PetiteFaiblesse
19/09/2003, 15h58
Citation:
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Provient du message de PetiteFaiblesse
Voici l’histoire de sa vie ! (1)
‘Elle ne fait que commencer ‘, disaient certains, alors qu’elle déjà en voyait le bout, l’ultime délivrance comme elle l’appelait, une récompense à son calvaire dans un moment où même sa fierté kabyle ne pouvait plus rien pour elle.
L’obsession de la fin a guidé sa vie durant des années, non pas par peur d’un monde qui lui échappait, mais pire, elle voyait cela comme un remède à tous ses maux, une échappatoire à sa lâcheté de la vie.
Son dernier espoir, peut être est-ce de coucher ce qu’elle ressent sur des pages vides qu’elle n’a de cesse de noircir depuis tant d’années mais n’aurait-il pas fallu qu’elle laisse ses lecteurs se nourrir de ces écrits comme on trait au petit matin nos chèvres en Kabylie pour en savourer le nectar encore chaud.
Mais qu’importe, ce qui compte c’est ce qu’elle fit pas la suite, même si ses mots on perdu de leur actualité ils n’en ont pas moins de goût au contraire.
A bout de souffle et de courage, son amour sclérosé par un sentiment de culpabilité incessant, qui la tue à petit feu, détruit tout sur son passage.
Il détruit et ne laisse entrevoir aucune perspective de répit à son âme meurtrie par tous les hommes qui ont croisé sa route et l’ont piétiné sans vergogne et laissé sur le bas coté, blessée et mourante, à l’agonie.
Construire pour détruire, aimer pour haïr, relever pour jeter à terre, voilà à quoi se résumait pour elle la mesquinerie humaine. Plus dévastatrice que fertile, elle l’emporte dans les bas fonds jusqu’à la clouer aux portes de l’enfer dont elle avait allumé la première flamme et attisé les braises.
Sur son bûcher ardent, elle restera longtemps les mains liées d’illusion, sans se débattre, marquant ainsi sa résignation et son désarroi.
Elle accepte sans rechigner le sort qui est le sien, elle n’a pas l’âme d’une guerrière, et seul son regard, laisse transparaître sa révolte intérieure.
Ne la jugez pas trop vite ! Vous ne ferez que rapprocher l’échéance de sa fin.
Ne la jugez pas tout simplement ! Sa vie elle ne la voue pas à la morale, elle n’est ni exemple, ni contre exemple.
Dans le tribunal de sa vie, elle s’est constituée prisonnière, déclarée coupable, elle est à la fois juré et avocat, juge et bourreau.
Avoir pitié d’elle ? N’y pensez même pas, vous apprendrez à la haïr, pense-t-elle ! Tout comme elle. Pitié et compassion ne feront qu’accroître sa souffrance.
L’ignorer ? C’est être pris à son propre jeu, et la couper une fois de plus du monde extérieur.
Ouvrira-t-elle un jour les portes de son cœur, les cachots de sa souffrance.
Malgré l’effroi que lui inspire le monde extérieur, malgré les coups qu’elle a reçu et les pieds qui l’ont foulé, dans une dernière lueur d’espoir, elle prend son courage à deux mains sans laisser transparaître qu’elles tremblent.
Souvent, les mots se bousculent dans son esprit, sa bouche tente d’articuler vainement mais c’est aphone qu’elle hurle sa douleur. Qui saurait déchiffrer les larmes qui n’ont de cesse de couler sur ses joues usées.
Comment consoler une enfant qui réclame le sein d’une mère et le frôlement rugueux de la joue d’un père.
Voici l'histoire de sa vie (2)
Mais comment cette graine kabyle a-t-elle si vite arrêté de germer pour se faner dans un monde où l’eau ne manque jamais et où le soleil ne cesse de briller.
C’est en 1947 que naissaient ses parents dans le même village de Kabylie, qui avait vu naître quelques années auparavant une image emblématique qui marquera sa vie et celle de nombreux Kabyles en quête de leur identité. Tant d’âmes déracinées dont les lignes de la main feignaient de t****r le long périple qui les attendait pour finir par se jeter dans une apocalypse coronaire inévitable.
Ce village telle qu’elle le connaissait n’existe pas encore au temps de ses parents.
Seuls les oliviers et les doyens, patrimoines vivants peuvent encore en témoigner. Au village, il en est toujours ainsi, si l’on ne meurt pas dans les quinze premières années de sa vie, emporté par la maladie, on peu espérer vivre très longtemps et se voir appelé ‘Jedi’ un jour (grand-père).
