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ben
19/10/2003, 03h05
Mis en cause dans le Bloc-notes de BHL (n° 1621), l'intellectuel musulman Tariq Ramadan réagit.

La réponse de Bernard-Henri Lévy à mon article est surprenante par sa violence et ses excès, et, au demeurant, elle vient confirmer le sens même de mon propos. Sans prendre la peine de discuter mes thèses, on me renvoie un jugement définitif : je suis antisémite, la cause est entendue et tous les démocrates altermondialistes sont sommés de « prendre [leurs] distances ». J'avais avancé que certains intellectuels versaient dans une « réflexion dangereusement communautaire », mais nous observons ici un phénomène bien plus grave encore, puisqu'il s'agit de l'expression d'un pur « réflexe communautaire », du domaine du passionnel, de l'impensé et, au fond, incroyablement disproportionné. Il n'y a plus débat, il ne reste qu'invectives et insultes.

Passons très vite sur les remarques et allusions peu dignes me concernant. Non, Monsieur Lévy, je ne suis pas « imam ». Je peux comprendre votre difficulté à traiter avec moi d'égal à égal (vous avez pendant si longtemps été habitué à l'attitude paternaliste qui vous donnait le droit de penser pour les « jeunes beurs » ou les immigrés des banlieues, notamment avec SOS-Racisme), mais cela ne vous permet pas d'avancer des contre-vérités ou d'induire par allusion votre lecteur en erreur. « Formé à l'école des Frères musulmans », je serais forcément radical, et retors, et fanatique. Etre le petit-fils de mon grand-père serait donc en soi, et par déterminisme, un délit ? Oserai-je vous rappeler, cher M. Lévy, que Shah Massoud, dont vous vous êtes fait le chantre inconditionnel, est issu, et de façon ô combien plus militante que moi, de cette école ? Cette filiation ne prouverait rien quand vous louez un mort désormais silencieux et serait donc une circonstance aggravante et rédhibitoire quand un vivant vous critique ?

Passons. Je savais que M. Pierre-André Taguieff n'était pas juif avant même la publication du texte : on me l'avait dit et je l'avais vérifié. Je conviens que mon texte peut laisser sous-entendre le contraire et j'aurais dû l'indiquer très précisément. Soit, je prends acte et je regrette ce déficit dans ma formulation. L'essentiel de mon propos n'est pourtant pas là et vous le savez bien : j'affirme clairement qu'un certain nombre d'intellectuels, majoritairement juifs mais pas seulement, sont en train de nous imposer une lecture biaisée des enjeux politiques nationaux et internationaux. Les thèmes des banlieues, de la population d'origine maghrébine, du soutien à la Palestine jusqu'aux réflexions sur la guerre en Irak ou les alliances stratégiques sont abordés sans que l'on avoue clairement quels intérêts sont défendus, à savoir ceux du sionisme et d'Israël. Je n'ai par ailleurs jamais parlé ni de lobby juif ni de complot.

C'est à cela que j'aimerais que vous répondiez de façon claire et sans essayer de déplacer le débat. Je n'ai jamais laissé entendre que votre livre sur l'odieux assassinat de Daniel Pearl avait pour but unique de stigmatiser le Pakistan. Je constate seulement que votre enquête vous permet de chercher à mettre ce pays au ban de la civilisation : ne venez-vous pas d'écrire un article dans le Washington Post mettant en garde le gouvernement américain contre une alliance avec ce pays ? Votre enquête ne s'arrêtait donc pas aux causes de l'assassinat. Je ne suis pas un défenseur, tant s'en faut, du Pakistan, mais je constate seulement que votre récente prise de position est exactement dans la ligne du gouvernement israélien. C'est troublant. Vous avez, dites-vous, plus d'une fois exprimé ce qui vous séparait du gouvernement de Sharon : Monsieur, un esprit démocrate et empreint de justice ne se « sépare » pas de la politique de Sharon, il la condamne. Et sans contorsion intellectuelle.

Je n'ai cessé quant à moi de condamner l'antisémitisme dans mes livres, et notamment dans une « Tribune » du Monde (22 décembre 2001), comme je demeure un critique attentif des dérives dans le monde musulman. Je ne peux, ni ne veux, accepter aucune démarche sélective. S'il faut saluer votre courage quant à la dénonciation des horreurs du monde (à Sarajevo, en Afghanistan, au Pakistan, etc.), on ne peut qu'être révolté par votre aveuglement et votre manque d'objectivité vis-à-vis d'Israël. C'est le cas de tous les intellectuels que j'ai cités. Tel est le sens de ma critique : vous avez rapproché mon texte de l'odieux « Protocole des sages de Sion ». Ailleurs, Alain Finkielkraut avait parlé en France de nouvelles « nuits de cristal » pour dénoncer les actes antisémites. Etes-vous seulement conscient de la portée de vos propos ? Qu'elle est effrayante et dangereuse, cette façon de verser dans l'excès et de passionner le débat avec l'intention, au fond, de l'éviter !

Tariq Ramadan

Chipalo
19/10/2003, 03h28
Tariq Ramadan est notoirement connue par tout les specialistes et gens au courant pour tenir un double discours... devant les européens, il parle de paix et de fraternité, mais devant une assistance islamiste, il prone le Djihad sans concession...

D'ailleurs, en bon descendant du fondateurs des "freres musulmans", il me semble qu'il est un des inspirateurs des discours des parolier d'Al Qaïda...

La haine est d'ailleurs inscrite sur son visage, son hyprocrie transperce son sourire... mais surtout, de par ses gester, on sent qu'il retient ce qu'il a dans le ventre... mais pour develloper cela, il faudrait un bon psychologue specialiste de la gestuelle...

ben
19/10/2003, 04h25
Tariq Ramadan est notoirement connue par tout les specialistes et gens au courant pour tenir un double discours... devant les européens, il parle de paix et de fraternité, mais devant une assistance islamiste, il prone le Djihad sans concession...

D'ailleurs, en bon descendant du fondateurs des "freres musulmans", il me semble qu'il est un des inspirateurs des discours des parolier d'Al Qaïda...

La haine est d'ailleurs inscrite sur son visage, son hyprocrie transperce son sourire... mais surtout, de par ses gester, on sent qu'il retient ce qu'il a dans le ventre... mais pour develloper cela, il faudrait un bon psychologue specialiste de la gestuelle...


Il faut voir l'altercation d'anthologie entre Tariq Ramadan et Claude Askalovitch sur France 2 dans l'émission "tout le monde en parle" de Thierry Ardisson (France 2). Je pense que vous pourrez voir ça sur TV5. Cet Askalovitch qui prétend être un laïque républicain est le fouille-***** du Nouvel Observateur qui a déniché sur un site altermondialiste l'article de Tariq Ramadan à l'origine
de la polémique. Ce qu'il faut savoir c'est que l'article en question a essuyé un refus de publication dans Libération (où pourtant Tariq a l'habitude de publier) et Le Figaro.

Je souhaite vivement que vous puissiez voir cette altercation sur TV5 (si elle est re-diffusée sur cette chaine) pour pouvoir admirer de visu le sang-froid de Tariq et surtout, au-delà de l'éloquence qu'on lui connait (et que lui reprochent Askalovitch, BH Lévy et consorts quand ils sont à court d'arguments), son sens inné de toujours avoir le dernier mot, un dernier mot qui visiblement convainc l'audience.

Bravo Tariq, nous manquons cruellement de tes clones !!! Il faut absolument que d'autres Tariq émergent... et vite car LE TEMPS PRESSE !!!

:canape:

cherchemidi
19/10/2003, 06h57
Tariq Ramadan est notoirement connue par tout les specialistes et gens au courant pour tenir un double discours... devant les européens, il parle de paix et de fraternité, mais devant une assistance islamiste, il prone le Djihad sans concession...

D'ailleurs, en bon descendant du fondateurs des "freres musulmans", il me semble qu'il est un des inspirateurs des discours des parolier d'Al Qaïda...

La haine est d'ailleurs inscrite sur son visage, son hyprocrie transperce son sourire... mais surtout, de par ses gester, on sent qu'il retient ce qu'il a dans le ventre... mais pour develloper cela, il faudrait un bon psychologue specialiste de la gestuelle...

-Je n'ai rien à ajouter à ta présentation : le type même de l'islamiste rampant et insidieux ; ultra dangereux ! et un tel nom, ça ne s' invente pas !

zombretto
19/10/2003, 12h29
-Je n'ai rien à ajouter à ta présentation : le type même de l'islamiste rampant et insidieux ; ultra dangereux ! et un tel nom, ça ne s' invente pas !

.... plus dangereux que lui, ce sont ceux qui lui ouvrent les tribunes des teles francaises.
.... est qu'on laisserait B.H.L. s'exprimer a la tele des melons ?
:)

tartuffe
19/10/2003, 13h19
.... plus dangereux que lui, ce sont ceux qui lui ouvrent les tribunes des teles francaises.
.... est qu'on laisserait B.H.L. s'exprimer a la tele des melons ?
:)



Si en France il existe bien un guignol, c’est BHL… l’entarté … il le fut plusieurs fois visiblement n’aime pas çà alors qu’il a bien une tronche a se faire entarter
Non si un jour il devait y avoir un Français a qui ‘’ ils’’ ouvrent les micros de grâce pas a lui !!nous passerions pour des beaux cons …

Il est contre tous les intérêts de la France… que dire sur ses diatribes aux sujet du passé colonial de la France … mais devient intarissable de doucereuses remarques quand il s’agit d’Israël.. et de ses agissements, qui faut bien admettre n’est pas toujours emprunts de justice alors un peu de retenue… monsieur BHL guignol de cirque… il devrait se retirer dans le Néguev pour y cultiver des melons :8) :mia~

Sioux
19/10/2003, 13h49
Rafraichissement de memoire.


BHL a été reçu par l' Algerie officielle , il y a quelques années.
Si je me trompe pas , c'etait du temps de Zeroual.


Et au maroc où il a une maison depuis peu, il pourrait sans trop de difficulté obtenir une interview ou faire article.


La télé des melons surtout ceux d'Afrique du Nord n'est pas inaccessible pour BHL , Monsieur Zombretto.

Excalibur
19/10/2003, 14h56
Mis en cause dans le Bloc-notes de BHL (n° 1621), l'intellectuel musulman Tariq Ramadan réagit.

La réponse de Bernard-Henri Lévy à mon article est surprenante par sa violence et ses excès, et, au demeurant, elle vient confirmer le sens même de mon propos. Sans prendre la peine de discuter mes thèses, on me renvoie un jugement définitif : je suis antisémite, la cause est entendue et tous les démocrates altermondialistes sont sommés de « prendre [leurs] distances ». J'avais avancé que certains intellectuels versaient dans une « réflexion dangereusement communautaire », mais nous observons ici un phénomène bien plus grave encore, puisqu'il s'agit de l'expression d'un pur « réflexe communautaire », du domaine du passionnel, de l'impensé et, au fond, incroyablement disproportionné. Il n'y a plus débat, il ne reste qu'invectives et insultes.

Passons très vite sur les remarques et allusions peu dignes me concernant. Non, Monsieur Lévy, je ne suis pas « imam ». Je peux comprendre votre difficulté à traiter avec moi d'égal à égal (vous avez pendant si longtemps été habitué à l'attitude paternaliste qui vous donnait le droit de penser pour les « jeunes beurs » ou les immigrés des banlieues, notamment avec SOS-Racisme), mais cela ne vous permet pas d'avancer des contre-vérités ou d'induire par allusion votre lecteur en erreur. « Formé à l'école des Frères musulmans », je serais forcément radical, et retors, et fanatique. Etre le petit-fils de mon grand-père serait donc en soi, et par déterminisme, un délit ? Oserai-je vous rappeler, cher M. Lévy, que Shah Massoud, dont vous vous êtes fait le chantre inconditionnel, est issu, et de façon ô combien plus militante que moi, de cette école ? Cette filiation ne prouverait rien quand vous louez un mort désormais silencieux et serait donc une circonstance aggravante et rédhibitoire quand un vivant vous critique ?

