ben
22/05/2003, 02h14
« Blaxploitation », comédie et film noir
Le rêve américain de Kader et Karim
Remarqués il y a deux ans avec Old School, monté avec beaucoup de passion et quelques amis connus (le footballeur Bernard Lama, Smaïn, Joey Starr...), Karim Abbou et Kader Ayd sont présents à Cannes pour boucler le budget de Blaxploitation, un « polar hip hop » avec dans le rôle principal l’Américain David Carradine, l’acteur culte de la série Kung Fu.
Kader, 26 ans, originaire d’Argenteuil (Val-d’Oise, France), et Karim, Parisien de 35 ans, se sont signalés en 2000 avec leur premier essai portant la marque brouillonne et humoristique de ces « enfants d’Audiard et de Tarantino », nourris à la série B, aux musiques « black » et à la BD.
Le duo a appris « à l’école du vidéo-club », au contact des œuvres d’artisans du 7e art hexagonal des années 70 (Georges Lautner, Claude Sautet...). « C’est pas parce qu’on est des rebeus et qu’on a pas fait la FEMIS (école de cinéma, ndlr), qu’on ne connaît pas le cinéma », dit dans un entretien avec l’AFP Karim, qui travailla entre autres avec Élie Semoun et Smaïn.
Old School fut réalisé « pour 381 000F » (environ 60 000 euros), précise Kader. 135 000 entrées en France « et un carton en DVD » « ont permis à tout le monde d’être payé ».
Fort de ce succès d’estime, Kader (qui avait réalisé juste avant un court métrage sur le groupe de rap NTM) part aux États-Unis, « la cassette du film sous le bras ». Le bagout de ce « diplômé de l’arrache » et quelques recommandations lui permettent de rencontrer l’acteur noir américain Wesley Snipes, qui s’intéresse à un remake d’Old School. Le séjour, prévu pour quelques semaines, durera un an. Le projet de Snipes n’aboutira pas, en raison d’une grève des acteurs américains, selon Kader. Entre-temps, il rencontre Al Pacino, Nicolas Cage, le producteur de rap Dr Dre... « Tout va très vite là-bas, les gens réagissent de façon beaucoup plus spontanée. En France, il y a plein de gens qui mettent cinquante ans à monter un projet, quand on voit le résultat... ».
Retour au pays
À la fin de l’été 2001, Kader rentre au pays, « histoire de régler quelques affaires de famille ». Il compte revenir aussitôt aux États-Unis. Les attentats du 11 septembre bouleversent ses plans. Mais ce séjour outre-Atlantique lui permet de monter Blaxploitation, avec Karim. Le terme désigne ces films réalisés par des Blancs sur la culture noire, musicale notamment, dans les années 70, comme Shaft.
Le long métrage se revendique aussi bien des classiques du genre (Superfly) que de remakes hommages comme Jackie Brown de Quentin Tarantino.
Le producteur français Bernard Dauman (qui distribua en France jadis The Great Rock And Roll Swindle, la saga de Julien Temple sur les Sex Pistols) produit ce film au budget annoncé de « 13/14 millions de dollars ».
Comédie et film noir, Blaxploitation raconte les aventures d’un producteur sur le retour (David Carradine). Il a fait fortune avec le disco et coule des jours paisibles. Les circonstances l’obligent à sortir de sa retraite pour prendre en mains une maison de disques spécialisée dans le rap. Ce « film de gangsters sur fond de hip hop » bénéficiera d’une bande son propre à réconcilier les générations, réunissant vieilles gloires du funk (George Clinton) et nouvelles stars du rap (Onyx, Pharcyde, Snoop Dog, Busta Rhymes...). Le tournage commencera cet automne à Los Angeles (États-Unis), avec une sortie internationale prévue en 2004. En attendant de monter les marches ? Kader et Karim feignent l’indifférence : « On préfère jeûner avec les aigles que picorer avec les poules », lâche Karim.
Le rêve américain de Kader et Karim
Remarqués il y a deux ans avec Old School, monté avec beaucoup de passion et quelques amis connus (le footballeur Bernard Lama, Smaïn, Joey Starr...), Karim Abbou et Kader Ayd sont présents à Cannes pour boucler le budget de Blaxploitation, un « polar hip hop » avec dans le rôle principal l’Américain David Carradine, l’acteur culte de la série Kung Fu.
Kader, 26 ans, originaire d’Argenteuil (Val-d’Oise, France), et Karim, Parisien de 35 ans, se sont signalés en 2000 avec leur premier essai portant la marque brouillonne et humoristique de ces « enfants d’Audiard et de Tarantino », nourris à la série B, aux musiques « black » et à la BD.
Le duo a appris « à l’école du vidéo-club », au contact des œuvres d’artisans du 7e art hexagonal des années 70 (Georges Lautner, Claude Sautet...). « C’est pas parce qu’on est des rebeus et qu’on a pas fait la FEMIS (école de cinéma, ndlr), qu’on ne connaît pas le cinéma », dit dans un entretien avec l’AFP Karim, qui travailla entre autres avec Élie Semoun et Smaïn.
Old School fut réalisé « pour 381 000F » (environ 60 000 euros), précise Kader. 135 000 entrées en France « et un carton en DVD » « ont permis à tout le monde d’être payé ».
Fort de ce succès d’estime, Kader (qui avait réalisé juste avant un court métrage sur le groupe de rap NTM) part aux États-Unis, « la cassette du film sous le bras ». Le bagout de ce « diplômé de l’arrache » et quelques recommandations lui permettent de rencontrer l’acteur noir américain Wesley Snipes, qui s’intéresse à un remake d’Old School. Le séjour, prévu pour quelques semaines, durera un an. Le projet de Snipes n’aboutira pas, en raison d’une grève des acteurs américains, selon Kader. Entre-temps, il rencontre Al Pacino, Nicolas Cage, le producteur de rap Dr Dre... « Tout va très vite là-bas, les gens réagissent de façon beaucoup plus spontanée. En France, il y a plein de gens qui mettent cinquante ans à monter un projet, quand on voit le résultat... ».
Retour au pays
À la fin de l’été 2001, Kader rentre au pays, « histoire de régler quelques affaires de famille ». Il compte revenir aussitôt aux États-Unis. Les attentats du 11 septembre bouleversent ses plans. Mais ce séjour outre-Atlantique lui permet de monter Blaxploitation, avec Karim. Le terme désigne ces films réalisés par des Blancs sur la culture noire, musicale notamment, dans les années 70, comme Shaft.
Le long métrage se revendique aussi bien des classiques du genre (Superfly) que de remakes hommages comme Jackie Brown de Quentin Tarantino.
Le producteur français Bernard Dauman (qui distribua en France jadis The Great Rock And Roll Swindle, la saga de Julien Temple sur les Sex Pistols) produit ce film au budget annoncé de « 13/14 millions de dollars ».
Comédie et film noir, Blaxploitation raconte les aventures d’un producteur sur le retour (David Carradine). Il a fait fortune avec le disco et coule des jours paisibles. Les circonstances l’obligent à sortir de sa retraite pour prendre en mains une maison de disques spécialisée dans le rap. Ce « film de gangsters sur fond de hip hop » bénéficiera d’une bande son propre à réconcilier les générations, réunissant vieilles gloires du funk (George Clinton) et nouvelles stars du rap (Onyx, Pharcyde, Snoop Dog, Busta Rhymes...). Le tournage commencera cet automne à Los Angeles (États-Unis), avec une sortie internationale prévue en 2004. En attendant de monter les marches ? Kader et Karim feignent l’indifférence : « On préfère jeûner avec les aigles que picorer avec les poules », lâche Karim.