Le village est gardé par deux gros rochers. Adossé à la colline, il surplombe celle magnifique région de la Kabylie. A l’époque de simple maisons rudimentaires construites à la sueur de leurs fronts, où s’entassent les familles, des lignées toutes entières, dans la promiscuité d’un âtre froid et patriarcal qui ne laissait entrevoir aucun horizon à nos mères kabyles, excepté le chemin de la récolte des olives au printemps ou celui de la corvée de purin à l’étable. Plus malheureux encore, lorsqu’on avait pas d’âne, le dos de la femme s’y substituait pour porter les branchages qui devaient servir de nourriture au bétail. Et pendant longtemps elles restaient le souffre douleur de la fierté kabyle, qui restait derrière le cortège une main dans le dos et l’autre portant une hache qui venait de servir à couper les fameuses branches.
à suivre
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Voici l'histoire de sa vie (3)
Son parents sont ici de deux familles différentes et pourtant que tout rapprochait.
Elle aimait parfois à fouiller dans son passé pour comprendre qui elle était. Bon nombre de familles d’un même village donnaient leur fille à marier et en échange, elles trouvaient elles même des épouses pour leurs fils. Donner, disait-elle, alors qu’elle pensait vendre. La femme kabyle se monnayait comme on achète un bourricot au souk. Loin d’elle l’idée de dénigrer, mais c’est ainsi qu’elle percevait ces coutumes d’un regard plus contemporains, n’oubliant pas, qu’aujourd’hui encore le mariage se négociait.
Ses parents avaient dix-neuf ans lorsqu’ils se sont mariés. La sœur aînée de la jeune épouse était déjà liée à ce même cercle familial par les liens archaïques du mariage.
Mais elle ne voulait en savoir plus, à force de remonter les branches de son arbre généalogique, elle butait sur des branchages qui s’entremêlaient tortueusement jusqu’à former des nœuds qu’elle n’avait plus le courage de défaire.
Un an après leur union, ils donnèrent naissance à un garçon. Souvent, elle se demandait ce qu’avait pu être leur enfance, celle de son père, de sa mère. A quoi occupaient-ils leurs journées, à quoi jouaient-ils ? Elle se l’imaginait vers l’âge de douze ans, regroupant un petit troupeau pour l’emmener paître dans de verts pâturages, un bâton à la main, une chéchia rouge sur la tête.
C’est encore ainsi aujourd’hui, réveillés le matin aux aurores, elle voyait ses cousins pratiquer le même rituel inlassablement.
. A l’époque, son père travaillait en ville, et y restait la semaine. Pendant ce temps, son épouse était contrainte de se plier aux obligations de son rang, celui d’esclave.
à suivre...
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Voila,
la suite dans quelques jours,
merci pour vos commentaires et eviter les debilites habituelles qui viennent polluer mes posts !!!!
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Provient du message de PetiteFaiblesse
Voici l’histoire de sa vie ! (1)
‘Elle ne fait que commencer ‘, disaient certains, alors qu’elle déjà en voyait le bout, l’ultime délivrance comme elle l’appelait, une récompense à son calvaire dans un moment où même sa fierté kabyle ne pouvait plus rien pour elle.
L’obsession de la fin a guidé sa vie durant des années, non pas par peur d’un monde qui lui échappait, mais pire, elle voyait cela comme un remède à tous ses maux, une échappatoire à sa lâcheté de la vie.
Son dernier espoir, peut être est-ce de coucher ce qu’elle ressent sur des pages vides qu’elle n’a de cesse de noircir depuis tant d’années mais n’aurait-il pas fallu qu’elle laisse ses lecteurs se nourrir de ces écrits comme on trait au petit matin nos chèvres en Kabylie pour en savourer le nectar encore chaud.
Mais qu’importe, ce qui compte c’est ce qu’elle fit pas la suite, même si ses mots on perdu de leur actualité ils n’en ont pas moins de goût au contraire.
A bout de souffle et de courage, son amour sclérosé par un sentiment de culpabilité incessant, qui la tue à petit feu, détruit tout sur son passage.
Il détruit et ne laisse entrevoir aucune perspective de répit à son âme meurtrie par tous les hommes qui ont croisé sa route et l’ont piétiné sans vergogne et laissé sur le bas coté, blessée et mourante, à l’agonie.
Construire pour détruire, aimer pour haïr, relever pour jeter à terre, voilà à quoi se résumait pour elle la mesquinerie humaine. Plus dévastatrice que fertile, elle l’emporte dans les bas fonds jusqu’à la clouer aux portes de l’enfer dont elle avait allumé la première flamme et attisé les braises.
Sur son bûcher ardent, elle restera longtemps les mains liées d’illusion, sans se débattre, marquant ainsi sa résignation et son désarroi.
Elle accepte sans rechigner le sort qui est le sien, elle n’a pas l’âme d’une guerrière, et seul son regard, laisse transparaître sa révolte intérieure.
Ne la jugez pas trop vite ! Vous ne ferez que rapprocher l’échéance de sa fin.
Ne la jugez pas tout simplement ! Sa vie elle ne la voue pas à la morale, elle n’est ni exemple, ni contre exemple.