Passons. Je savais que M. Pierre-André Taguieff n'était pas juif avant même la publication du texte : on me l'avait dit et je l'avais vérifié. Je conviens que mon texte peut laisser sous-entendre le contraire et j'aurais dû l'indiquer très précisément. Soit, je prends acte et je regrette ce déficit dans ma formulation. L'essentiel de mon propos n'est pourtant pas là et vous le savez bien : j'affirme clairement qu'un certain nombre d'intellectuels, majoritairement juifs mais pas seulement, sont en train de nous imposer une lecture biaisée des enjeux politiques nationaux et internationaux. Les thèmes des banlieues, de la population d'origine maghrébine, du soutien à la Palestine jusqu'aux réflexions sur la guerre en Irak ou les alliances stratégiques sont abordés sans que l'on avoue clairement quels intérêts sont défendus, à savoir ceux du sionisme et d'Israël. Je n'ai par ailleurs jamais parlé ni de lobby juif ni de complot.

C'est à cela que j'aimerais que vous répondiez de façon claire et sans essayer de déplacer le débat. Je n'ai jamais laissé entendre que votre livre sur l'odieux assassinat de Daniel Pearl avait pour but unique de stigmatiser le Pakistan. Je constate seulement que votre enquête vous permet de chercher à mettre ce pays au ban de la civilisation : ne venez-vous pas d'écrire un article dans le Washington Post mettant en garde le gouvernement américain contre une alliance avec ce pays ? Votre enquête ne s'arrêtait donc pas aux causes de l'assassinat. Je ne suis pas un défenseur, tant s'en faut, du Pakistan, mais je constate seulement que votre récente prise de position est exactement dans la ligne du gouvernement israélien. C'est troublant. Vous avez, dites-vous, plus d'une fois exprimé ce qui vous séparait du gouvernement de Sharon : Monsieur, un esprit démocrate et empreint de justice ne se « sépare » pas de la politique de Sharon, il la condamne. Et sans contorsion intellectuelle.

Je n'ai cessé quant à moi de condamner l'antisémitisme dans mes livres, et notamment dans une « Tribune » du Monde (22 décembre 2001), comme je demeure un critique attentif des dérives dans le monde musulman. Je ne peux, ni ne veux, accepter aucune démarche sélective. S'il faut saluer votre courage quant à la dénonciation des horreurs du monde (à Sarajevo, en Afghanistan, au Pakistan, etc.), on ne peut qu'être révolté par votre aveuglement et votre manque d'objectivité vis-à-vis d'Israël. C'est le cas de tous les intellectuels que j'ai cités. Tel est le sens de ma critique : vous avez rapproché mon texte de l'odieux « Protocole des sages de Sion ». Ailleurs, Alain Finkielkraut avait parlé en France de nouvelles « nuits de cristal » pour dénoncer les actes antisémites. Etes-vous seulement conscient de la portée de vos propos ? Qu'elle est effrayante et dangereuse, cette façon de verser dans l'excès et de passionner le débat avec l'intention, au fond, de l'éviter !

Tariq Ramadan

Qu'est ce que BHL a répondu?

ben
19/10/2003, 15h15
Qu'est ce que BHL a répondu?

Wait & See ...;)

ben
19/10/2003, 15h37
L’ère du soupçon


Un texte controversé de l’intellectuel musulman Tariq Ramadan a suscité une avalanche de réactions hostiles. André Glucksmann crie à l’antisémitisme. BHL adjure les altermondialistes de prendre leurs distances. Même si le texte contient des maladresses, on ne les suivra pas sur ce terrain.


Les articles de presse roulent parfois avec la simultanéité d’une salve d’artillerie. Dans ce qu’il faut bien à présent appeler l’« affaire Ramadan », l’emballement chronologique est à cet égard édifiant. Le 3 octobre, l’intellectuel musulman Tariq Ramadan adresse un texte de son cru sur une liste de discussion d’Internet préparant le Forum social européen de novembre (lire ce texte dans son intégralité dans Politis n° 771). Six jours plus tard, Le Nouvel Observateur publie sous la signature de Claude Askolovitch (encore lui !) un article qui s’ouvre sur cette sobre interrogation : « Peut-on être altermondialiste et antisémite ? » Le lendemain, 10 octobre, Bernard-Henri Lévy consacre la totalité de son bloc-notes dans Le Point, à « l’imam genevois » qu’il définit abruptement comme « l’un des porte-parole des courants les plus durs de l’islam européen » (sic) (1). Le 11, c’est Libé qui leur fait écho sous un titre à l’emporte-pièce : « Des relents d’antisémitisme sur la toile altermondialiste ». Le même jour, l’éditorialiste du Figaro Magazine, Joseph Macé-Scaron, ferme (provisoirement ?) le ban en s’indignant : « Une autre personnalité que Tariq Ramadan serait immédiatement sommée de s’expliquer. » Macé-Scaron n’a d’ailleurs pas tort : Ramadan n’a pas été « sommé » de s’expliquer ; il a été condamné sans autre forme de procès. Quant aux lecteurs, aux nombreux lecteurs de ces publications par ailleurs fort honorables, ils n’auront guère eu l’occasion de se forger une opinion, sauf à aller visiter eux-mêmes la liste de discussion du Forum social européen. Bizarre. Nulle part en effet, hormis dans Le Monde, qui en fit d’ailleurs une analyse infiniment plus nuancée (et sollicita une réaction de Ramadan lui-même), le texte incriminé n’aura été reproduit. Ce qui fraie la voie à une désinformation très fâcheuse. Quelle idée par exemple peut se faire le lecteur de L’Obs lorsqu’il lit sous la plume d’André Glucksmann, invité à dire très fort ce que le journaliste Claude Askolovitch n’avait fait que suggérer, ces lignes définitives : « Ce qui est étonnant, ce n’est pas que monsieur Ramadan soit antisémite, mais qu’il ose désormais se revendiquer comme tel. ». Nous sommes là au fond du gouffre. Au nom de quoi le fiévreux philosophe peut-il, dans un journal sérieux, affirmer une pareille contre-vérité ? Non seulement Ramadan proclame qu’il n’est pas antisémite, mais il affirme en toutes circonstances que la lutte contre la judéophobie est sa priorité (il l’a écrit dans plusieurs tribunes, voir notamment Le Monde du 23 décembre 2001). On peut certes interpréter ses propos, ou les juger insincères, éventuellement vouloir en démonter les ressorts supposés cachés, mais on ne peut les travestir à ce point. Le brûlot de Glucksmann, c’est d’ailleurs l’arroseur arrosé. S’il ne « trouve pas étonnant que Ramadan soit antisémite », c’est au nom de quel présupposé ? Au nom de quel préjugé s’agissant d’un homme qui a toujours affirmé le contraire ?

La promptitude de la riposte et son excessive violence ne facilitent pas le débat. À lire Glucksmann ou BHL osant comparer le texte de Ramadan au pamphlet antisémite le Protocole des Sages de Sion, on éprouve à notre tour un certain malaise. Le choeur des outragés jetterait-il par avance l’opprobre sur quiconque oserait prolonger avec un l’intellectuel musulman un dialogue jusqu’ici fructueux ? S’agit-il de miner le futur Forum social européen qui s’annonce comme un succès ? La marque d’infamie posée sur le front de Ramadan est toute prête à resservir. Mais que dit Ramadan de si extraordinaire ? Il accuse certains intellectuels « juifs français », ou « nationalistes », « de développer des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire qui tend à relativiser la défense des principes universels d’égalité ou de justice » (2). Il leur reproche une indignation sélective. Or, c’est un fait que l’on n’a pas souvenir d’avoir beaucoup entendu Finkielkraut, Adler, BHL ou encore Taguieff condamner la politique de répression de Sharon. Et lorsque Askolovitch s’indigne que l’on puisse décrire Finkielkraut comme « un défenseur de Sharon », on a envie de le mettre au défi de nous apporter la preuve du contraire. Depuis trois ans que le conflit au Proche-Orient exporte ses peurs et ses haines, nous n’en trouvons pas t****. De même, beaucoup de ces intellectuels gagneraient en efficacité dans leur lutte contre l’antisémitisme s’ils s’inspiraient de l’exemple de Théo Klein. Pour l’ancien président du Crif, « c’est une erreur de sortir la violence antijuive de son contexte général avec l’air de dire : "Quand ça touche les autres, ça ne nous intéresse pas." » Cessons donc de nous effaroucher quand Ramadan ne dit au fond qu’une évidence : il n’y a pas parmi les intellectuels qu’il prend à partie un seul qui ait le courage d’un Avraham Burg, l’ancien président de la Knesset, demandant à son pays de se retirer des territoires « sans mégoter ». Tous donnent le désagréable sentiment de défendre un corps de doctrine homogène qui ressemble à s’y méprendre au choc des civilisations cher aux néoconservateurs américains : soutien à la manière forte de Bush et Sharon, et en France, croisade contre le voile, comme si la laïcité tout entière en dépendait. Ajoutons à cela une sainte détestation de l’altermondialisme (José Bové fut longtemps leur cible favorite). Il est vrai que le mouvement altermondialiste, si divers, se retrouve sur des grands principes comme l’anticolonialisme. Il soutient le droit des Palestiniens à un État dans les frontières de 1967. Il est antiguerre sinon pacifiste. Surtout quand la guerre est notoirement une guerre de conquête, au profit des grands pétroliers, ou pour étendre le système libéral. Il fut à l’origine de la mobilisation contre la guerre d’Irak. Et sa grille de lecture est sociale. Pour les militants altermondialistes, les violences du monde n’ont pas d’autres causes que les déséquilibres que génère la société libérale. Il ne propose pas d’explications endogènes ou religieuses. Il refuse les murs, les grandes fractures civilisationnelles, les lignes Maginot. Il va au contact, se mêle, se mélange. Et cela ne va pas sans risque. Les partisans des murs, des exclusions, et de tous les anathèmes auront toujours beau jeu de traquer dans la manifestation la banderole ou le mot d’ordre qui feront scandale * et qu’il faut en effet condamner avec force. À l’image de ces militants de l’organisation de jeunesse sioniste Hashomer Atzaïr qui tentèrent de discréditer le forum social de Berlin, au printemps dernier, parce qu’ils avaient aperçu un tee-shirt, porté par un militant, amalgamant stupidement sionisme et nazisme.

