ben
19/09/2003, 13h15
PARIS, 18 sept (AFP)
"L'armée algérienne a manipulé les islamistes pour
alimenter la terreur et se maintenir au pouvoir" :
dans un livre coup de poing, un ancien haut
responsable du renseignement d'Alger accuse l'armée
d'avoir en partie "créé" le sanglant GIA (Groupe
islamique armé).
Présent jeudi à Paris pour une conférence de presse
destinée à promouvoir son ouvrage "Chronique des
années de sang" (Denoël), Mohammed Samraoui,
aujourd'hui réfugié politique en Allemagne, a tenu à
nier appartenir à l'autre "camp", affirmant être "un
opposant résolu de l'islamisme radical".
Visage rond, barré d'une fine moustache, voix
discrète et langage choisi, cet homme de 50 ans a
notamment été l'adjoint du chef de la Direction du
contre-espionnage (DCE) Smaïn Lamari de 1990 à 1992,
avant d'être nommé responsable de la Sécurité
militaire (SM) en Allemagne où il déserte en 1996.
Sa thèse : les groupes islamistes ont été
instrumentalisés par les services secrets bien avant
et longtemps après l'interruption du processus
électoral de janvier 1992 - censé préserver le pays du
FIS (Front islamique de salut) - de manière à
terroriser le peuple et présenter l'armée comme le
seul recours.
De manière précise, Mohammed Samraoui raconte comment
tel ou tel petit voyou s'est du jour au lendemain
retrouvé "émir" dans le maquis, selon lui avec l'aide
de l'armée, comme le sanglant Djamel Zitouni, ex-chef
du Groupe islamique armé (GIA) qu'il estime être un
terroriste "à la solde des généraux".
Baptisé "émir national" du GIA de 1994 jusqu'à sa
mort en 1996, cet ancien vendeur de poulets
analphabète devenu chef de guerre revendiquera
certaines des actions les plus spectaculaires du
groupe : détournement de l'Airbus d'Air France en
1994, attentats de Paris en 1995, exécution des moines
de Tibéhirine.
La France complice
"Il y a eu en fait trois GIA : celui des désoeuvrés,
des extrémistes, des éléments isolés du FIS; celui
issu des anciens prisonniers des camps de sûreté, où
étaient infiltrés des agents du DRS (Département des
renseignements et de sécurité); et enfin un GIA créé
de toute pièces", a-t-il expliqué à la presse.
Dans son livre, les services secrets français ne sont
pas épargnés, accusés d'avoir par complaisance pour
leurs homologues algériens laissé prospérer des agents
compromis avec les islamistes.
"Il y avait un deal entre le DRS et la DST (Direction
de la surveillance du territoire, contre-espionnage,
ndlr). Le premier avait des agents qui opéraient en
France, infiltrant les islamistes. Ces agents
renseignaient la DST, qui en échange les protégeait",
a-t-il raconté.
C'est ainsi qu'Ali Touchent - que Samraoui, accuse
d'être un agent des services algériens connu des
autorités françaises - a été envoyé en Europe pour
commettre des attentats, notamment ceux de Paris en
1995.
"On ne peut pas im****r ces attentats à la DST. Mais
si elle avait fait preuve de plus de vigilance ils
auraient pu être évités", affirme-t-il.
Alors qu'il s'était déjà exprimé en France à
l'occasion du procès en diffamation intenté à un
ancien militaire, Habib Souaïdia, par l'ancien
ministre de la Défense algérien Khaled Nezzar, en
juillet 2002, il a assuré n'appartenir à "aucun parti"
politique.
Quant au fait que son ouvrage sorte alors qu'à
démarré à Alger une virulente bataille électorale pour
la présidentielle de 2004, il jure aussi qu'il s'agit
d'une "coïncidence".
