La bonne nouvelle c est que Setif est enfinr endue a la Kabylie.

Setif n'ajamais ete chawi !!!

Le président sortant, en campagne pour sa réélection, a reçu un accueil distant lors d'une visite éclair.

Bejaïa, Bordj Bou Arreridj, Sétif de notre envoyée spéciale

Lorsque l'avion s'est posé sur l'aéroport de Bejaïa, il n'y avait ni tambourins ni fantasia... L'accueil réservé au président Abdelaziz Bouteflika par la capitale de la Petite Kabylie, lundi matin 29 mars, a été distant, lointain, presque froid. Les Kabyles entendaient rappeler au président-candidat qu'entre lui et eux existe un passif douloureux : les 120 morts et les milliers de blessés du "printemps noir" de 2001.

A quelques jours de l'élection présidentielle du 8 avril - que le mouvement contestataire des arouch et le FFS (Front des forces socialistes), bien implanté dans la région, appellent à boycotter -, Bejaïa (100 000 habitants) était pour le candidat Bouteflika une étape incontournable. Son rival principal, Ali Benflis, le secrétaire général du FLN (Front de libération nationale) n'était-ils pas attendu, quelques heures plus tard, dans cette même ville de Bejaïa ?

Le président-candidat a rempli son contrat. En moins d'une demi-heure, la visite était réglée, sans incident. La salle omnisports de 2 000 à 3 000 places, où le président a tenu son meeting, n'était qu'aux trois quarts remplie mais acquise à sa cause. Banderoles ("Boutef, c'est mon choix"), portraits géants du candidat, ballons multicolores, et même, ici et là, des casquettes jaunes frappées du sigle "Boutef président"... Rien ne manquait

Debout sur une estrade, le chef de l'Etat a développé les thèmes de sa campagne. "Je sais qu'il existe des problèmes dans cette région, je ne le nie pas, mais il faudrait qu'on dialogue, sans violence. C'est la violence qui nous a menés au gouffre", a-t-il lancé. "Si je dois me couper les deux mains pour ramener Bejaïa et la Kabylie à l'Algérie, je le ferai !" a-t-il ajouté. Et encore : [COLOR=RED]"Nous sommes tous des Berbères, arabisés par l'islam, et c'est cet islam qui nous réunit aujourd'hui."[COLOR]

"Le 8 avril, vous aurez le choix entre la continuité ou un Etat bandit. A vous de décider, en toute sérénité", a-t-il déclaré, avant de marteler, la voix éraillée par la fatigue et le rythme des meetings (trois par jour, en moyenne) : "Votez !" "Votez !". "Bouteflika président !" a hurlé l'assistance, en faisant le V de la victoire.

En bas de l'estrade, deux spectateurs étaient particulièrement attentifs aux réactions de la salle : Saïd et Mustapha Bouteflika, les deux frères du président. Le premier est son conseiller et fait office de secrétaire général à la présidence. Le second est son médecin. L'un et l'autre lui ressemblent comme des clones : même silhouette, mêmes yeux clairs.

Quand le président a quitté Bejaïa, le soulagement de son entourage était perceptible. Les forces anti-émeutes, casquées, matraque à la main, qui avaient pris place à proximité de la salle omnisports, pouvaient alors disparaître.

Dans la ville de Bordj Bou Arreridj (100 000 habitants), puis à Sétif (300 000 habitants), les comités d'accueil étaient au rendez-vous et les salles de meeting pleines à craquer. Dressant le bilan de son action - "sécurité à l'intérieur, prestige retrouvé à l'extérieur, diminution de la dette, caisses de l'Etat pleines" -, le chef de l'Etat a plaidé pour la continuité, soulignant que le développement va de pair avec la stabilité. "Les périodes de transition qui n'en finissent pas, j'en ai marre ! Le peuple algérien en a marre !" s'est-il soudain exclamé en français. "Bou-te-fli-ka pré-si-dent, ooh, ooh ooh !" a répondu la foule, aux anges, sur l'air du Loft, l'ex-émission de M6, la chaîne française.

"Le 8 avril, le peuple algérien aura le choix entre la continuité et l'inconnu", a conclu l'orateur, sans jamais citer le nom de son adversaire principal, Ali Benflis (qui fut son premier ministre), mais en fustigeant à plusieurs reprises "les traîtres" et les "mercenaires de la plume, ces terroristes". L'allusion visait les journalistes de la presse privée avec laquelle le chef de l'Etat entretient des rapports exécrables.

Florence Beaugé