Comment donc sortir par le haut d’un débat si mal engagé ? Comment faire bouger les lignes ? En évitant certes des écueils que Tariq Ramadan n’évite pas toujours dans son texte. En évitant les énumérations, sinon les amalgames. La preuve : Bernard-Henri Lévy ne fut pas favorable à la guerre d’Irak. En évitant de prêter des arrière-pensées. Le soupçon est dans le débat public le pire des poisons. Le livre de BHL retraçant le drame du journaliste américain Daniel Pearl, assassiné par des islamistes pakistanais parce que journaliste, parce qu’Américain, et parce que juif, est un grand livre. Et c’est l’honneur de son auteur de l’avoir écrit. Et qu’importe si son reportage a pu rejoindre des considérations stratégiques, mêmes israéliennes. En évitant enfin d’interroger trop intimement les motivations de nos actes. La part du repli communautaire n’est sans doute pas négligeable dans le refus de toute critique publique à Israël. Mais la plupart des intellectuels épinglés par Ramadan sont aussi, et peut-être surtout, des membres du « parti de l’ordre ». Il se peut que Sharon soit à leurs yeux l’incarnation de l’État, qu’il représente la force et, au même titre que Bush ou Sarkozy, un idéal sécuritaire dans un monde en état de guerre. Ils se trompent sans aucun doute. Notre conviction, c’est que c’est leur stratégie et leurs peurs qui amènent l’insécurité. Pour notre part, nous continuerons de dialoguer avec Tariq Ramadan, de le publier le cas échéant, sans céder aux injonctions de BHL qui adjure le mouvement altermondialiste de « prendre ses distances » avec l’intellectuel musulman (a-t-on songé un seul instant à demander à BHL de rompre avec Finkielkraut parce que celui-ci avait loué le pamphlet islamophobe, et authentiquement raciste celui-là, d’Oriana Fallaci ?). Précisément, ce qui nous intéresse dans la démarche de Ramadan, c’est la volonté de sortir les jeunes musulmans des organisations communautaires, et de les encourager à s’inscrire dans le mouvement social (3). Au mouvement altermondialiste de fixer les règles de cette participation. Mais c’est une autre affaire.

Sioux
19/10/2003, 16h51
Tes sources Ben ?


De mon côté je dis et redis que le conflit Israelo /Palestinien est avant tout une
quête de souveraineté politique sur un territoire.
De toute façon , en l'etat actuel ,l' insecurité est partout dans cette region, et avec les armes d' aujourd'hui (l' argument de zone tampon est une mascarade pour justifier une annexion d'une partie de la cis jordanie ) .

Il faut une souveraineté politique nette pour chacune des parties.
Il faut du " grain à moudre" pour être armé afin de désamorcer la folie.
Il faut un retrait israelien et à ce moment là , Arafat sera au pied du mur et sera reconnu à Israel une legitimité à se défendre , légitimité qui lui est pas accordé aujourd'hui de maniere nette par les uns et confusement par les autres.

Ce que je dis , beaucoup le disent depuis des decennies.

Le retrait unilateral israelien a toujours eu la preference d'Arafat ,ainsi il
n' apparait pas comme un bradeur , alors que c'est le cas aux yeux de certains si la paix/ partage est signée par negociations.
Pour Arafat et Sharon , negocier c'est aussi renoncer à "la Palestine libéréé jusqu'à la mer" d'une part et "au Grand Israel de Tel Aviv au Jourdain ".

Faut faire passer ça dans l' opinion et c'est pas facile.

Mais il faudra bien partager.



Ce conflit n'est pas ce que certains, de plus en plus nombreux, veulent faire croire , à savoir, un conflit de religion.

Et reprenant les mots de la diplomatie française , le fanatisme islamique usurpe des revendications legitimes.

Comme Belhadj a su cueillir , et usurpe des problèmes et des attentes de nombreux Algeriens.

ben
19/10/2003, 17h42
Tes sources Ben ?



http://www.politis.fr/article.php3?id_article=716

thament
19/10/2003, 18h30
La paix se fait à deux.
Pour y parvenir, il faudrait peut-être qu'Israël songe en 2004, à accepter d'appliquer intégralement la Résolution des Nations Unies de 1948, qui l'ont créé et comprenne enfin que la violation de la légalité internationale ne peut conduire qu'à l'impasse.
C'est peut-être aussi vrai que tant qu'il y aura du pétrole au Moyen Orient, les USA, auront toujours besoin d'une base nucléaire (Israël), pour veiller sur le pactole et les gisements et maintenir les pays de la région sous dépendance et en état de guerre permanente.
En effet, tant que durera l'état d'insécurité des pays du Moyen Orient, les peuples de ces pays demeureront sous la botte des rois, cheikhs, émirs et "présidents-militaires" affectés à confiner les peuples arabes soumis à la quête du minimum de liberté possible, à la négociation avec les adjudants de quartier pour avoir le "droit de travailler" et d'élever une famille, et enfin de jouir de la vie à condition de ne rien voir de ce qui est la cause principale de leur arriération.
C'est à dire, l'utilisation des revenus pétroliers pour être investis en Occident, et en Israël (par le jeu des banques), au détriment des pays arabes lesquels ne jouent que le simple rôle de consommateurs importateurs.

Mais, vous me direz pourquoi donc dans ces conditions Israël, accepterait-il de mettre fin à l'état de "ni guerre ni paix", si le sous-développement de ses voisins est dans ses intérêts ?

La réponse est à trouver peut-être dans le manque d'enthousiasme de plus en plus marquant des jeunes israéliens pour le sionisme, et c'est bien cela qui ruine les calculs du Likoud, justement et des mouvements intégristes qui ont rongé de l'intérieur la société israélienne, qui est en fait plus malade que ne veut bien le laisser paraître la propagande sioniste, et les relais médiatiques occidentaux, en témoignent les mouvements d'officiers qui refusent de lancer leur bombes génocidaires sur les populations palestiennes.

Bush est encore plus malade quand il voit que malgré ses subsides à Israël, malgré l'allié dans le crime abjecte que constitue Sharon, il ne peut juguler ni la résistance du peuple afghan, ni celui d'Irak, ni encore moins le peuple palestinien, qui le nargue en se montrant fidèle au symbole de la résistance palestinienne, Arafat, et ce, quelque soient les appréciations objectives à son endroit de son Peuple.

Alors, de grâce, ne jugeons pas la victime Palestine, mais demandons plutôt que les USA et Israël, appliquent la "LEGALITE INTERNATIONALE" et mettent fin à leur TERRORISME d'ETAT: "La raison du plus fort, il est vrai est toujours la meilleure", mais alors de grâce, cessons de traiter les résistants palestiniens de kamikaze ou encore de terroristes.
Le terroriste est bien celui qui fait fi du DROIT, et impose son diktat par la bombe, les avions, les chars.... et le véto au Conseil de sécurité en contradiction et en violation de la raison d'être de l'ONU....

ben
19/10/2003, 18h46
La paix se fait à deux.
Le terroriste est bien celui qui fait fi du DROIT, et impose son diktat par la bombe, les avions, les chars.... et le véto au Conseil de sécurité en contradiction et en violation de la raison d'être de l'ONU....

Bonjour camarade, ...:p


:bang:

HAMMAM-CHATT, UN 1er OCTOBRE 1985…Un crime impuni

Le 1er octobre 1985, la Tunisie a été victime d’un raid israélien visant le QG de l’OLP qui avait élu domicile, depuis son départ forcé de Beyrouth en septembre 1982, à Hammam-Chatt situé à 28 kilomètres au Sud de la Capitale. Ce raid a été qualifié de “ violation inadmissible des règles du droit international ” et d’“acte de terrorisme d’Etat ” et condamné vivement tant par les Tunisiens que par la communauté internationale, à l’exception des Etats-Unis. Le “ revirement ” de l’Administration Reagan a abouti à l’abstention américaine au Conseil de Sécurité. La résolution adoptée, tout en condamnant l’acte d’agression israélien, a estimé que la Tunisie a droit à des réparations.

Dix-huit années se sont écoulées depuis le 4 octobre 1985, date de l’adoption de la Résolution 573. Qu’est-il alors advenu de ce texte qui fut salué à l’époque comme un “ triomphe ” de la diplomatie tunisienne?



Dans la matinée du mardi 1er octobre 1985, Tunis était sous l’effet de grondements effrayants et de bruits assourdissants d’explosions retentissant dans sa banlieue Sud. Des bombardements aériens de l’aviation israélienne pleuvaient sur les installations palestiniennes de Borj Cedria, larguant, à quelques minutes d’intervalle, leurs bombes d’un poids de 2.000 à 2.500 pounds (un pound = 400 gr environ) selon certaines sources, et de 1.000 pounds selon la lettre du gouvernement tunisien au Conseil de Sécurité de l’ONU. Huit mirages volant à basse altitude avaient effectué, de leurs bases, 4.800 kilomètres aller-retour.

Un spectacle de désolation et d’horreur

Trois assauts successifs de l’aviation de Tsahal accomplis avec une telle précision qu’après quelques poussières de minutes, il ne subsistait plus rien du QG de l’OLP transformé en champ de ruines. Une fumée emplissant le ciel d’où des avions, avant de disparaître, larguaient des ballons-leurres destinés à déjouer la défense aérienne. Bâtiments en miettes, voitures brûlées. Le quotidien Le Temps avait titré dans son édition du 2 octobre : “ Des décombres… des cadavres. La mort est passée par là ” et décrit comme suit le spectacle désolant : “ Chaussées défoncées, arbres jonchant le sol, voitures calcinées, pans de murs parsemés d’éclats et plusieurs bâtiments complètement rasés, c’est ce qu’ont laissé derrière eux les six F16 israéliens qui ont pilonné hier matin, la paisible localité de Hammam-Plage, siège du commandement de la Résistance palestinienne ”. De nombreuses victimes tunisiennes et palestiniennes gisaient à ras le sol et sous les décombres. L’hebdomadaire français L’Express rapportait, dans sa livraison du 11 octobre, la panique et l’affolement de la population : “ Des cris surgissent de partout. Des mourants et des morts, déshabillés par le souffle, ont le corps noirci de brûlures… ”. “ Mon fils a été décapité ”, s’écria la mère de Mahjoub Jellab tué à l’âge de 16 ans “ complètement décapité, et la jambe gauche arrachée par les effets des éclats de bombes ”, assura, au quotidien Le Temps, la mère qui a fini par retrouver son fils à la morgue de l’hôpital Habib Thameur décrite par Jeune Afrique (du 16 octobre) comme “ un vulgaire frigo de boucherie ” où “ gît (parmi d’autres) un jeune corps serré dans un jeans, le crâne fracassé ” ; “ des membres épars, bras et jambes, censés lui appartenir, sont amassés au pied de la civière ”. Une horreur indicible.

Un raid de représailles

L’opération-exploit revendiqué par Israël, tout comme le fameux raid d’Entebbe de 1976, en Ouganda (à 3.500 km de Tel-Aviv) pour libérer des Israéliens retenus par des pirates de l’air, avait été considérée à cette époque comme “ haut fait du palmarès de Tsahal ” et comme “ un des raids de représailles les plus spectaculaires jamais effectués par l’aviation israélienne ”. Elle surprit plus d’un observateur par sa prouesse technique, sa précision et sa rapidité et fut qualifiée par la presse occidentale comme “ le raid le plus audacieux de l’histoire ” israélienne. “ Tous les avions israéliens ont regagné leur base, indemnes. Les pilotes ont déclaré avoir atteint avec précision leurs objectifs ”, a précisé le communiqué du commandement militaire israélien. Le cynisme des commanditaires de cette opération avait alors suscité de nombreuses réactions des capitales occidentales et arabes ainsi qu’une vague d’indignations et de protestations à travers le pays, voire dans les rangs des étudiants destouriens que Bourguiba aurait autorisés à manifester leur mécontentement. Selon le quartier général israélien, ce raid, minutieusement préparé, était une riposte contre l’attentat commis le 25 septembre, le jour du Yom Kippour, fête du Grand pardon, à Larnaca (Chypre), contre trois plaisanciers israéliens et revendiqué par la Force 17. Il visait les locaux ex-territoriaux dont l’OLP disposait à Tunis : le bureau de Arafat, un autre abritant le Q.G. du Fatah et un troisième abritant le bureau de la Force 17, le service secret de l’OLP qu’Israël accusait d’être responsable de l’attentat de Larnaca. Et même si Rabbin avait tenu à préciser que l’opération israélienne ne visait ni la Capitale tunisienne, ni une éventuelle confrontation avec le Président Bourguiba, la Tunisie, se sentant humiliée et agressée dans sa souveraineté, déposa une plainte au Conseil de Sécurité qu’elle saisit d’urgence et engagea une bataille diplomatique auprès de l’ONU visant à obtenir la condamnation de l’Etat d’Israël ainsi que des “ réparations appropriées comme suite aux pertes en vies humaines et aux dégâts matériels dont elle a été victime ” (Voir texte de la Résolution) tout en agitant la menace de sanctions obligatoires. Pour Béji Caïd Essebsi, alors ministre des Affaires Etrangères, il s’agissait d’un “ acte de terrorisme ” contre une “ zone urbaine où résident des familles tunisiennes et un nombre réduit de civils palestiniens ”.

