Yoda
03/04/2002, 19h13
Dans un discours récent motivé par l’opportunisme électoral, Abdelaziz Bouteflika a dû, contraint et forcé, se déclarer disposé à reconnaître Tamazight langue nationale. Cette fausse concession ne procède pas d’une avancée politique mais d’une sorte d’offrande régalienne contre laquelle il espère pouvoir faire participer la Kabylie aux élections législatives qui, en mai 2002, reconduiront à coup sûr le même pouvoir. Mais le marché de dupes a reçu la réponse qu’il méritait : une fin de non-recevoir.
Depuis lors, la répression se déchaîne contre les manifestants pacifiques. Et tandis que la télévision d’Etat montre en boucle les horreurs commises contre les Palestiniens, l’armée israélienne fait des émules en Kabylie, à cette différence près que les forces de sécurité algériennes agissent dans le silence des médias officiels.
Chasse à l’homme, tirs contre les jeunes, exactions à l’encontre des familles attaquées dans leurs domiciles : l’armée, la police et la gendarmerie se comportent comme des forces d’occupation. Les gendarmes, dont le rôle provocateur et meurtrier dans le déclenchement du Printemps noir a été prouvé jusques par la commission Issad, se vengent comme de vulgaires voyous de « droit commun ». Morts, blessés, arrestations massives : nous voilà, une fois de plus, plongés dans le cycle infernal manifestation-répression, jeu dans lequel excelle le pouvoir algérien. Comme à chaque fois, il n’est pas impossible que se joue là le débordement d’un de ces conflits du sérail dont l’Algérie des clans a le cynique secret.
C’est la population qui paye. C’est la démocratie qui trinque.
Nous attendons des forces de sécurité, qui font preuve d’un tel zèle à s’en prendre à des jeunes désarmés et dont les revendications sont fondées, qu’elles dépensent leur héroïsme dans la lutte contre le terrorisme.
Nous exprimons toute notre solidarité avec les manifestants assiégés par une armée censée les protéger et leur disons que nous sommes à leurs côtés dans ces moments difficiles dans la lutte que livre la démocratie à la dictature. Nous nous associons à leur position selon laquelle la tenue d’élections législatives dans les conditions qui sont celles du pays serait un acte surréaliste.
Nous dénonçons fermement la réponse brutale donnée par le pouvoir à la seule base d’entente possible, la plate-forme d’El Kseur. Nous en appelons à l’opinion algérienne pour qu’elle voie avant qu’il ne soit trop tard, dans le conflit actuel, non un problème régional, comme veut le faire croire le pouvoir, mais bien une épreuve pour la démocratie qui concerne le pays tout entier. Nous en appelons, enfin, à l’opinion internationale pour qu’elle s’élève contre ce massacre à huit clos et exerce sur le pouvoir des pressions pour qu’il respecte ses propres lois concernant l’application de la justice pour tous ceux qui se rendent coupables d’atteinte à la loi, fussent-ils des hommes censés la protéger ou l’appliquer.
Paris, le 2 avril 2002
La FACAF
Depuis lors, la répression se déchaîne contre les manifestants pacifiques. Et tandis que la télévision d’Etat montre en boucle les horreurs commises contre les Palestiniens, l’armée israélienne fait des émules en Kabylie, à cette différence près que les forces de sécurité algériennes agissent dans le silence des médias officiels.
Chasse à l’homme, tirs contre les jeunes, exactions à l’encontre des familles attaquées dans leurs domiciles : l’armée, la police et la gendarmerie se comportent comme des forces d’occupation. Les gendarmes, dont le rôle provocateur et meurtrier dans le déclenchement du Printemps noir a été prouvé jusques par la commission Issad, se vengent comme de vulgaires voyous de « droit commun ». Morts, blessés, arrestations massives : nous voilà, une fois de plus, plongés dans le cycle infernal manifestation-répression, jeu dans lequel excelle le pouvoir algérien. Comme à chaque fois, il n’est pas impossible que se joue là le débordement d’un de ces conflits du sérail dont l’Algérie des clans a le cynique secret.
C’est la population qui paye. C’est la démocratie qui trinque.
Nous attendons des forces de sécurité, qui font preuve d’un tel zèle à s’en prendre à des jeunes désarmés et dont les revendications sont fondées, qu’elles dépensent leur héroïsme dans la lutte contre le terrorisme.
Nous exprimons toute notre solidarité avec les manifestants assiégés par une armée censée les protéger et leur disons que nous sommes à leurs côtés dans ces moments difficiles dans la lutte que livre la démocratie à la dictature. Nous nous associons à leur position selon laquelle la tenue d’élections législatives dans les conditions qui sont celles du pays serait un acte surréaliste.
Nous dénonçons fermement la réponse brutale donnée par le pouvoir à la seule base d’entente possible, la plate-forme d’El Kseur. Nous en appelons à l’opinion algérienne pour qu’elle voie avant qu’il ne soit trop tard, dans le conflit actuel, non un problème régional, comme veut le faire croire le pouvoir, mais bien une épreuve pour la démocratie qui concerne le pays tout entier. Nous en appelons, enfin, à l’opinion internationale pour qu’elle s’élève contre ce massacre à huit clos et exerce sur le pouvoir des pressions pour qu’il respecte ses propres lois concernant l’application de la justice pour tous ceux qui se rendent coupables d’atteinte à la loi, fussent-ils des hommes censés la protéger ou l’appliquer.
Paris, le 2 avril 2002
La FACAF