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Voir la version complète : Unesco : La langue khwe devant un parterre de linguistes


Ali SAYAD
03/04/2003, 18h20
L'Unesco, dernière tribune d'une langue oubliée

LE MONDE | 01.04.03 | 13h32

"Khwedam ta mîte xohè ti-u damhè kx'uilloe n-gaodji xa damhè Namibiya, Butcoana, South Afrika no Djambiya ta". Ils sont peu nombreux, qui entendent le khwedam. C'est donc devant un auditoire quelque peu médusé que Xunudao Bothas Marinda – un jeune Namibien de 24 ans – s'est, à la mi-mars, exprimé en langue khwe à l'Unesco devant un parterre de linguistes réunis pour discuter des plans d'action à mettre en œuvre pour enrayer l'appauvrissement linguistique mondial.

Murmures et toussotements dans la salle. Confusion et silence dans les cabines des interprètes. Au milieu de l'assemblée, certains cherchent fébrilement le canal de traduction simultanée dans l'une des six langues officielles des Nations unies (anglais, français, espagnol, arabe, chinois et russe). Inutile : rien n'a été prévu. Personne, ou presque, ne comprend un traître mot de cette intervention de dix minutes, prononcée en dépit des usages linguistiques en vigueur dans les agences des Nations unies. Et il faudra attendre la fin de cette déclaration et la distribution d'une traduction écrite pour avoir le fin mot de son propos.

On ne comprend pas, mais on écoute. Car les accents du khwedam, une de ces langues "à clics" de l'Afrique méridionale, sont rares. Seuls 7 000 locuteurs persistent en effet, en dépit des discriminations, à parler le khwedam. M. Marinda, invité par l'Unesco pour raconter la lutte de ses compatriotes pour sauvegarder leur langue, a simplement introduit son intervention en disant : "Le khwedam est ma langue, elle est parlée en Namibie, au Botswana, en Afrique du Sud et en Zambie".

MENACES SUR LE PARLER KHWE

"On nous enlève nos terres, nos gouvernements ne reconnaissent pas nos chefs traditionnels, a-t-il poursuivi. Notre langue est ignorée à l'école et n'est pas reconnue officiellement. Néanmoins, notre communauté développe le khwedam très activement". Avec l'aide d'universitaires et d'ONG, la communauté khwe a ainsi inventé une typographie pour retranscrire sa langue. Toujours minoritaire, toujours menacé, le parler khwe peut désormais s'écrire. "Dans six mois, nous publierons notre premier dictionnaire ; une grammaire sera disponible dès l'année prochaine et notre langue est déjà enseignée dans certaines de nos écoles", explique, en anglais, M. Marinda.

Pourquoi avoir tenu à faire son intervention en khwedam ? "Parce que j'aime ma langue", répond-il. Mais, dans l'enceinte d'une organisation de l'ONU vouée à la sauvegarde du patrimoine, cette facétie a pris une autre dimension. Au cours des discussions, certains universitaires présents ont en effet mis l'accent sur l'étroitesse linguistique des grandes administrations – nationales ou internationales – coupables, selon eux, d'assujettir l'ascension sociale à la pratique exclusive des langues majoritaires. Et donc de dissuader les membres des communautés minoritaires d'enseigner leur langue à leurs enfants. Comme en écho à l'intervention de M. Marinda, un linguiste africain a notamment déclaré, en préambule à son discours : "Si je suis aujourd'hui invité à m'exprimer devant vous, ce n'est pas parce que je suis meilleur linguiste que certains de mes collègues, c'est parce que je maîtrise bien deux des langues officielles de l'ONU".
Stéphane Foucart

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU MONDE DU02.04.03

Tamazra
03/04/2003, 21h38
Je suis venue, j'ai lu et je n'ai pas compris !

Mais vu mon état de fossilisation avancée, c normal, quel est le rapport avec le forum expression écrite en tamazirte ??

Oh Monsieur Sayad, si vous pouviez m'expliquer, je serais un peu moins idiote, moi la béotienne, et je ne m'occupe que de ce qui me regarde, pas de la vie privée de ce monsieur !

lbaz idurar
03/04/2003, 22h27
Azul tamazγa


J'ai lu comme toi l'article et je pense que mass SAYAD veut montrer un lien avec notre chere langue qui est parler par des millions de personnes ,et j'usqu'a aujourd'ui,personne n'a osé là parler dans un haut conseil tel que l'UNESCO,ou peut importe le lieu.

Bravo M.MARINDA