La Tunisie à l’ONU

La question qui préoccupait le Président Bourguiba, ami fidèle des Etats-Unis, demeurait la position de ce pays vis-à-vis du raid et le véto américain appréhendé à un moment où l’opposition, toutes tendances confondues, reprochait au gouvernement son alliance avec Washington et exigeait la rupture des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, où le sentiment anti-américain se renforçait dans l’opinion publique exaspérée par le manquement des médias vis-à-vis de la couverture de la tragédie (voir communiqué de la LTDH du 1er octobre, signé par Dr Slahedduine Zmerli) et où le différend avec la Libye ainsi que la situation sociale du pays risquaient de mettre le feu aux poudres. La Maison-Blanche avait en effet approuvé, le jour même, le raid israélien le qualifiant de “ légitime contre des actes de terrorisme ”. “ Pour la politique des Etats-Unis, des représailles contre des attaques terroristes sont une réponse légitime et une expression d’autodéfense. D’après les informations préliminaires dont nous disposons, cela semble être le cas ”, a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Larry Speakes qui a tenu à ajouter à la fin de sa déclaration “ que par principe, une réponse appropriée à des actes de terrorisme est un acte légitime d’autodéfense ” (AFP, Washington). Le Président Bourguiba “ inquiet ” et “ préoccupé ” par “ le rôle qu’auraient joué les Etats-Unis dans l’opération entreprise par l’aviation israélienne ” et “ étonné ” par “ la position américaine adoptée à la suite de la lâche agression israélienne contre la république tunisienne ”, aurait déclaré à l’ambassadeur américain à Tunis qu’il avait convoqué le lendemain de l’agression, après l’approbation américaine du raid israélien : “ Je suis dans la situation d’un homme qui a toujours cru à la fidélité de son épouse, qui découvre au terme de cinquante années qu’il a été trompé, et qui se demande s’il n’a pas été trompé depuis le début ” (Le Quotidien de Paris, 4/10/85) et demandé des Etats-Unis de “ reconsidérer leur position négative et inattendue vis-à-vis de cette agression, position qui est en contradiction avec la loi et la morale ” (Déclaration de Mahmoud Mestiri du 2/10/85). Béji Caïd Essebsi avait, de son côté, affirmé que la Tunisie saurait “ tirer les conclusions ” du soutien apporté par la Maison-Blanche au raid israélien. Répondant à la demande expresse du Président Bourguiba, Washington a fini par “ réviser ” son évaluation. Tout en exprimant sa “ compréhension ” envers l’opération israélienne présentée comme une “ expression d’autodéfense”, la Maison-Blanche s’est abstenue de reprendre ses affirmations du 1er octobre présentant le raid comme “ légitime ”. “ Une révision qui n’est pas un revirement, mais nuance les termes de la première prise de position. Le porte-parole de la Maison-Blanche a d’ailleurs nié toute modification de l’attitude américaine ”, commentait le journal Le Soir (3/10/85).

La résolution 573 (1985)

Suite à des négociations à propos du texte de la Résolution aboutissant à l’absence de mention relative aux Palestiniens et de condamnation explicite de l’auteur de l’agression (Israël), aux pressions américaines internes et à la position de condamnation ferme des Européens ainsi qu’à l’intervention du Président Bourguiba, les Etats-Unis optèrent pour l’abstention. Le texte de la résolution adoptée était en réalité en-deça par rapport au projet initial présenté par la Tunisie et qui réclamait une condamnation très ferme de l’agresseur et de l’acte de l’agression, des compensations financières pour les dommages subis et des mesures à l’encontre d’Israël pour éviter la répétition de cette agression (AFP, 3/10/85). A cela, Mahmoud Mestiri répondit : “ Certes, nous aurions souhaité la condamnation directe d’Israël, mais plusieurs pays occidentaux et même latino-américains et pas seulement les Etats-Unis ont toujours été réticents pour accepter une formulation qui revêt, de leur point de vue, des implications politiques et juridiques complexes ” (Réalités du11/10/85). Toutefois, cette “ victoire ” diplomatique de la Tunisie avait désamorcé quelque peu la crise si bien qu’on exhala dans les milieux officiels un souffle de soulagement. Mais elle ne manqua pas de provoquer une réaction d’hostilité de la part d’Israël qui, dans une déclaration du 21 novembre 1985 dont elle demanda l’intégration dans le rapport du Secrétaire Général sur l’application de la résolution 573 (1985), avait considéré le texte comme “ totalement inacceptable ”, et en particulier, avait rejeté “ l’usage impropre des termes “ acte d’agression ” et “ acte d’agression armée ”.

Deux mois plus tard, en décembre 1985, la Tunisie a présenté à l’ONU un rapport détaillé des dégâts causés par le raid israélien. Dans ce rapport de 127 pages, élaboré par une commission d’enquête spéciale constituée par le gouvernement tunisien, la Tunisie a avancé le chiffre de 68 victimes ayant trouvé la mort (50 réfugiés palestiniens et 18 citoyens tunisiens) et la somme de 5.432.125 dinars (un peu plus de 6 millions de dollars) évaluant les dégâts matériels du raid. Le gouvernement tunisien se réservait “ le droit de réclamer des dommages et intérêts pour violation de sa souveraineté et atteinte à son développement économique et social ”, compte tenu du fait que, selon la Commission, il était impossible d’évaluer l’ampleur du préjudice subi (AFP, 5-12-1985).

L’histoire retiendra -hélas- que cette résolution estimant que la Tunisie a droit à “ des réparations appropriées suite aux pertes en vies humaines et aux dégâts matériels dont elle a été victime ” et adoptée par 14 voix et une abstention (Etats-Unis), est désormais restée lettre morte. Dix-huit ans après, les Tunisiens attendent toujours l’application de la résolution 573 qui fut votée après moult efforts et d’âpres négociations, un vendredi soir d’un 4 octobre 1985…

zombretto
19/10/2003, 23h24
Si en France il existe bien un guignol, c’est BHL… l’entarté … il le fut plusieurs fois visiblement n’aime pas çà alors qu’il a bien une tronche a se faire entarter
Non si un jour il devait y avoir un Français a qui ‘’ ils’’ ouvrent les micros de grâce pas a lui !!nous passerions pour des beaux cons …

Il est contre tous les intérêts de la France… que dire sur ses diatribes aux sujet du passé colonial de la France … mais devient intarissable de doucereuses remarques quand il s’agit d’Israël.. et de ses agissements, qui faut bien admettre n’est pas toujours emprunts de justice alors un peu de retenue… monsieur BHL guignol de cirque… il devrait se retirer dans le Néguev pour y cultiver des melons :8) :mia~



.... m'est venu a l'esprit comme ca.....
.... mais imaginons un peu qu'on laisse s'exprimer a la tele melon le porte parole des pieds noirs ca serait un scoop.
:)

tartuffe
19/10/2003, 23h51
.... m'est venu a l'esprit comme ca.....
.... mais imaginons un peu qu'on laisse s'exprimer a la tele melon le porte parole des pieds noirs ca serait un scoop.
:)




Plus qu’un scoop… UNE VRAIE REVOLUTION… guère imaginable en ces lieux, et temps ;)

zombretto
20/10/2003, 00h02
Plus qu’un scoop… UNE VRAIE REVOLUTION… guère imaginable en ces lieux, et temps ;)


.... le FLN a pignon sur rue en plein Paris.
.... tous les ans on nous racontent le 17 Octobre 1961 a Paris mais on n'a jamais parle du 5 Juillet 1962 a Oran.
.... Je te le dis mec, on est dirige par des femelles qu'elles soient de gauche ou de droite.
:)

aghiles
20/10/2003, 00h27
Il faut voir l'altercation d'anthologie entre Tariq Ramadan et Claude Askalovitch sur France 2 dans l'émission "tout le monde en parle" de Thierry Ardisson (France 2). Je pense que vous pourrez voir ça sur TV5. Cet Askalovitch qui prétend être un laïque républicain est le fouille-***** du Nouvel Observateur qui a déniché sur un site altermondialiste l'article de Tariq Ramadan à l'origine
de la polémique. Ce qu'il faut savoir c'est que l'article en question a essuyé un refus de publication dans Libération (où pourtant Tariq a l'habitude de publier) et Le Figaro.



en quoi c'est un fouille ***** !!!???????? tariq ramadan a tenu des propos inadmissible et ils ont été denoncé point ! le fait qu'il y a eut un refu de publication est assez revelateur je trouve !
et pis j'ai moi-meme regardé cette emission et meme si Askalovitch a été maladroit le plus blamable c'est bien cet illuminé de tariq ramadan non ????? il a continué ds le meme sens sans checher à s'xcuser ni meme à s'expliquer ! il nous a parler des juifs, des juifs et encore des juifs !!!!

ce mec dont le grand pere est un fondateur des freres musulmans vient distribuer les bons point et dire qu'il est un gentil !!!!
j'aurais bien aimé voir la pegre islamiste condamner avec fermeté les crimes commis par les integristes en algerie pendant une decenie !!!

ça me degoute que les medias francais donne ainsi des certificats de respectabilité à des fascho de la pire espece !!! on avait ps vu des discour pareils depuis les années 30 !

ben je te remercie pour ton post maintenant on sait à qui on a à faire ! pffff

ben
20/10/2003, 00h35
en quoi c'est un fouille ***** !!!???????? tariq ramadan a tenu des propos inadmissible et ils ont été denoncé point ! le fait qu'il y a eut un refu de publication est assez revelateur je trouve !
et pis j'ai moi-meme regardé cette emission et meme si Askalovitch a été maladroit le plus blamable c'est bien cet illuminé de tariq ramadan non ????? il a continué ds le meme sens sans checher à s'xcuser ni meme à s'expliquer ! il nous a parler des juifs, des juifs et encore des juifs !!!!

ce mec dont le grand pere est un fondateur des freres musulmans vient distribuer les bons point et dire qu'il est un gentil !!!!
j'aurais bien aimé voir la pegre islamiste condamner avec fermeté les crimes commis par les integristes en algerie pendant une decenie !!!

ça me degoute que les medias francais donne ainsi des certificats de respectabilité à des fascho de la pire espece !!! on avait ps vu des discour pareils depuis les années 30 !

ben je te remercie pour ton post maintenant on sait à qui on a à faire ! pffff


Tariq enseigne dans des univérsités et fait de nombreuses conférences à travers le monde, il est respectable tout autant que les autres Levy's.

Chipalo
20/10/2003, 01h19
Tariq enseigne dans des univérsités et fait de nombreuses conférences à travers le monde, il est respectable tout autant que les autres Levy's.


Je connais un prof d'histoire à la fac qui negationne la Kabylité, le pueple Kabyle, la berberité et qui croit à l'idée de royaume arabe...

Il nous faisait l'apologie de Lyautey par exemple...

l'tounoumiste
20/10/2003, 04h25
Je connais un prof d'histoire à la fac qui negationne la Kabylité, le pueple Kabyle, la berberité et qui croit à l'idée de royaume arabe...

