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Voir la version complète : Le cabotin et le poète,


Sacov
26/04/2002, 03h57
Faut-il, pour visiter les royaumes inconnus, s’offrir des voluptés éthylique, lyrique ou idyllique?
Faut-il, à tout hasard farder le temps lorsqu’il prend plus d’élan? Quand nos regards voient leurs horizons plus proches ? Quand nos pas se font plus nombreux pour parcourir le passé?
Doit-on, libérer notre rancœur, notre hargne, notre ignorance avec notre sevrage? Doit-on leur tenir la main et les mener dans l’enfer de l’incompris?…. De l’appréhension?
L’élévation de l’âme, que Omar Bacchus la bénisse, Khalil Gibran l’immortalise et Zorba la définisse ou le commun la chérisse…. Ne s’en trouvera que plus féconde. Souvent l’élévation de l’âme, empruntant la rampe somptueuse de la noblesse, pérégrinant à travers les chemins roturiers ou égrenant des moments solitaires, dans l’intimité de son antre, ne se suffit pas de la brutalité du réveil pour se donner raison et perdurer.
Le chant de la nature ne se quémande pas à la force d’une bourrasque, à l’énormité de la houle, au scintillement des astres, à la candeur d’une colombe , encore moins à la mesure du temps qui, loin de nous fuir se fait plus présent…Loin de gémir se fait plus compatissant…
Doit-on pour autant tout sacrifier à l’ivresse?
Ce sera l’avis du vent des paroles, du vague à l’âme, de l’étoile filante, de l’oiseau migrateur et de cette mécanique qui compte le temps.
Ce sera aussi l’avis du cabotin qui se soucie peu de la considération animale, sa perpétuelle ivresse, par sa théâtralité encombrée aura eu raison de toutes les vertus.
Le poète quant à lui , sa considération émane de sa dimension fondamentalement humaine pour se prolonger en l’honnêteté de sa passion. Passion livrée pour un temps sans horloge, avec une foi de chimère. Le poète se trompe rarement quand il parle de chimères, revisitons ses chansons….
Quelqu’un a dit qu’il était l’heure de s’enivrer! .. Belle sentence pour réchauffer les cœurs engourdis. Beau présent pour le missionnaire chargée de la lourde prophétie de se livrer avec son message pour sanctifier la faim.
Beau présage en somme pour le factice…bel avenir aussi !
Tout est dans l’ivresse dit-on… Enivrons-nous, dressons les chapiteaux charnels, semons les cœurs sur les t****s de nos pas.. sans indulgence , sans sentiment. Jouons-nous des autres, de leur vent, de leur vague, de leur étoile, de leur oiseau et de leur horloge…
Nous ne nous sentirons que grandis dans leur considération…Peut-être qu’un jour, comprendrons –nous qu’il vaut mieux être cabotin ivre de vin, de poésie et de vertu que d’être poète ivre de….. passion.


Sacov.

Aghyul Llaxla
26/04/2002, 05h25
Au flacon de l'ivresse !

Si Samir
26/04/2002, 13h23
Ivresse, paresse et maitresses, recette qui a fait ses preuves dans la recherche du bonheur, si bonheur il y a, chacun le trouvera.

Chacun sur de son aura cherche avec passion, depit ou envie, a s elever au dessus des mortels, juste une fois, ne serait ce qu une seconde toucher l eternel, eternelle jouissance de l ivresse; transcendance des spheres de l univers a la portee d un insecte, eternelle paresse; ou l art de tout faire sans bouger, eternelle maitresse ou comment etre egoiste sans paraitre avare.

Et le vertueux appelle a la lutte, au combat, car dit il "nous ne sommes que des appats", gloire a toi vertue, mais peux tu faire de moi ce que je ne suis pas?

Est ce un culte que d aimer m envoler, dois je fermer la porte a celui qui m apporte la lumiere, est il vrai qu il veut me perdre, est ce l orgueil qui le motive, dois je lutter contre moi meme comme le fait le vertueux, les passions sont elles nees pour etre reffrenees.

Si je fus dechus de mon innocence, pour avoir voulu savoir, voulu d un regard penetrer la trame de toutes les ames, pourquoi, aujourd hui coupable, je ne trouve satisfaction que dans l infame?

Ah si ! je me rappelle il fut un temps ou j etais jeune et beau, lorsque j ai nomme tous les animaux, mais dans mon innocence j en oubliais un, oui helas, celui qui n a de cesse de chercher son ame dans l ivresse.

Sacov
27/04/2002, 00h55
De l'ivresse d'une chevauchée irréelle, jaillit une léthargie mystérieuse bercée par les effluves d'une déesse antique. Le phénoménal scintillement d'un ciel glacial réchauffa pour un moment qui dure encore, des ardeurs enfouies sous le manteau de l'inconnu pour nous faire goûter nos sèves en un instant magique où les anges de tous les dieux faisaient leurs prières
Courir le soleil vers son lit à l’ouest, baigner mon visage dans sa lumière sont autant de pèlerinages dans l’immensité de ton rire, l’intensité de ton regard et l’arrogance de ton verbe torrentiel.
Mon attente, ponctuée par la musique du clocher s’est éternisée le temps des vêpres mêlant à la confusion du moment la confusion de l’attente…Tu arrivas alors et tout a disparu. L’œuvre de l’homme et de ses aïeux s’est sublimée pour te laisser régner dans mes yeux sur le néant…. La galère de l’incertitude s’ébranla et notre futur se laissa couler dans nos pensées. Que de questions sans sujet! Que d’effleurements complices!...
Notre halte, face à un horizon en friche déchaîna nos démons. Nos bouches ont légué la parole à nos gestes parce qu’en d’autres gestes plongées. Elle ne parleront plus de la soirée…elles ne se sont plus quittées. Nos corps, soudées par les morsures glaciales se sont livrés les plus intimes confidences, bravant la morale du mortel pour sanctifier la divinité de l’amour.
Pour t’avoir voulue comme telle, point de pincement au cœur ni de cheveu blanc à cacher, ni de bravoure à prouver, ni de générosité à montrer. Nous étions tout cela en même temps et plus encore.
Le rêve du soleil dormant nous a réveillés de nos délicieux égarements pour nous intimer à moi de lui tourner le dos, à toi de le rejoindre plus profondément dans son sommeil. Nos mains, par nos yeux se déchirèrent. Nous sommes donnés le choix de mourir l’un dans l’autre ou dormir l’un pour l’autre dans le recueil de notre poésie…et ….nous nous sommes enfoncés dans la nuit.


Sacov.