils, qu’une invasion de l’Irak provoquerait le recrutement massif de terroristes pour un avenir indéfini. Loin d’éliminer la menace, elle la renforcerait exponentiellement”.
C’est bien ce qu’on voit maintenant. Mais c’est ce que, seul au monde, M. Bush avec son entourage de va-t-en-guerre, ne veut pas voir.
Parallèlement, en conformité parfaite avec cet aveuglement, M. Ariel Sharon, en Palestine, avec l’argent et les armes de l’Amérique, poursuit son œuvre de ruine et de mort, créant le terreau idéal pour de nouvelles générations de “kamikazes”, résistants ou terroristes, de quelque nom qu’on veuille les désigner.
Qui peut encore arrêter cette politique insensée?
Au nom de l’Europe, M. Romano Prodi a témoigné publiquement au Caire de son inquiétude et de son profond pessimisme devant la dégradation de la situation aussi bien en Irak qu’en Palestine.
Le constat est dramatique: la puissance qui détient les clés des deux situations, bloque toutes les issues par son obstination à vouloir en garder le contrôle exclusif. L’Europe et les Nations unies sont paralysées. Alors que Bush s’avère incapable de résoudre les problèmes, l’obstination américaine ne relève plus de l’analyse politique, mais de la psychanalyse ou de la psychiatrie.
Rien n’est plus symptomatique que l’attitude ouvertement critique prise récemment par le secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan. Cet honnête homme qui, au moment de sa première élection pour succéder à Boutros Boutros-Ghali (l’Egyptien qui ruait dans les brancards), passait pour un agent docile de la politique américaine, ne supporte plus maintenant la cécité des représentants de Washington. Ses réactions fermes sur le projet de résolution présenté par les Etats-Unis au Conseil de sécurité au sujet de l’Irak, sonnent comme un véritable mouvement de révolte.
Et l’on se dit que si un Kofi Annan lui-même éprouve comme un ras-le-bol, que doivent penser les autres?
L’espoir d’un changement fondamental à Washington à la faveur de l’élection présidentielle dans un an risque fort d’être illusoire. A supposer même, comme cela devient de plus en plus probable, que George W. Bush soit battu, on ne voit toujours pas quelle est la personnalité qui lui succédera et qui aurait assez d’envergure pour réorienter la politique internationale des Etats-Unis. Dans un pays aussi vaste et aussi divers, l’électorat n’est pas tellement sensible aux grands problèmes du monde. On ne le touche qu’au niveau du plus bas dénominateur commun. C’est ainsi que le côté simpliste de prises de position de George W. Bush au lendemain du “11 septembre” a pu valoir à celui-ci des taux exceptionnels d’opinions favorables frôlant parfois les 80%. Aujourd’hui, ses difficultés militaires en Irak le ramènent à moins de 50%.
Si l’on ne devait évaluer les perspectives d’avenir qu’à l’aune de l’aptitude politique des dirigeants des partis américains, l’horizon apparaîtrait très sombre.
Ce serait, en tout cas, une situation extrêmement dangereuse que celle d’un monde, dont la paix et le développement humain dépendraient de la volonté et des intérêts d’une seule et unique puissance. Cet impérialisme-là n’est plus concevable aujourd’hui.
L’Organisation des Nations unies a été conçue pour offrir au monde un cadre démocratique de gestion des relations internationales. Il faut y revenir honnêtement, loyalement; c’est la seule voie de salut.
Mais pour y ramener l’Amérique, c’est une autre histoire!... Il appartiendra aux Américains de l’écrire eux-mêmes s’ils réussissent à secouer le carcan où les enferment les prêcheurs du dimanche, armés de la Bible, pourfendeurs des “infidèles” et des “nègres” de toutes les espèces.