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Voir la version complète : Mon amie, ma soeur


Ali SAYAD
03/05/2003, 01h58
PREMIÈRE OFFICIELLE DE :
“MON AMIE, MA SŒUR”
L’hommage aux héroïnes anonymes

Par Rubrique Culturelle, Liberté, 3 mai 2003.

L’APC d’Alger-Centre a mis la splendide salle de cinéma L’Algeria à la disposition du producteur de Mon amie, ma sœur pour la première de ce long métrage dédié à la femme algérienne. La présentation faite par Abdelhamid Rabia, vice-président de l’Assemblée populaire communale d’Alger-centre, allait dans ce sens et il n’était pas fortuit que Mme Hassani, née Drifa Ben M'hidi ait été l’invitée d’honneur de cette soirée à laquelle, faute d’officiels, étaient présents de nombreux hommes de culture et des représentants de la presse nationale.
L’atout-maître du film de Mohamed Lebcir réside dans le fait qu’il traite de thèmes liés à la guerre de libération nationale.
On ne peut, en effet, même si près d’un demi-siècle nous sépare des tragiques évènements qui ont valu au pays d’accéder à son indépendance, rester indifférents aux drames individuels et collectifs qui ont marqué cette période. Lebcir a voulu faire revivre des épisodes de l’histoire de la lutte armée, à travers la relation de plusieurs tranches de vie impliquant des personnages féminins.
La démarche rappelle celle mise en œuvre par Djamel Chanderli au lendemain de l’indépendance pour dire le vécu de ces enfants pris dans la tourmente des bombardements, ratissages et exactions.
Aïda Kechoud, qu’a introduite dans le monde du 7e art le regretté Mustapha Badie, en faisant d’elle l’un des personnages les plus attachants de L’incendie, a clos les chapitres déchirants dans lesquels sont narrés, avec une remarquable sensibilité, les situations créées ou subies par des mères et des filles animées par un prodigieux amour de la patrie.
Les jeunes comédiennes telles que Salima Taïbi et Nawel Kateb ont fait preuve de talent pour incarner dignement ces héroïnes anonymes à qui on a arraché un époux, un frère, un père ou un fils.
D’une intensité dramatique inégale, le film révèle tout de même de gros efforts de reconstitution historique. On le constate notamment à travers les décors et les costumes, mais l’ensemble laisse observer, hélas, un manque de moyens qui se répercute négativement sur la cohérence et la “finition”. On notera que le film de Lebcir a été financé, en partie, par le Commissariat général de l’Année de l’Algérie en France. À ce titre, il sera certainement intégré au programme de “Djazaïr 2003”.

R. C.