Il nous faisait l'apologie de Lyautey par exemple...

Le Marechal Lyautey etait pro-berbere non ?
C'est pas lui qui a lance la "politique berbere de la France" au sud Maroc, (ouverture du lycee franco-berbere d'Agadir etc...) ???

Pour rire...vous savez ce que Clemenceau disait de Lyautey (qui etait homosexuel) ?

"Lyautey, je l'aime bien car il faut reconnaitre qu'il a des c.ouilles au c.ul, mais dommage que ce ne soient pas souvent les siennes !"

:D

I wumi !
20/10/2003, 04h28
ÇA DOIT ÊTRE CE PROF LÀ QUI T'A FORMÉ!!!
Je pige mieux pourquoi tu veux un État avant de causer!!!

Tariq Ramdan, je ne l'ai jamais lu et je ne crois pas que je le ferai. Il est le doublon de BHL (d'après vos écrits), mais à l'autre côté de la rive. L'un est anti-feuj, l'autre anti-*********. Ils sont tout les deux, mais cahcun à sa façon!

Hélène
20/10/2003, 05h26
Tariq enseigne dans des univérsités et fait de nombreuses conférences à travers le monde, il est respectable tout autant que les autres Levy's.
Je ne te connaissais pas aussi impressionnable...
Y a plein de personnalités intellectuelles qui enseignent à l'université , qui donnent des conférences...et qui écrivent des bouquins. Ça ne fait pas d'eux
" la vérité" sur deux pattes...

travis
20/10/2003, 11h02
Tariq enseigne dans des univérsités et fait de nombreuses conférences à travers le monde, il est respectable tout autant que les autres Levy's.
tarik.ramadan n'est pas ma tasse de thé,cependant son comportement chez ardisson est digne d'un gentleman british,et le verbe trés universitaire un sang froid de chevalier teuton,maintenant a savoir si il est sinçère.

cherchemidi
20/10/2003, 12h05
tarik.ramadan n'est pas ma tasse de thé,cependant son comportement chez ardisson est digne d'un gentleman british,et le verbe trés universitaire un sang froid de chevalier teuton,maintenant a savoir si il est sinçère.

-j'espère que tu n'es pas dupe des manoeuvres de ce Ramadan !

-ces gens ont entre eux une répartition des tâches très étudiée ; lui , certains jours , c'est le libéral de service , british , comme tu dis ; le Recteur , c'est le gros bourgeois parisien ;les autres sont sur le terrain dans les banlieues ou les maquis
-et Ardisson (un peu en perte de vitesses, ses numéros s'usant vite ) est ravi !

mansario
20/10/2003, 12h10
-j'espère que tu n'es pas dupe des manoeuvres de ce Ramadan !

-ces gens ont entre eux une répartition des tâches très étudiée ; lui , certains jours , c'est le libéral de service , british , comme tu dis ; le Recteur , c'est le gros bourgeois parisien ;les autres sont sur le terrain dans les banlieues ou les maquis
-et Ardisson (un peu en perte de vitesses, ses numéros s'usant vite ) est ravi !



En un mot : Complot.

Chipalo
20/10/2003, 14h05
Non, Lyautey etait un sanguinaire qui a mis son epée et son fusil pour le sultan...

Sinon, je dirai pour I Wumi, que moi, personne ne me forme, c'est mon chemin qui me fait, je ne suis pas aussi faible que toi pour me faire formater par quelqu'un, toi le compteur de grain de sable du desert, le petit sans d'autres ambitions que de se donner bonne conscience, qui n'est interessé que par sa petite personne...

Enfin, je dirai qu'il est normal que Tariq Ramadan se comporte de la sorte, il a compris que ce n'est pas en jouant les Ali Benhadj qu'il va l'emporter, il vaut mieux se presenter sur un meilleurs visage... comme le dit Antoine Sfere, c'est son double discours! Un discours modéré et tolerant devant les cameras et oreilles européenes, et un discours djihadiste et sanguinaire quand l'assistance est à sa convenance...

Après tout, Hitler s'affirmait comme étant un democrate, toutes les dictatures sanguinaires, toutes les personnes de ce genre cultivent une image!!!!

Ceci dit, je ne l'ais pas trouvé à son aise face à Askolovitch, il avait des tics nerveux et une gestuelle forcé qui semblait contenir quelques chose... un peut comme à l'epoque, un debat dans Riposte de Serge Moati quand il s'est retrouvé face à Alexandre Del Val, qui a presenté un peut le personnage et ses influences.

Travis, ressaisis toi, je suis vraiment à deux doigts de me faire une opinion pas très positive...

travis
20/10/2003, 23h38
Non, Lyautey etait un sanguinaire qui a mis son epée et son fusil pour le sultan...

Sinon, je dirai pour I Wumi, que moi, personne ne me forme, c'est mon chemin qui me fait, je ne suis pas aussi faible que toi pour me faire formater par quelqu'un, toi le compteur de grain de sable du desert, le petit sans d'autres ambitions que de se donner bonne conscience, qui n'est interessé que par sa petite personne...

Enfin, je dirai qu'il est normal que Tariq Ramadan se comporte de la sorte, il a compris que ce n'est pas en jouant les Ali Benhadj qu'il va l'emporter, il vaut mieux se presenter sur un meilleurs visage... comme le dit Antoine Sfere, c'est son double discours! Un discours modéré et tolerant devant les cameras et oreilles européenes, et un discours djihadiste et sanguinaire quand l'assistance est à sa convenance...

Après tout, Hitler s'affirmait comme étant un democrate, toutes les dictatures sanguinaires, toutes les personnes de ce genre cultivent une image!!!!

Ceci dit, je ne l'ais pas trouvé à son aise face à Askolovitch, il avait des tics nerveux et une gestuelle forcé qui semblait contenir quelques chose... un peut comme à l'epoque, un debat dans Riposte de Serge Moati quand il s'est retrouvé face à Alexandre Del Val, qui a presenté un peut le personnage et ses influences.

Travis, ressaisis toi, je suis vraiment à deux doigts de me faire une opinion pas très positive...


je ne suis pas dupe, l'ami je sais pertinemment que le but des muzulmans est d'islamisé la planéte et la motivation finale d'israël et de reconstruire le temple et moi je sais aussi qu'on vient tous d'afrique,et qu'il ya des braves gens partout.

Chipalo
21/10/2003, 00h19
je ne suis pas dupe, l'ami je sais pertinemment que le but des muzulmans est d'islamisé la planéte et la motivation finale d'israël et de reconstruire le temple et moi je sais aussi qu'on vient tous d'afrique,et qu'il ya des braves gens partout.


La corde ne fait pas le pendu... Moi je peut t'affirmer que Tariq Ramadan n'a pas renoncé aux idées de son grand pere... malgré ses sourires et ses douces paroles...

thament
21/10/2003, 11h30
j'aurais bien aimé voir la pegre islamiste condamner avec fermeté les crimes commis par les integristes en algerie pendant une decenie !!!

ben je te remercie pour ton post maintenant on sait à qui on a à faire ! pffff
Est-ce que l'inverse n'est pas tout aussi vrai ?
Quant aux crimes, souhaiterais-tu dédouaner les escadrons de la mort ? Les mêmes qui ont continué en Kabylie, depuis 2000, mais c'est toujours pareil, nous aimons et continuerons de dédouaner nos "oppresseurs", évidemment les boucs émissaires, sont nos propres frères et soeurs, pour peu qu'ils ne pensent pas comme nous, et ne nourrissent pas comme nous les mêmes haines.
Un peu de mesure dans le jugement ne ferait pas de mal, n'est-ce pas.

Au fait, un peu de lecture te ferait douter définitivement sur tes convictions, savament entretenues par une presse créée pour la circonstance et affublée du qualificatif "d"indépendante", mais enfait, aux ordres, 12 années durant.

Colonel Samraoui "Chronique de 12 années de braise" ....
On inventa les GIA, l'OJAL, le Jihad, le FIS, le RCD, pour sauver l'Algérie ?
Non, mais pour l'enfoncer dans la guerre ethnique et religieuse, et pour épurer notre pays de ses "intellectuels", et n'en garder que les serviles.

thament
18/11/2003, 04h45
Deux articles :

LA PENSÉE UNIQUE COMME UNE DICTATURE QUI SE VEUT BIEN-PENSANTE
Imposer le silence et dénaturer le mot par Gilles Lestrade

L'affaire Tarik Ramadan - puisqu'il a été fait une affaire - nous semble être plus intéressante pour ce qu'elle déclenche comme débat, et donc comme espoir chez les plus humbles, que pour le contenu de l'article publié.

En effet, affirmer que l'axe du mal, passe aussi par Israël, même si cela est dit autrement, ne saurait relever d'un quelconque racisme négationniste et ce n'est pas parce que quelques politiciens et intellectuels autoproclamés philosophes ou « leader d'opinion », pris la main dans le sac, se sont émus d'avoir à lire certaines vérités premières, qu'il faut vilipender et jeter aux chiens un jeune penseur qui, fait exceptionnel, parle, enfin au nom d'une majorité que l'on croit silencieuse. Ou, pour le moins, a la possibilité d'exprimer ce que des générations entières d'arabo-musulmans, et singulièrement en France, n'ont jamais eu l'occasion d'exprimer par elles-mêmes.

Les « fous de Dieu » ont parlé

Au jeu du bon et du méchant, Bush junior a défini les règles, aidé en cela par Sharon. Tous deux ont le droit de dire que « les musulmans », ou les arabes - amalgame faux mais ainsi on alimente encore davantage la confusion - sont les méchants, les terroristes, en un mot les sous hommes et qu'il convient d'éradiquer, chez eux, toute velléité de souveraineté nationale et toute organisation d'une société qui ne serait pas validée par le Pentagone et ses complices. Ils ont aussi, semble t-il, le droit de dire la religion et de décréter qu'il y en a de nobles - porteuses des valeurs essentielles de l'occident ? - et de moins nobles, pour ne pas dire d'exécrables. Ils ont encore le droit de définir ce qu'est une démocratie, non pas en fonction de critères objectifs, sémantiques et universels, mais en fonction de leur propre définition, de leurs propres besoins et d'un vocabulaire réinventé pour l'occasion. Ils ont enfin le droit - pourquoi se priver devant la complicité passive ou active des nations - de décider où et quand tombera la première future bombe qui ouvrira, ou plutôt balisera encore plus précisément la voie à la colonisation, au pillage des ressources, au massacre, à l'occupation, à la domination et quelquefois, même, au génocide.

Une autre parole

Oui, Tarik Ramadan parle et son verbe posé résonne car il est porteur de toutes les paroles refoulées, de France comme d'ailleurs. Ramadan parle, non pas au nom, mais pour et avec ceux qui ont été privés d'histoire, de langue, de culture, de terre, de famille, en un mot, de mémoire. Et c'est bien là que réside le danger pour ceux qui, monopolisant la parole et dictant la pensée, voient soudain vaciller le trône sur lequel ils s'étaient hissés à défaut d'y avoir été porté. La virulence des attaques portées de toutes part et plus particulièrement par les inconditionnels de la pensée unique sont la signature d'un peur panique incontrôlée face à un événement pourtant prévisible mais auquel, personne ne voulait croire. A force de s'auto congratuler en se persuadant qu'ils étaient porteurs de la vérité et que celle-ci ne pouvait être, ni partagée, ni remise en question, nos chers philosophes de salon, au parisianisme suffisant, ont versé dans une espèce de consanguinité du raisonnement qui les empêche définitivement d'être visionnaire ou de se confronter au moindre débat. De là à anticiper !… En remplaçant le débat intellectuel par l'invective, l'insulte ou la menace, ils redeviennent des primitifs, sans grand talent, qui se rapprochent dangereusement des modèles qu'ils tentent de défendre. Il est vrai que d'entendre dire par telle personnalité autosuffisante : « Ramadan est une ordure » , non seulement n'enrichit pas le débat, mais signe l'aveu d'un manque évident d'intelligence, d'arguments ou de vocabulaire et accessoirement d'humanité. Voir su un plateau de télévision un philosophe - de talent nous dit-on - refuser le dialogue avec Ramdan en égrainant avec virulence des généralités et des arguments é***és et en prenant bien soin de ne jamais le regarder dans les yeux, révèle une pathologie qu'il conviendrait de définir. Ramadan a réussi, à défaut d'imposer son idée, d'imposer l'idée que les oubliés de l'Histoire et de la société avaient quelque chose à dire et qu'il était urgent de prendre la parole et surtout de la garder quel qu'en soit le prix à payer. Cette invitation à se saisir du mot n'a pas fini de résonner jusqu'au plus profond des banlieues.