("Chronique des années de sang", éditions Denoël, 316
pages, 19 euros)
Un ex-colonel algérien raconte la "manipulation" des
islamistes par l'armée
PARIS, 18 sept (AFP)
Mohammed Samraoui, ex-colonel des services de
renseignement algérien aujourd'hui réfugié en
Allemagne, a témoigné jeudi à Paris de la
"manipulation des islamistes par les services secrets"
d'Alger, thèse qu'il défend dans son livre "Chronique
des années de sang".
Agé de 50 ans, cet officier a notamment été l'adjoint
du responsable de la Direction du contre-espionnage
(DCE) Smaïn Lamari de 1990 à 1992, avant d'être nommé
responsable de la Sécurité militaire (SM) en
Allemagne, pays où il a finalement choisi de déserter
en 1996 et où il vit comme réfugié politique.
Sorti jeudi aux éditions Denoël, son ouvrage est
sous-titré "comment les services secrets ont manipulé
les groupes islamistes".
Sa thèse: les groupuscules islamistes violents ont
été instrumentalisés par les services secrets bien
avant et longtemps après l'interruption du processus
électoral de janvier 1992 - censé préserver le pays
face à l'ascension du FIS (Front islamique de salut) -
de manière à terroriser le peuple et présenter l'armée
comme le seul recours.
De manière précise, citant les dates des faits qu'il
rapporte, les noms des militaires qu'il cite, Mohammed
Samraoui raconte comment tel ou tel petit voyou s'est
du jour au lendemain retrouvé "émir" dans le maquis,
selon lui avec l'aide de l'armée, comme le sanglant
Djamel Zitouni, ex-chef du Groupe islamique armé (GIA)
qu'il estime être un terroriste "à la solde des
généraux".
"Il est hors de question de nier les crimes des
islamistes, de les absoudre", s'est-il défendu à
l'occasion d'une conférence de presse, tout comme il a
nié appartenir à "aucun parti" algérien. "Ce livre
coïncide avec la pré-campagne électorale (la
présidentielle du printemps 2004, ndlr) mais c'est un
hasard total", a-t-il aussi assuré.
"L'armée algérienne a manipulé les islamistes pour
alimenter la terreur et se maintenir au pouvoir" :
dans un livre coup de poing, un ancien haut
responsable du renseignement d'Alger accuse l'armée
d'avoir en partie "créé" le sanglant GIA (Groupe
islamique armé).
Présent jeudi à Paris pour une conférence de presse
destinée à promouvoir son ouvrage "Chronique des
années de sang" (Denoël), Mohammed Samraoui,
aujourd'hui réfugié politique en Allemagne, a tenu à
nier appartenir à l'autre "camp", affirmant être "un
opposant résolu de l'islamisme radical".
Visage rond, barré d'une fine moustache, voix
discrète et langage choisi, cet homme de 50 ans a
notamment été l'adjoint du chef de la Direction du
contre-espionnage (DCE) Smaïn Lamari de 1990 à 1992,
avant d'être nommé responsable de la Sécurité
militaire (SM) en Allemagne où il déserte en 1996.
Sa thèse : les groupes islamistes ont été
instrumentalisés par les services secrets bien avant
et longtemps après l'interruption du processus
électoral de janvier 1992 - censé préserver le pays du
FIS (Front islamique de salut) - de manière à
terroriser le peuple et présenter l'armée comme le
seul recours.
De manière précise, Mohammed Samraoui raconte comment
tel ou tel petit voyou s'est du jour au lendemain
retrouvé "émir" dans le maquis, selon lui avec l'aide
de l'armée, comme le sanglant Djamel Zitouni, ex-chef
du Groupe islamique armé (GIA) qu'il estime être un
terroriste "à la solde des généraux".
Baptisé "émir national" du GIA de 1994 jusqu'à sa
mort en 1996, cet ancien vendeur de poulets
analphabète devenu chef de guerre revendiquera
certaines des actions les plus spectaculaires du
groupe : détournement de l'Airbus d'Air France en
1994, attentats de Paris en 1995, exécution des moines
de Tibéhirine.
