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Voir la version complète : Awechchem, premier art graphique et pictural


Ali SAYAD
03/05/2003, 01h49
Les arts graphiques et l'esthétique n'ayant de place dans nul forum (oubli des administrateurs ?), ils sont en droits d'investir la "libre expression" comme lieu pour se dire et s'exprimer. Dans son expression "awechchem", il rend hommage à nos mères, premières à exprimer cet art sur les poteries, les tapis et tissages, tatouages... ancêtres de la peinture et de l'écriture.



NOUREDDINE HAMOUCHE EXPOSE À ARTISSIMO
La symbolique des signes

Yacine Idjer, Liberté, 3 mai 2003.
L’art de Noureddine Hamouche s’inscrit dans l’aouchem, une mouvance artistique qui, originale, tend à représenter le tréfonds culturel sur lequel s’était bâtie la culture populaire algérienne, une culture multimillénaire.

L’une des particularités de l’homme consiste à satisfaire un besoin élémentaire, inné à lui, celui de traduire son désir de dire sur lui ou sur le milieu dans lequel il prend naissance et évolue, soit par la parole soit par l’image, et ce, depuis la nuit des temps, à la naissance même de la civilisation. Noureddine Hamouche, artiste peintre et céramiste, recourt à l’image avec la représentation de figures multiples et de tatouages typiques pour dire ou retracer une histoire. Il peint des tableaux (gouache/aquarelle), comme clé touarègue, khamssa ou encore des clés et des signes sur lesquels il projette des motifs ou des symboles qu’il a puisés dans le patrimoine, donc dans l’art traditionnel. Il s’agit au fait de signes variés et de symboles représentatifs, propres au Maghreb, des figures, donc, que l’on trouve dans le tissage (tapis) ou dans la poterie. Noureddine Hamouche fait revivre l’art traditionnel, celui des symboles et des signes, un art multimillénaire, témoignant ainsi de l’authenticité, donc de l’identité berbère.

Il fait valoir, à travers son art, la culture de nos ancêtres. Les peintures de Noureddine Hamouche relèvent de l’identitaire, puisqu’elles sont une perpétuelle quête des origines. Son art s’inscrit dans l’aouchem, une mouvance artistique qui, originale, tend à représenter le tréfonds culturel sur lequel s’est bâtie la culture populaire algérienne, une culture multimillénaire. Par sa peinture, qu’elle soit sur papier, sur bois ou encore sur céramique, Noureddine Hamouche remonte donc aux origines, au commencement, à ces premiers jours où l’homme, animé par le désir si pressant de communiquer, invente un mode d’expression basé sur la représentation spectaculaire de motifs originaux ou de tatouages suggestifs. Un langage d’une grande richesse sémantique.

En outre, l’artiste montre la beauté, donc l’esthétique de ces signes qui occupent d’une manière si harmonieuse l’espace pictural, un espace où vient s’articuler l’imagination – ou la rêverie – créatrice de l’artiste, par laquelle il affirme son art.
I. Y.

* L’exposition a lieu à l’école d’art Artissimo, sise 28, rue Didouche Mourad, Alger, et se prolongera jusqu’au 10 mai.

Ali SAYAD
05/05/2003, 01h14
Culture (Liberté, édition du 5/5/2003)
Ray Slim Amazigh à la galerie Baya
Le portraitiste ancestral
Par Yacine Idjer


Une série de tableaux de l’artiste peintre Ray Slim Amazigh sont exposés à la galerie d’Art Baya, au Palais de la culture d’Alger Moufdi Zakaria. Sur la surface de chaque tableau, l’artiste, d’un doigté pur et perspicace réalise des portraits d’hommes ou de femmes, mêmes ceux d’enfants.
Ces portraits sont réalisés avec un souci d’exactitude, avec un souci du détail particulièrement aigu, très démonstratif, montrant l’importance du détail chez l’artiste. Le geste de Ray Slim Amazigh aidé par le pinceau consiste à donner donc au détail un caractère proéminent, à le réussir, à parfaire les contours, à façonner les traits, à donner à ses personnages justes et sereins une apparence proche de la réalité, saisissable par l’œil. Il s’agit de poses élégantes, paisibles et sincères. Ces personnages qui occupent l’espace pictural apparaissent soit à l’intérieur dans un décor rustique, soit à l’extérieur dans un panorama campagnard, voire montagnard. Ray Slim Amazigh s’inspire de son village, de sa région qui est la Kabylie. D’ailleurs, tous les portraits qu’il confectionne avec une approche personnelle mêlée à des accents collectifs évoquent les monts du Djurdjura. Tous ces personnages, pour la plupart, des femmes, sont représentés à travers leurs signes culturels et leurs symboles locaux. L’artiste ne lésine pas sur les formes afin de donner à ses portraits de l’allure et du relief. Même chose pour les couleurs. Il utilise toutes les couleurs, notamment les couleurs chaudes, vives pour maquiller ces personnages et leur donner de l’éclat, du réalisme, attirant ainsi l’attention de l’observateur qui, frappé par tant d’abondance de couleurs et de forme, s’approche du tableau pour l’examiner, voire l’admirer.
Les visages d’une simplicité mais également d’une beauté neuve, fragile et fraîche sont pris dans leur ingéniosité, dans leur spontanéité, dans leur authenticité, le tout est imprégné d’une spiritualité pénétrante.

I. Y.