Les mots pour le dire

Nombreux sont ceux qui, depuis quelque temps s'insurgent contre le déferlement de la pensée unique qui réinvente sans cesse le sens des mots et se crée son propre vocabulaire destiné à faire dire aux choses leur contraire. C'est ainsi que le résistant est devenu un « terroriste », le tortionnaire est devenu « une victime du terrorisme », certaines guerres sont devenues « des ingérences humanitaires », l'invasion et la colonisation de l'Irak est devenue « la libération d'un peuple opprimé », la lutte contre le sionisme et l'apartheid est devenue de « l'antisémitisme », etc. Et lorsqu'une pensée différente se fait entendre qui, elle, est porteuse du vrai sens des mots, ceux qui ont vendu leur mots au Diable découvrent enfin la pauvreté infinie de leur parole et n'ont plus comme riposte que l'arme des lâches et des faibles : la violence qu'elle soit physique ou verbale.

C'est de ce monde qu'il est question dans les propos de Tarik Ramadan, seulement de ce monde. Et puisque certains crient, aussi facilement au racisme et à l'antisémitisme quand on leur rappelle leurs origines et leur penchant pour le communautarisme, il serait peut être temps que ces censeurs là, ces inquisiteurs, fassent montre de la même émotion et de la même agitation médiatique quand, systématiquement, les médias rappellent, avec insistance, les origines - pour peu qu'elles soient du Maghreb et même si elle remontent à la quatrième génération - de celui qui a fauché l'autoradio de la voisine du 5ème !


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Ramadan : vecteur d'identification

Par Djam

Ce n'est pas tant l'Islam en tant que religion qui dérange les belles âmes en France. On les lit, on les entend, on les voit habitées par une véritable hystérie qui les conduit à occuper les colonnes des journaux, les ondes des radios et les écrans de la télévision avec une santé de marathonien. Il faut dire que le temps presse et les enjeux sont considérables.

[size=16]Un véritable relais qui fait passer successivement le témoin de Bernard Henri-Levy à Finkielkraut, de Finkielkraut à Glucksman,, de Glucksman à Adler etc. Tels des boxeurs qui successivement montent sur le ring pour tenter de mettre KO encore et toujours le même adversaire. Ramadan les obsède et les coups bas les plus méprisables -le Canard Enchaîné lui-même dans son édition du 15 octobre y est allé de son couplet précédant d'un petit mois BHL dans une tribune du Monde - sont portés contre la personne même de l'intellectuel suisse musulman. Davantage attaqué pour ses prises de position politique que pour ses croyances religieuses.

En nous présentant les adeptes de la religion musulmane comme autant de mystiques sanguinaires et d'assassins potentiels, on nous invite, en filigrane à apprécier la tempérance et la mesure des Juifs français qui vivent, eux, leur foi dans l'humilité, la discrétion et la tolérance. Le Béthar et son extrémisme relevant naturellement du folklore.[/b]

Il n'y a pas, contrairement à ce qu'on essaie d'induire, d'opposition entre judaïsme et Islam. L'histoire de l'Espagne Arabo andalouse rappelle opportunément que lorsque les Juifs étaient persécutés par les inquisiteurs catholiques, c'est sous la protection des califats arabes qu'ils se plaçaient. L'attentat contre la synagogue de Djerba, qu'on n'approuve évidemment pas, ne saurait faire oublier la présence d'une forte communauté juive en Tunisie et au Maroc vivant dans la plus totale quiétude.

Une quiétude que, entre parenthèses, l'on souhaiterait voir vivre par le peuple palestinien, chez lui, en Palestine. Le « problème » du foulard, de Ramadan, de ces fameux jeunes des banlieues, de ces mosquées à construire auxquelles on refuse 9 fois sur 10 le permis de construire, ces problèmes sont typiquement français. Puisque dans l'immense majorité des pays d'Europe où vivent des Musulmans et/ou des Arabes, ce type d'opposition n'existe pas. Il est vrai, et on va le voir plus loin, que les enjeux sont, en France, autrement plus importants, pour ne pas dire fondamentaux.

Durant des décennies, la communauté arabo-musulmane de France a été incapable, -mais l'aurait-elle été, aurait-elle pu le faire ?-, de se structurer, de se construire, de former un groupe, d'être cohérente, de faire vivre des valeurs, tout en acceptant sans réserve les lois françaises et leurs spécificités. Au jour d'aujourd'hui, cette communauté n'existe tout simplement pas puisqu'aucun ciment fondamental, aucun point d'ancrage culturel fortement fédérateur et décentralisé n'existe actuellement en France. Ce groupe fort de plusieurs millions d'individus ne fait pas masse. Lorsque d'aucuns évoquent « l'intégration » ( ?), ils veulent dire une intégration individuelle, donc défragmentée, donc canalisable. Tant que cette population qui vote très peu -et des questions sur cet état de fait méritent incontestablement d'être posées- ventilera ses voix au gré de ses choix personnels, tout demeurera parfait pour la classe politique. Puisqu'ainsi, et « grâce » à des positionnements individualistes, cette communauté n'existe tout simplement pas. Clairsemés, ses membres ne présentent aucun « danger » communautariste. En clair, ils ne peuvent constituer un lobby, un groupe de « pression » comme certaines communautés ont su constituer, et peser ainsi très fortement sur des choix politiques et sociaux majeurs.

Et c'est précisément ces communautés ayant pignon sur rue qui, dans leurs schémas de pensée, ont le plus à craindre d'une organisation de la population arabo musulmane de France revendiquant à la fois ses valeurs culturelles originelles tout en adhérant pleinement à celles de leur pays non pas d'accueil mais de naissance. Il est d'ailleurs assez cocasse que la plus organisée de ces communautés-là soit la plus opposée, c'est un euphémisme, à la constitution d'une fédération arabo musulmane française. Cocasse, mais cohérent.

En effet, les Arabes de France, essentiellement Maghrébins, comptent plusieurs millions de personnes. On devrait dire de voix. Et leur mutualisation, à la veille d'élections, pourrait valoir très cher dans un pays de 36 000 communes dont aucune n'est dirigée par un maire d'origine algérienne, marocaine ou tunisienne.

Pas plus qu'il n'y a à l'Assemblée Nationale (et encore moins si on peut dire au Sénat du fait du mode d'élection de ses pensionnaires) d'élus d'origine maghrébine.
Ce qui constitue un cas d'espèce par rapport à ceux, nombreux et c'est normal, d'origine italienne, espagnole, arménienne etc.

Et c'est là que Ramadan pose un véritable problème. On veut l'enfermer dans un rôle de gourou, une espèce de mystique qui voudrait faire de la terre de France un bastion islamique. Le Pen avait osé, d'autres censés être plus fréquentables mais tout aussi pervers lui emboîtent le pas, sur la pointe des chaussons parfois, mais pernicieusement, avec une fausse mollesse, avancent eux aussi cette hypothèse.
Or, Ramadan n'est pas perçu par la population « beur » pour faire court, sous son aspect religieux mais plutôt sous sa dimension politique.
Avec ce que cela peut avoir de conséquences fédératrices.

Si par hypothèse, cette communauté se construisait, s'organisait, constituait à terme un interlocuteur incontournable, il serait à « craindre » un glissement des rapports au sein de la société française, glissement qui pourrait affaiblir considérablement certaines autres communautés. Qui savent la versatilité du politique dont le cœur est une urne et les états d'âme des bulletins de vote. Ramadan, ou plutôt ce qu'il incarne puisqu'à ce niveau d'enjeux, les hommes ne sont rien, est un vecteur d'identification. Un révélateur aux yeux de ces millions de jeunes Français d'origine maghrébine qui verraient l'image qu'ils ont d'eux-mêmes virer du négatif au positif. Mais, et c'est au moins aussi important, l'image qu'ils auraient de la société française et celle que celle-ci percevraient de ces « nouveaux Français », évolueraient de manière considérable. Et tout le monde en France n'est pas prêt à accepter cette nouvelle donne. D'où l'hystérie collective qui convulse nos belles élitites.

Dhabihullah
18/11/2003, 06h07
Colonel Samraoui "Chronique de 12 années de braise" ....
On inventa les GIA, l'OJAL, le Jihad, le FIS, le RCD, pour sauver l'Algérie ?
Non, mais pour l'enfoncer dans la guerre ethnique et religieuse, et pour épurer notre pays de ses "intellectuels", et n'en garder que les serviles.
Amusant que vous évoquiez le GIA etc. dans un fil où vous soutenez Tariq Ramadan. Peut-on savoir ce que vous pensez des liens de ce dernier avec le financier présumé d'al Qaeda en Espagne?

http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmatinheadactu/actu_suisse/contacts_a_haut_risque.html

Et que dire de la participation d'Hani à une manifestation de soutien au GIA en 1995 (rapportée par le journaliste Richard Labévière)?

A propos d'antisémitisme, vous avez distraitement oublié de vous exprimer à propos du texte suivant (fil La reconversion du Führer par Israël Shamir), où l'on apprend notamment qu'Israel Shamir, votre idole israélienne, appelait à voter Le Pen en 2002 (le peuple de France ne [veut] pas goûter une occupation judéo-nazie), adhère au mythe des "Sages de Sion", qualifie les Juifs de "virus", fricote avec les groupes néo-nazis, attribue la responsabilité de la seconde guerre mondiale aux Juifs etc. etc.

;-)


http://www.phdn.org/antisem/antision/shamir.html


« Certains diffusent via Internet des textes ouvertement antisémites, comme ceux de l'intellectuel juif russo-israélien Israël Shamir : ils ne peuvent, ce faisant, que susciter la réprobation générale et discréditer le combat pour le droit à l'autodétermination du peuple palestinien dont ils se réclament. »

(Dominique Vidal, Rédacteur en chef adjoint du Monde diplomatique, le 12 avril 2003)

« Qu'Israël Shamir, journaliste russo-israélien récemment converti au christianisme, et qui semble avoir, par la même occasion, basculé de l'antisionisme le plus radical à l'antijudaïsme chrétien le plus banal, reprenne ces inepties [celles des Protocoles des Sages de Sion] en accusant les juifs d'avoir déclenché la Seconde Guerre mondiale, voilà qui ne devrait tromper personne. »

(Ilan Halevi, conseiller du président Yasser Arafat, représentant de l'OLP et du Fatah auprès de l'Internationale socialiste, le 28 mai 2003)


Depuis le début de l'année 2001, un Israélien d'origine russe, Israel Shamir est devenu, sur l'Internet, le héros de militants pro-palestiniens et des « antisionistes » en général. Il distille une critique radicale d'Israël, appelant à la disparition de cet Etat et multipliant les charges contre les Juifs et le Judaïsme. Systématiquement présenté comme un auteur majeur, collaborateur de tout ce qui se compte de meilleurs organes de presse en Israël, Shamir est brandi (« Juif israélien »), et ses nombreux textes reproduits, sur quasiment tous les sites web hostiles à Israël. Son succès est particulièrement éclatant sur les sites antisémites et négationnistes. Pour autant, ses thuriféraires « seulement » antisionistes récusent toute idée selon laquelle Shamir puisse être un antisémite; pensez donc: un Juif! Israélien de surcroit! Le succès de Shamir sur les sites antisémites ne semble ni les gêner, ni les interpeler.

