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Sujet : Poésie Guthrifienne

  1. #1
    Guthrif Invité

    Poésie Guthrifienne

    Mes Marionnettistes



    Les démons furieux, sereins moutons,
    Maléfiques, impassibles et bons,
    Qui hantent mon esprit, mes pensées,
    Le matin, la nuit et la journée,
    Sont des marionnettistes.

    Je suis un pantin de bois de chêne,
    Dont les membres, par de lourdes chaînes,
    Où par fil de soie, sont animés,
    Et j’exécute les volontés,
    De mes marionnettistes.

    Je les aime et je les vénère,
    Ils sont ma force et mon caractère,
    Ils m’aident à trouver inspiration,
    Courage, sang-froid et réflexion,
    Mes chers marionnettistes.

    Je les hais et crache à leur visage,
    Car je connais leurs sombres présages,
    Ils sèment en moi colère et furie,
    Je suis le jouet de leur folie,
    Maudits marionnettistes.

    Ce sont de pernicieux bienfaiteurs,
    Sages démentiels, lâches sans peur,
    Jamais d’accord, toujours en cohue,
    Mais malgré tout je m’y habitue,
    A mes marionnettistes.

    En effet ils font partie de moi,
    Que je le veuille, ou ne veuille pas,
    Et pourquoi voudrais-je qu’ils désertent ?
    Mon corps vide d’eux serait inerte,
    Parfaits marionnettistes.



    Guþrif Olaff Guþrifson 2005

  2. #2
    Guthrif Invité
    Le Noeud



    Une fraîche goutte de rosée,
    Doucement a coulé de la toile,
    Mon triste cœur s’en est imprégné,
    Ravivant la lumière des étoiles…

    Je suis le sage, le mystérieux,
    Celui qui parle au nom des esprits,
    Mes actes sont guidés par les dieux,
    Et pourtant me voilà qui faiblit…

    Cette étrange flamme qui m’anime,
    Disperse en miette mon esprit,
    Elle a fait de mon âme sa dîme,
    Et brouillée ma vision dans la nuit…

    Et pourtant, les dieux en sont témoins,
    Je savais cela depuis longtemps,
    Je croyais en avoir fait de mon pain,
    L’avenir et ses sombres tournants…

    Mais jamais je n’eut pu croire que,
    Les Nornes de leurs osseuses mains,
    Puissent de tels alambiqués nœuds,
    Nous tisser à nous, mortels humains…

    Mais cette confuse ondulation,
    Cette tresse divine et ténue,
    J’en suis le pilier et la raison,
    Bien qu’il me semble l’avoir perdue…

    Et l’autre, comment se fait-il que,
    Elle fasse encore partie de ce nœud ?
    Tant de vies n’ont-elles pas déliées,
    Ces deux mystérieuses destinées ?

    Après tout, toutes ces questions,
    Ne sont qu’inutilités amères,
    Laissons faire le temps et voyons,
    Ce que nous réservent les trois mères…

    Une fraîche goutte de rosée,
    Doucement a coulé de la toile,
    Mon triste cœur s’en est imprégné,
    Ravivant la lumière des étoiles…

    Guþrif Olaff Guþrifson 2006

  3. #3
    Guthrif Invité
    Les Runes...


    Un jour passant par un village,
    Quelque passant ayant l’air sage,
    M’adressa ces paroles tristes,
    « Je suis Guthor, fils de Bregist,

    Désespoir profond sur mon âme,
    Trente pièces d’or le troll réclame,
    Sans cela, cruel châtiment,
    Il dévorera mon enfant ! »

    « Trente je ne peux te donner,
    Mais à ma ceinture pend l’épée,
    Avec laquelle tua mon père,
    Le sinistre et cruel Böhndèr ! »

    « Böhndèr, ne serait-ce pas lui,
    Que l’on disait de par Loki,
    Posséder la brutalité,
    D’une douzaine de guerriers ? »

    « Tu ne te trompes point, Guthor,
    Cet être vil fut mis à mort,
    Par le tranchant de cette lame,
    Que l’on appelle « Sombre Flamme »,

    Epée runique de combat,
    Comme jamais plus tu n’en verras,
    Je la dispose à ton service,
    Pour de ce monde chasser le vice ! »

    « Vous acceptez donc de traquer,
    Ce troll infecte et le tuer,
    Mais quelle est donc la raison,
    De votre brusque compassion ? »