Dans le tribunal de sa vie, elle s’est constituée prisonnière, déclarée coupable, elle est à la fois juré et avocat, juge et bourreau.
Avoir pitié d’elle ? N’y pensez même pas, vous apprendrez à la haïr, pense-t-elle ! Tout comme elle. Pitié et compassion ne feront qu’accroître sa souffrance.
L’ignorer ? C’est être pris à son propre jeu, et la couper une fois de plus du monde extérieur.
Ouvrira-t-elle un jour les portes de son cœur, les cachots de sa souffrance.
Malgré l’effroi que lui inspire le monde extérieur, malgré les coups qu’elle a reçu et les pieds qui l’ont foulé, dans une dernière lueur d’espoir, elle prend son courage à deux mains sans laisser transparaître qu’elles tremblent.
Souvent, les mots se bousculent dans son esprit, sa bouche tente d’articuler vainement mais c’est aphone qu’elle hurle sa douleur. Qui saurait déchiffrer les larmes qui n’ont de cesse de couler sur ses joues usées.
Comment consoler une enfant qui réclame le sein d’une mère et le frôlement rugueux de la joue d’un père.
Voici l'histoire de sa vie (2)
Mais comment cette graine kabyle a-t-elle si vite arrêté de germer pour se faner dans un monde où l’eau ne manque jamais et où le soleil ne cesse de briller.
C’est en 1947 que naissaient ses parents dans le même village de Kabylie, qui avait vu naître quelques années auparavant une image emblématique qui marquera sa vie et celle de nombreux Kabyles en quête de leur identité. Tant d’âmes déracinées dont les lignes de la main feignaient de t****r le long périple qui les attendait pour finir par se jeter dans une apocalypse coronaire inévitable.
Ce village telle qu’elle le connaissait n’existe pas encore au temps de ses parents.
Seuls les oliviers et les doyens, patrimoines vivants peuvent encore en témoigner. Au village, il en est toujours ainsi, si l’on ne meurt pas dans les quinze premières années de sa vie, emporté par la maladie, on peu espérer vivre très longtemps et se voir appelé ‘Jedi’ un jour (grand-père).
Le village est gardé par deux gros rochers. Adossé à la colline, il surplombe celle magnifique région de la Kabylie. A l’époque de simple maisons rudimentaires construites à la sueur de leurs fronts, où s’entassent les familles, des lignées toutes entières, dans la promiscuité d’un âtre froid et patriarcal qui ne laissait entrevoir aucun horizon à nos mères kabyles, excepté le chemin de la récolte des olives au printemps ou celui de la corvée de purin à l’étable. Plus malheureux encore, lorsqu’on avait pas d’âne, le dos de la femme s’y substituait pour porter les branchages qui devaient servir de nourriture au bétail. Et pendant longtemps elles restaient le souffre douleur de la fierté kabyle, qui restait derrière le cortège une main dans le dos et l’autre portant une hache qui venait de servir à couper les fameuses branches.
à suivre
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Voici l'histoire de sa vie (3)
Son parents sont ici de deux familles différentes et pourtant que tout rapprochait.
Elle aimait parfois à fouiller dans son passé pour comprendre qui elle était. Bon nombre de familles d’un même village donnaient leur fille à marier et en échange, elles trouvaient elles même des épouses pour leurs fils. Donner, disait-elle, alors qu’elle pensait vendre. La femme kabyle se monnayait comme on achète un bourricot au souk. Loin d’elle l’idée de dénigrer, mais c’est ainsi qu’elle percevait ces coutumes d’un regard plus contemporains, n’oubliant pas, qu’aujourd’hui encore le mariage se négociait.
Ses parents avaient dix-neuf ans lorsqu’ils se sont mariés. La sœur aînée de la jeune épouse était déjà liée à ce même cercle familial par les liens archaïques du mariage.
Mais elle ne voulait en savoir plus, à force de remonter les branches de son arbre généalogique, elle butait sur des branchages qui s’entremêlaient tortueusement jusqu’à former des nœuds qu’elle n’avait plus le courage de défaire.
Un an après leur union, ils donnèrent naissance à un garçon. Souvent, elle se demandait ce qu’avait pu être leur enfance, celle de son père, de sa mère. A quoi occupaient-ils leurs journées, à quoi jouaient-ils ? Elle se l’imaginait vers l’âge de douze ans, regroupant un petit troupeau pour l’emmener paître dans de verts pâturages, un bâton à la main, une chéchia rouge sur la tête.
C’est encore ainsi aujourd’hui, réveillés le matin aux aurores, elle voyait ses cousins pratiquer le même rituel inlassablement.
. A l’époque, son père travaillait en ville, et y restait la semaine. Pendant ce temps, son épouse était contrainte de se plier aux obligations de son rang, celui d’esclave.
à suivre...
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Voila,
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