La France complice
"Il y a eu en fait trois GIA : celui des désoeuvrés,
des extrémistes, des éléments isolés du FIS; celui
issu des anciens prisonniers des camps de sûreté, où
étaient infiltrés des agents du DRS (Département des
renseignements et de sécurité); et enfin un GIA créé
de toute pièces", a-t-il expliqué à la presse.
Dans son livre, les services secrets français ne sont
pas épargnés, accusés d'avoir par complaisance pour
leurs homologues algériens laissé prospérer des agents
compromis avec les islamistes.
"Il y avait un deal entre le DRS et la DST (Direction
de la surveillance du territoire, contre-espionnage,
ndlr). Le premier avait des agents qui opéraient en
France, infiltrant les islamistes. Ces agents
renseignaient la DST, qui en échange les protégeait",
a-t-il raconté.
C'est ainsi qu'Ali Touchent - que Samraoui, accuse
d'être un agent des services algériens connu des
autorités françaises - a été envoyé en Europe pour
commettre des attentats, notamment ceux de Paris en
1995.
"On ne peut pas im****r ces attentats à la DST. Mais
si elle avait fait preuve de plus de vigilance ils
auraient pu être évités", affirme-t-il.
Alors qu'il s'était déjà exprimé en France à
l'occasion du procès en diffamation intenté à un
ancien militaire, Habib Souaïdia, par l'ancien
ministre de la Défense algérien Khaled Nezzar, en
juillet 2002, il a assuré n'appartenir à "aucun parti"
politique.
Quant au fait que son ouvrage sorte alors qu'à
démarré à Alger une virulente bataille électorale pour
la présidentielle de 2004, il jure aussi qu'il s'agit
d'une "coïncidence".
("Chronique des années de sang", éditions Denoël, 316
pages, 19 euros)
Un ex-colonel algérien raconte la "manipulation" des
islamistes par l'armée
PARIS, 18 sept (AFP)
Mohammed Samraoui, ex-colonel des services de
renseignement algérien aujourd'hui réfugié en
Allemagne, a témoigné jeudi à Paris de la
"manipulation des islamistes par les services secrets"
d'Alger, thèse qu'il défend dans son livre "Chronique
des années de sang".
Agé de 50 ans, cet officier a notamment été l'adjoint
du responsable de la Direction du contre-espionnage
(DCE) Smaïn Lamari de 1990 à 1992, avant d'être nommé
responsable de la Sécurité militaire (SM) en
Allemagne, pays où il a finalement choisi de déserter
en 1996 et où il vit comme réfugié politique.
Sorti jeudi aux éditions Denoël, son ouvrage est
sous-titré "comment les services secrets ont manipulé
les groupes islamistes".
Sa thèse: les groupuscules islamistes violents ont
été instrumentalisés par les services secrets bien
avant et longtemps après l'interruption du processus
électoral de janvier 1992 - censé préserver le pays
face à l'ascension du FIS (Front islamique de salut) -
de manière à terroriser le peuple et présenter l'armée
comme le seul recours.
De manière précise, citant les dates des faits qu'il
rapporte, les noms des militaires qu'il cite, Mohammed
Samraoui raconte comment tel ou tel petit voyou s'est
du jour au lendemain retrouvé "émir" dans le maquis,
selon lui avec l'aide de l'armée, comme le sanglant
Djamel Zitouni, ex-chef du Groupe islamique armé (GIA)
qu'il estime être un terroriste "à la solde des
généraux".
"Il est hors de question de nier les crimes des
islamistes, de les absoudre", s'est-il défendu à
l'occasion d'une conférence de presse, tout comme il a
nié appartenir à "aucun parti" algérien. "Ce livre
coïncide avec la pré-campagne électorale (la
présidentielle du printemps 2004, ndlr) mais c'est un
hasard total", a-t-il aussi assuré.