Seulement voilà, des Juifs antisémites, cela existe. Des Israéliens également. Certes ils ne courent pas les rues, mais la judéité n'a jamais protégé de l'antisémitisme (cf. Otto Weininger) ni un passeport de l'hystérie contre son propre pays, quoique, en l'occurrence, l'appel à la disparition pure et simple du pays honni est plutôt rare. Pour autant faut-il accabler Shamir d'une accusation infâmante pour le seul fait qu'il produit une critique radicale d'Israël? Certainement pas.

Mais, de fait, Israel Shamir est un antisémite. Il est un antisémite hystérique, non parce qu'il critique Israël, mais parce qu'il reprend quasi intégralement tous les poncifs de l'antisémitisme, avec une virulence proportionnelle à son talent. Sous sa plume, les Juifs deviennent les responsables d'un des attentats terroristes anti-israélien les plus meurtriers de ces dernières années. Le reste est à l'avenant : complaisance de plus en plus marquée envers les négationnistes; adhésion à la théorie du complot de domination juive mondiale véhiculée par les Protocoles des Sages de Sion, diffamations issues de l'antisémitisme chrétien tels que le recyclage du fantasme des crimes rituels, l'accusation de déicide (les Juifs en assassins du Christ); insultes de rabbins; accusation globale contre « les Juifs » d'être responsables de la Seconde Guerre mondiale, toute la panoplie y passe. Shamir va même, à l'occasion des élections présidentielles en France de 2002, appeler à voter Le Pen, dont il explique le succès par le fait que « le peuple de France ne [veut] pas goûter une occupation judéo-nazie ». La dérive nazie, pourtant, c'est bien Shamir qui la commet lorsqu'il déclare que « les Israéliens représentent une forme virale d'êtres humains ». Les militants palestiniens qui ont mentionné cette déclaration de Shamir ont confirmé que lors d'un entretien privé, Shamir avait de nouveau usé de la comparaison des Juifs avec un virus. Un scandale? Une surprise? Même pas. Shamir n'hésitera pas en effet à appeler en 2002 à s'allier avec la « National Alliance » un groupe néo-nazi américain très influent chez les racistes les plus radicaux, dont les discours sont un appel implicite au génocide des Juifs, entre autres. Shamir, a un temps mis son appel sur son site web officiel. Il l'en a depuis retiré. Ne doutons pas, malgré ce « retrait », de la sincérité de Shamir.

Au final, voilà, un drôle de « Juif » qui reprend à son compte les pires poncifs de la théologie chrétienne antijuive, qui en privé se dit chrétien et s'est récemment converti au chritianisme, mais aussi drôle d'Israélien, qui ne se considère pas comme israélien, mais comme « Palestinien russe »...

Israel Shamir est arrivé en Israël d'URSS à la toute fin des années 1960. Il acquiert une excellente maîtrise de l'hébreu et collabore à plusieurs journaux, notamment Ha'aretz et le Jerusalem Post. Il travaille même pour le Mapam, parti politique proto-communiste. Très à gauche donc. A la fin des années 1980, il publie dans le Jerusalem Post un article très critique envers les nationalistes russes proches de Soljénitsyn, qu'il qualifie de « pires ennemis du peuple juif ». C'est pourtant le même Shamir, qui en 1991 publie sous le pseudonyme de « Robert David » dans une revue russe ultra-conservatrice, Politika, un article où il dénonce Shakharov comme un « agent sioniste ». C'est le même Shamir qui dans la plupart de ses articles parus sur Internet évoque aujourd'hui souvent Soljénitsyn en termes élogieux, surtout quand ce dernier critique les Juifs. C'est le même Shamir qui, lorsqu'il vivait de nouveau à Moscou au début des années 1990, dénonçait les libéraux russes comme des agents sionistes et le sionisme comme pire ennemi de la Russie. Il n'était point question de Palestiniens alors.

Comment le même auteur peut-il d'une part dénoncer les proches de Soljénitsyn comme « pires ennemis du peuple juif », et faire l'éloge de Soljénitsyn dix ans plus tard dans le cadre de critiques très violentes des Juifs? Le vrai Shamir semble bien être le dernier, celui qui est assez paranoïaque pour voir en Shakharov un « agent sioniste ». Le vrai Shamir est celui dont la première intervention sur Internet consiste à faire la publicité d'une publication russe d'extrême-droite connue pour sa virulence antisémite, Zavtra, pour laquelle il a produit plusieurs articles. Le vrai Shamir est celui dont les premiers articles publiés sur le web le sont, à la fin de l'année 2000, par un site web violemment antisémite puis, début 2001 sur un site négationniste. Ce Shamir-là, peut-il être, comme l'hypothèse en a été faite, un ancien agent soviétique chargé en Israël de faire de l'entrisme dans les formations de gauche et faire de l'agit-prop de l'intérieur en servant les intérêts soviétiques (disqualifier les nationalistes russes autour de Soljénitsyn comme ennemis des Juifs, par exemple)? Aujourd'hui Shamir est orphelin de l'Union Soviétique, mais ni de ses contacts dans les milieux antisémites russes, ni sans doute de contacts dans les milieux du renseignement: n'a-t-il pas, en 1998, proposé au négationniste britannique David Irving, de jouer un rôle d'intermédiaire pour la vente de documents nazis que des « amis » russes détenaient? Seuls d'anciens membres des renseignements soviétiques pouvaient être en possession de tels documents. Mais ce n'est pas un musée, ni une bibliothèque ou un centre d'archives que Shamir a contacté; c'est un négationniste connu pour son admiration pour Hitler... C'est d'ailleurs encore sur un site négationniste que l'on trouve le seul exemplaire de la traduction française de l'article de Shamir qui a révélé l'antisémitisme de ce dernier au public français .

Même si Shamir n'avait laissé aucune de ces t****s, même s'il n'avait pas de lien avec l'extrême droite antisémite russe, il n'en demeurerait pas moins que sa prose est un catalogue d'ignominies antisémites. Mais parce que cette prose contient une critique radicale d'Israël, de nombreux militants « antisionistes » refusent de voir l'antisémitisme hystérique de Shamir. Cette cécité volontaire les rend complices de l'antisémitisme de Shamir. Elle est d'autant plus impardonnable, et signe d'une dérive antisémite, que des militants palestiniens irréprochables, Ali Abunimah et Hussein Ibish dénonçaient les « dérives de Shamir » dès 2001.


Dhabihullah.

ASEMDAN
18/11/2003, 09h06
Mis en cause dans le Bloc-notes de BHL (n° 1621), l'intellectuel musulman Tariq Ramadan réagit.

La réponse de Bernard-Henri Lévy à mon article est surprenante par sa violence et ses excès, et, au demeurant, elle vient confirmer le sens même de mon propos. Sans prendre la peine de discuter mes thèses, on me renvoie un jugement définitif : je suis antisémite, la cause est entendue et tous les démocrates altermondialistes sont sommés de « prendre [leurs] distances ». J'avais avancé que certains intellectuels versaient dans une « réflexion dangereusement communautaire », mais nous observons ici un phénomène bien plus grave encore, puisqu'il s'agit de l'expression d'un pur « réflexe communautaire », du domaine du passionnel, de l'impensé et, au fond, incroyablement disproportionné. Il n'y a plus débat, il ne reste qu'invectives et insultes.

Passons très vite sur les remarques et allusions peu dignes me concernant. Non, Monsieur Lévy, je ne suis pas « imam ». Je peux comprendre votre difficulté à traiter avec moi d'égal à égal (vous avez pendant si longtemps été habitué à l'attitude paternaliste qui vous donnait le droit de penser pour les « jeunes beurs » ou les immigrés des banlieues, notamment avec SOS-Racisme), mais cela ne vous permet pas d'avancer des contre-vérités ou d'induire par allusion votre lecteur en erreur. « Formé à l'école des Frères musulmans », je serais forcément radical, et retors, et fanatique. Etre le petit-fils de mon grand-père serait donc en soi, et par déterminisme, un délit ? Oserai-je vous rappeler, cher M. Lévy, que Shah Massoud, dont vous vous êtes fait le chantre inconditionnel, est issu, et de façon ô combien plus militante que moi, de cette école ? Cette filiation ne prouverait rien quand vous louez un mort désormais silencieux et serait donc une circonstance aggravante et rédhibitoire quand un vivant vous critique ?

Passons. Je savais que M. Pierre-André Taguieff n'était pas juif avant même la publication du texte : on me l'avait dit et je l'avais vérifié. Je conviens que mon texte peut laisser sous-entendre le contraire et j'aurais dû l'indiquer très précisément. Soit, je prends acte et je regrette ce déficit dans ma formulation. L'essentiel de mon propos n'est pourtant pas là et vous le savez bien : j'affirme clairement qu'un certain nombre d'intellectuels, majoritairement juifs mais pas seulement, sont en train de nous imposer une lecture biaisée des enjeux politiques nationaux et internationaux. Les thèmes des banlieues, de la population d'origine maghrébine, du soutien à la Palestine jusqu'aux réflexions sur la guerre en Irak ou les alliances stratégiques sont abordés sans que l'on avoue clairement quels intérêts sont défendus, à savoir ceux du sionisme et d'Israël. Je n'ai par ailleurs jamais parlé ni de lobby juif ni de complot.

C'est à cela que j'aimerais que vous répondiez de façon claire et sans essayer de déplacer le débat. Je n'ai jamais laissé entendre que votre livre sur l'odieux assassinat de Daniel Pearl avait pour but unique de stigmatiser le Pakistan. Je constate seulement que votre enquête vous permet de chercher à mettre ce pays au ban de la civilisation : ne venez-vous pas d'écrire un article dans le Washington Post mettant en garde le gouvernement américain contre une alliance avec ce pays ? Votre enquête ne s'arrêtait donc pas aux causes de l'assassinat. Je ne suis pas un défenseur, tant s'en faut, du Pakistan, mais je constate seulement que votre récente prise de position est exactement dans la ligne du gouvernement israélien. C'est troublant. Vous avez, dites-vous, plus d'une fois exprimé ce qui vous séparait du gouvernement de Sharon : Monsieur, un esprit démocrate et empreint de justice ne se « sépare » pas de la politique de Sharon, il la condamne. Et sans contorsion intellectuelle.

Je n'ai cessé quant à moi de condamner l'antisémitisme dans mes livres, et notamment dans une « Tribune » du Monde (22 décembre 2001), comme je demeure un critique attentif des dérives dans le monde musulman. Je ne peux, ni ne veux, accepter aucune démarche sélective. S'il faut saluer votre courage quant à la dénonciation des horreurs du monde (à Sarajevo, en Afghanistan, au Pakistan, etc.), on ne peut qu'être révolté par votre aveuglement et votre manque d'objectivité vis-à-vis d'Israël. C'est le cas de tous les intellectuels que j'ai cités. Tel est le sens de ma critique : vous avez rapproché mon texte de l'odieux « Protocole des sages de Sion ». Ailleurs, Alain Finkielkraut avait parlé en France de nouvelles « nuits de cristal » pour dénoncer les actes antisémites. Etes-vous seulement conscient de la portée de vos propos ? Qu'elle est effrayante et dangereuse, cette façon de verser dans l'excès et de passionner le débat avec l'intention, au fond, de l'éviter !

