Le Noeud
Une fraîche goutte de rosée,
Doucement a coulé de la toile,
Mon triste cœur s’en est imprégné,
Ravivant la lumière des étoiles…
Je suis le sage, le mystérieux,
Celui qui parle au nom des esprits,
Mes actes sont guidés par les dieux,
Et pourtant me voilà qui faiblit…
Cette étrange flamme qui m’anime,
Disperse en miette mon esprit,
Elle a fait de mon âme sa dîme,
Et brouillée ma vision dans la nuit…
Et pourtant, les dieux en sont témoins,
Je savais cela depuis longtemps,
Je croyais en avoir fait de mon pain,
L’avenir et ses sombres tournants…
Mais jamais je n’eut pu croire que,
Les Nornes de leurs osseuses mains,
Puissent de tels alambiqués nœuds,
Nous tisser à nous, mortels humains…
Mais cette confuse ondulation,
Cette tresse divine et ténue,
J’en suis le pilier et la raison,
Bien qu’il me semble l’avoir perdue…
Et l’autre, comment se fait-il que,
Elle fasse encore partie de ce nœud ?
Tant de vies n’ont-elles pas déliées,
Ces deux mystérieuses destinées ?
Après tout, toutes ces questions,
Ne sont qu’inutilités amères,
Laissons faire le temps et voyons,
Ce que nous réservent les trois mères…
Une fraîche goutte de rosée,
Doucement a coulé de la toile,
Mon triste cœur s’en est imprégné,
Ravivant la lumière des étoiles…
Guþrif Olaff Guþrifson 2006



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