    « Compassion ? Je n’en ai aucune,
    En ce matin, j’ai lu les runes,
    Disant que ton enfant est fille,
    Et que celle-ci serait jolie ! »

    « Jolie est qualifiant léger,
    Pour présenter tant de beauté,
    On dit de ma fille qu’elle est belle,
    Comme le retour de l’hirondelle,

    Que ses contours sont si gracieux,
    Qu’elle rendrait folle d’amour un dieu,
    Mais je m’éloigne de la question,
    Et je ne sais point la raison ? »

    « La raison n’est pas compliquée,
    Je cherche une fille à marier,
    Une femme digne de moi,
    Qui descendance m’assurera ! »

    « Ma fille n’est pas à donner,
    A n’importe quel étranger,
    Son mari, elle choisira,
    Et je ne pense pas que toi… »

    « Peu m’importe ce que tu penses,
    Ta fille entre les ongles rances,
    Du troll répugnant je la laisse,
    Si tu ne me fais pas promesse,

    Qu’après l’avoir du troll sauvé,
    En mariage elle me soit donnée,
    Et qu’avec moi vole la belle,
    Dans mon navire à travers ciel. »

    « Vous êtes bien cruel, seigneur,
    Mais, et cela malgré mes pleurs,
    Obligé suis-je de vous faire,
    Promesse à cause de ma misère ! »

    Et sur ce, me voilà parti,
    A travers forêts et prairies,
    Trois jours de marche me menèrent,
    Dans de sombres boyaux sous terre,

    La où vivait la sombre bête,
    Dont les mains larges comme trois têtes,
    Tenaient un énorme os pointu,
    « Avance un pas et je te tues ! »

    « Je ne peux mourir aujourd’hui,
    Car dans les runes il est écrit,
    Que la fille j’épouserai,
    Et que le troll je tuerai ! »

    Le monstre se jeta sur moi,
    Mais ne fit pas plus de trois pas,
    Avant de tomber transpercé,
    Par le tranchant de mon épée.

    De la caverne je sorti,
    Emmenant avec moi la fille,
    A laquelle je racontais,
    Que les runes nous destinaient,

    A êtres époux dans la soirée,
    Et je tentais de l’embrasser,
    Mais la fille prise de peur,
    Ma lame enfonça dans mon cœur,

    Le sang s’écoula de mon corps,
    Et en un souffle je fus mort,
    Non pas que je me sois trompé,
    Cependant j’avais oublié,

    Que les runes de sang tracées,
    N’exprime que ce qui devrait,
    Et non ce qui va arriver,
    Je m’en souviens désormais…

    Guþrif Olaff Guþrifson 2006

  4. #4
    Guthrif Invité
    L’Ulfhednar*



    Je suis Sigurdsson, sorti d’un cauchemar,
    Celui que mes frères appellent l’ « Ulfhednar ».


    Je suis la bête tapie au fond des bois,
    Dont le râle rauque te fais tressaillir,

    Je suis l’homme-loup et le loup est en moi,
    Celui que tu pries de n’entendre rugir.


    Je suis celui que ni le feu, ni l’acier,
    Dans sa folle chasse ne peut arrêter,

    Car je suis de même celui qui détient,
    En son corps la rage furieuse des dieux,

    Mon père borgne que l’on appelle Odin,
    M’offrit à la naissance ce don précieux,

    Malédiction, aux yeux de mes adversaires,
    Dont ma transe sanguinaire et meurtrière,

    Offre frissons jusque dans leurs molles chairs,
    Que je me languis de dégustation faire.


    Je suis celui qui fait cadeau de son corps,
    Aux coups de fer cruels, assoiffés de sang,

    Qui me dévoreront, m’offriront la mort,
    Une simple mort charnelle uniquement,

    Mon âme chevauchera derrière la belle,
    Et s’en ira rejoindre mes fiers aïeux,

    A leur table sera servit l’hydromel,
    Et prêts serons pour le crépuscule des dieux !




    Guþrif Olaff Guþrifson 2005


    *Les Ulfhednar étaient des guerriers-chamanes de mon peuple. Vétus de peaux de loups, ils chargeaient les ennemis sans se soucier de leur propre survie, hurlant comme des déments (c'est eux qui ont donnés naissance au mythe du loup-garou). Selon la légende, l'acier et le feu ne pouvaient blesser ces guerriers car ils étaient protégés par les dieux. ;-)

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