Tariq Ramadan

On savait qui était TARIQ RAMADHAN"quelqu'un de dangereux"
"moi j'ai vu les 2 émissions ARDISSON sur france 2 ,et RIPOSTE sur france 5"
Maintenant,en plus on sait qui est BEN,nous voila fixés!!!!!!!

eznaî
18/11/2003, 11h07
On savait qui était TARIQ RAMADHAN"quelqu'un de dangereux"
"moi j'ai vu les 2 émissions ARDISSON sur france 2 ,et RIPOSTE sur france 5"
Maintenant,en plus on sait qui est BEN,nous voila fixés!!!!!!!

On n’aimes surtout pas ce qui va à l’encontre des idées bien établies, qu’un musulman puissent s’exprimer dans francais correcte avec aisance et intelligence , à l’évidence ça a du mal a passer pour certains qui préféraient voir à l’écran un imam de banlieue inculte et fraîchement débarqué de sidi moussa .Sinon pour ceux qui s’en prennent à la personnalité de Tariq Ramadan je dirais qu’il est extrêmement facile d’attaquer une personne en son absence mais il est bien plus ardu de l’affronter face à face : y en a qui feraient moins les fiers.

thament
18/11/2003, 16h07
On savait qui était TARIQ RAMADHAN"quelqu'un de dangereux"
"moi j'ai vu les 2 émissions ARDISSON sur france 2 ,et RIPOSTE sur france 5"
Maintenant,en plus on sait qui est BEN,nous voila fixés!!!!!!!
Evidemment, les "toto flingeurs", font les fiers à bras en dehors de la présence, face à eux, d'un intellectuel de même formation qu'eux.
En tous cas, Finkelkraüt, a été démasqué lors de l'emission "Ripostes", par le philosophe Tarik Ramadhan.
Pathétique, le Finkelkraut, la terreur des médias, il ne savait pas où se mettre, quand SON MAÎTRE du jour, le philosophe Tarik Ramadhan, lui assénait la logique, la force de la preuve, et le droit !
Le terroriste de la pensée, et représentant de la hideuse doctrine RACIALE de la HAINE, le sionisme, le pantin Finkelkraut, a perdu son français, et il ne lui restait plus qu'à recourir aux rictus, aux roulements d'yeux, à l'attaque verbale, à un flot ininterrompu d'insultes, dignes des cochers des halles ou des truands des villages de colonisation de Palestine occupée ou du langage châtié du "Sentier".
Après ces déferlements de haine, le philosophe Tarik Ramadhan, répondait avec un calme olympien et démontait l'une après l'autre les prétentions audacieuses du satyre et de ses comparses, ce qui exitait encore plus leur rage hsytérique !
En effet, la "bande à Sharon", ne s'attendait pas à avoir en face d'elle un intellectuel, eux qui étaient jusque là habitués à n'avoir face à eux que des "gamins lanceurs de pierres", des "jeunes de banlieues" ou au pire des "boutih" ou des "imams auto-proclamés" comme Souheil Bencheïkh, c'est à dire des Hamid Karazaï en face de BUSH.
Le spectacle valait son pesant d'or, je l'avoue, et pour en être convaincu, il n' y a qu'à voir le TORQUEMADA du forum Dhabihullah, venu à la curée anti musulman ou anti arabe.
le cardinal Ximénès, le führer, le DUCE, Staline, peuvent mourir en paix, ils ont laissé des émules.

Décidément l'INTERNATIONALE RACISTE ne connait ni limites ni frontières.

areski
18/11/2003, 16h54
Mis en cause dans le Bloc-notes de BHL (n° 1621), l'intellectuel musulman Tariq Ramadan réagit.

La réponse de Bernard-Henri Lévy à mon article est surprenante par sa violence et ses excès, et, au demeurant, elle vient confirmer le sens même de mon propos. Sans prendre la peine de discuter mes thèses, on me renvoie un jugement définitif : je suis antisémite, la cause est entendue et tous les démocrates altermondialistes sont sommés de « prendre [leurs] distances ». J'avais avancé que certains intellectuels versaient dans une « réflexion dangereusement communautaire », mais nous observons ici un phénomène bien plus grave encore, puisqu'il s'agit de l'expression d'un pur « réflexe communautaire », du domaine du passionnel, de l'impensé et, au fond, incroyablement disproportionné. Il n'y a plus débat, il ne reste qu'invectives et insultes.

Passons très vite sur les remarques et allusions peu dignes me concernant. Non, Monsieur Lévy, je ne suis pas « imam ». Je peux comprendre votre difficulté à traiter avec moi d'égal à égal (vous avez pendant si longtemps été habitué à l'attitude paternaliste qui vous donnait le droit de penser pour les « jeunes beurs » ou les immigrés des banlieues, notamment avec SOS-Racisme), mais cela ne vous permet pas d'avancer des contre-vérités ou d'induire par allusion votre lecteur en erreur. « Formé à l'école des Frères musulmans », je serais forcément radical, et retors, et fanatique. Etre le petit-fils de mon grand-père serait donc en soi, et par déterminisme, un délit ? Oserai-je vous rappeler, cher M. Lévy, que Shah Massoud, dont vous vous êtes fait le chantre inconditionnel, est issu, et de façon ô combien plus militante que moi, de cette école ? Cette filiation ne prouverait rien quand vous louez un mort désormais silencieux et serait donc une circonstance aggravante et rédhibitoire quand un vivant vous critique ?

Passons. Je savais que M. Pierre-André Taguieff n'était pas juif avant même la publication du texte : on me l'avait dit et je l'avais vérifié. Je conviens que mon texte peut laisser sous-entendre le contraire et j'aurais dû l'indiquer très précisément. Soit, je prends acte et je regrette ce déficit dans ma formulation. L'essentiel de mon propos n'est pourtant pas là et vous le savez bien : j'affirme clairement qu'un certain nombre d'intellectuels, majoritairement juifs mais pas seulement, sont en train de nous imposer une lecture biaisée des enjeux politiques nationaux et internationaux. Les thèmes des banlieues, de la population d'origine maghrébine, du soutien à la Palestine jusqu'aux réflexions sur la guerre en Irak ou les alliances stratégiques sont abordés sans que l'on avoue clairement quels intérêts sont défendus, à savoir ceux du sionisme et d'Israël. Je n'ai par ailleurs jamais parlé ni de lobby juif ni de complot.

C'est à cela que j'aimerais que vous répondiez de façon claire et sans essayer de déplacer le débat. Je n'ai jamais laissé entendre que votre livre sur l'odieux assassinat de Daniel Pearl avait pour but unique de stigmatiser le Pakistan. Je constate seulement que votre enquête vous permet de chercher à mettre ce pays au ban de la civilisation : ne venez-vous pas d'écrire un article dans le Washington Post mettant en garde le gouvernement américain contre une alliance avec ce pays ? Votre enquête ne s'arrêtait donc pas aux causes de l'assassinat. Je ne suis pas un défenseur, tant s'en faut, du Pakistan, mais je constate seulement que votre récente prise de position est exactement dans la ligne du gouvernement israélien. C'est troublant. Vous avez, dites-vous, plus d'une fois exprimé ce qui vous séparait du gouvernement de Sharon : Monsieur, un esprit démocrate et empreint de justice ne se « sépare » pas de la politique de Sharon, il la condamne. Et sans contorsion intellectuelle.

Je n'ai cessé quant à moi de condamner l'antisémitisme dans mes livres, et notamment dans une « Tribune » du Monde (22 décembre 2001), comme je demeure un critique attentif des dérives dans le monde musulman. Je ne peux, ni ne veux, accepter aucune démarche sélective. S'il faut saluer votre courage quant à la dénonciation des horreurs du monde (à Sarajevo, en Afghanistan, au Pakistan, etc.), on ne peut qu'être révolté par votre aveuglement et votre manque d'objectivité vis-à-vis d'Israël. C'est le cas de tous les intellectuels que j'ai cités. Tel est le sens de ma critique : vous avez rapproché mon texte de l'odieux « Protocole des sages de Sion ». Ailleurs, Alain Finkielkraut avait parlé en France de nouvelles « nuits de cristal » pour dénoncer les actes antisémites. Etes-vous seulement conscient de la portée de vos propos ? Qu'elle est effrayante et dangereuse, cette façon de verser dans l'excès et de passionner le débat avec l'intention, au fond, de l'éviter !

Tariq Ramadan

j'ai eu l'occasion de le voir lors d'un séminaire....composés en majeure partie de musulmans croyants et d'islamistes sur le retour....de muzz quoi!!! autant vous dire que la salle était attentive à ces propos tantôt subtil et tantôt inquiétant....
ce qui me fait dire que c'est un diable ...et que manger avec monsieur ramadan...il faut avoir une grande cuillère.....

thament
18/11/2003, 18h23
j'ai eu l'occasion de le voir lors d'un séminaire....composés en majeure partie de musulmans croyants et d'islamistes sur le retour....de muzz quoi!!! autant vous dire que la salle était attentive à ces propos tantôt subtil et tantôt inquiétant....
ce qui me fait dire que c'est un diable ...et que manger avec monsieur ramadan...il faut avoir une grande cuillère.....
Aurais-tu la prétention de nous faire croire, que tu aurais recruté Tarik Ramadhan, dans ta secte diabolique ?
Non, il est trop subtil pour toi, et il n'utilise pas de cuillère pour cueillir les "racistes" et les jeter à la poubelle, il le fait avec brio, et soit à la pelle, quand ils n'en valent pas la peine, ou avec un "dumper", quand ils sont en plus incultes.
Dépêche toi d'apprendre tes leçons, sinon Tariq risquera de te jeter à la poubelle !
Non, je plaisante, il ne s'agit pas de toi, ringard, mais des idées que tu défends...

thament
18/11/2003, 18h36
j'ai eu l'occasion de le voir lors d'un séminaire....composés en majeure partie de musulmans croyants et d'islamistes sur le retour....de muzz quoi!!! autant vous dire que la salle était attentive à ces propos tantôt subtil et tantôt inquiétant....
ce qui me fait dire que c'est un diable ...et que manger avec monsieur ramadan...il faut avoir une grande cuillère.....
Riquiqui, veux-tu nous dire ce que tu faisais là ?
Y étais-tu pour recruter pour ta secte, ou pour écouler ta propre drogue?
Je suis sûr que tu n' y a pas touvé de clients.
Tu étais donc inquiet ?
Et pourquoi donc ? Parce que des musulmans, pardon des français portant des patronymes musulmans, voulaient sortir du ghetto, s'intégrer et participer à la vie de la Nation française ?
Ah le fainéant, arezki, se dévoile, il aurait préféré comme toujours, laisser les habituels relais comme le fut Harlem Désir, parler en son nom, et le défendre contre les lois de la République, y compris quand il les viole et se met à semer la haine.
C'est vrai "touche pas mon pote", en attendant ceux qui parlaient en ton nom, sans aucune légitimité, envoyaient les leurs étudier, les aidaient à "CHOISIR" les meilleurs postes de travail, quant à tes "beurs" défendus par les "relais" du PS, ou comme ceux de l'UMP, avec le fachiste kaci, il faudra leur construire de nouvelles prisons... éventuellement climatisées... car pour le travail, c'est "la crise du chômage", par contre il ne faudra pas oublier de "voter pour nous", c'est à dire ceux qui utisent la carte "ni p..., ni soumise", ou encore les habituels relais du parti "peuf ssss"