Azal Belkadi est un artiste à multiples talents, artiste peintre, styliste modéliste, maquilleur, et chanteur lyrique berbère, une voix de ténor. Il continue dans le sillon tracé par Taos Amrouche, pionnière de l'opéra kabyle. Azal est un nom d'emprunt pour lequel il a opté parce qu'il tente de mener un" travail de valeur", qui ne sera pas éphémère car c'est aussi le zénith, le plein soleil du midi, qui revient tous les jours sans manquer au rendez-vous.

Comment est venu votre intérêt pour le chant berbère ancien?
Étant enfant j'ai été bercé avec ces chants-là, par ma mère et mes tantes. Chaque tâche quotidienne étaient poèmes et mélodies, variant selon le le tissage, la broderie berbère, le travail des champs, etc.
Ma prise de conscience de la nécessité de les conserver s'est faite lorsque j'étais étudiant aux beaux arts d'Azazga, grâce à mon enseignant de l'époque: Boualem Rabia.
Il m'avait présenté une américaine: Jane Goldman, qui faisait à l'époque une thèse de doctorat sur la poésie berbère ancienne.
Je l'ai vu travailler sur le terrain. Je l'ai même aidée en la présentant à mes cousines et aux vielles du village dans ma région de Aïn El Hemmam.
Ces femmes improvisaient à son intention des moments de fêtes et d'incantation. Je me rappelle qu'on l'avait baptisée Djamila et habillée de robe et foulard kabyles.
Pour moi c'était une giffle: comment une américaine venue de si loin et d'une autre culture s'intéresserait à ce trésor alors que nous, nous ne faisions rien.
D'ailleurs, grâce à elle, je me suis rendu compte que la plupart des chansons kabyles qui étaient sur le marché venaient de notre patrimoine. Elle trouvait cela dommage que ces artistes ne le disent pas, selon elle ça aurait donné plus de valeur à ce riche héritage.
Cela aurait prouvé que ces belles œuvres chantées de manière moderne ne sont pas le fruit d'une unique personne mais de tout une population au riche patrimoine oral.
Elle avait enregistré bon nombre de chants et poèmes en Kabylie, auprès des vielles villageoises -donc encore à l'était brut-, lesquels malheureusement aujourd'hui tendent à disparaitre.
Vous aviez donc opté pour les Beaux-Arts?
Pourquoi les beaux arts? parce que j'étais doué pour le dessin et depuis l'école primaire tous les professeurs me sollicitaient pour leur reproduire des schémas scientifiques et autres cartes géographiques sur le tableau,
En terminale j'ai passé le concours pour accéder aux Beaux Arts d'Azazga, malheureusement deux ans plus tard l'école a fermé ses portes à cause du terrorisme et j'ai dû faire ma dernière année à Oran, avant de rejoindre les beaux Arts d'Alger et d'obtenir par la suite une bourse en France pour me spécialiser dans la restauration des tableaux de peinture du XVII et XVII siècle.
Depuis vous êtes entre la peinture et le chant?
Depuis que j'étais enfant j'aimais chanter dans la nature, d'ailleurs au village on me prenait pour un fou, raison pour laquelle on me laissait tranquille (rire).
Quand j'ai fini ma formation des Beaux Arts j'ai passé un casting et j'ai été recruté au théâtre de l'orage, la marraine était Ariane Mnouchkine, fondatrice du théâtre du soleil à la cartoucherie de Vincennes.
Je jouais et chantais Taos Amrouche dans la pièce "Le tiers restant" de Mohamed Zaoui, dont le thème était l'exil.
Ensuite mon premier spectacle était avec l'association amazigh de Saint Denis, lors d'un hommage à Taos Amrrouche, d'ailleurs en présence de sa fille Laurence Bourdil.
C'est quoi pour vous le chant lyrique berbère?
Le chant lyrique berbère c'est donner un côté classique à nos IZLAN , qui regroupent notre poésie et chants anciens. Il m'arrive d'imaginer nos ancêtres, du temps des Romains, chanter de la même manière!
J'ai toujours été attiré par l'opéra. La première K7 qu'on m'a offerte était de Taos Amrouche, que je faisais écouter à tout le monde, ça me transportait!
Depuis tout jeune mes préférèrences musicles étaient Luciano Pavarotti, la musique classique en général, les anciennes chansons kabyles que j'arrivais toujours à dénicher grâce à des contacts à la radio.
J'avais une grande admiration pour la Callas, les opérettes allemandes et italiennes étaient un régal même si je ne comprenais pas la langue. Et quand la Callas a chanté Carmen en français, j'étais heureux!
Mais l'artiste kabyle qui me touchait le plus était Zerrouk Allaoua que je considère comme notre chanteur ténor. C'est une grande figure pour moi, mon idole en quelque sorte.
Vos textes sont chantés en kabyle, pourquoi intituler votre spectacle "Chants lyriques berbères"?
Qui dit chant ancien dit berbère, amazigh si vous voulez.
C'est vrai que les mots sont en kabyle mais les airs nous les trouvons partout dans Tamazgha.
Une fois un berbère des îles Canaries qui m'a entendu chanter, était très surpris: il m'a appris que l'air que je chantais était bien connu chez lui, dans les iles Canaries.
Vous créez également des costumes berbères, dont ceux que portent vos choristes et danseuses, que vous portez vous-même et vos musiciens lors de vos spectacle? en quoi ces costumes sont-ils berbères?
Il y a quelques années j'ai illustré un livre de contes berbères "Tanina" réalisé par Shamy CHEMINI. J'ai imaginé les costumes qu'auraient pu porter nos ancêtres à l'époque médiévale que j'ai traduit en dessins.
Les costumes que je créé sont un patchwork reconstituant les vêtements de toutes les ethnies berbères.
Il s'agit de drapé, comme à la romaine, maintenu par des fibules et attaché par une ceinture berbère. Il demeure encore des régions qui s'habillent de la sorte dans Tamazgha.
La robe kabyle connue de nos jours est en fait une création française.
Quand je vais dans des régions de Kabylie où les pères blancs n'étaient pas installés, je retrouve les même vêtements que dans les autres contrées non-kabylophones.
Il en est de même des coiffes, des bijoux et des tatouages. La femme amazighe est très belle et très coquette, malgré toute la responsabilité et le poids de la civilisation qu'elle a toujours su porter sur ses épaules.
Arrivez-vous à vivre de votre art?
C'est très difficile..
Un dernier mot?
Je vais finir avec une phrase de Taos Amrouche qu'elle avait dite au théatre de la ville à Paris, lors de son dernier spectacle. Une phrase qui m'avait beaucoup touché
"Je chante les chants anciens pas uniquement pour la génération présente, je chante aussi pour la génération future".
Elle a gagné son pari, la preuve nous sommes encore là à méditer son message.
Je suis là, avec d'autres, à continuer son travail et son combat qui est de préserver et de transmettre ce que nous ont légué nos ancêtres aux générations futures.
Je suis la preuve vivante qu'elle a gagné son pari.

Commentaires
UN ARTISTE
IL a bien ecouter meme les chants quand il etait un ptit bébé.je vais bien vous les rappeler:
ess tatsud d ayenni
atan atan ar igenni
arrebi afkiyi
tawaract n wudi
ats yecc mimi.
des souvenirs d'enfance meme si nous ne comprenons pas mais nous enregistrons. la priemiere lettre transmise est le "s".ess,un comportement pour securiser .l'histoire de l'homme.
tanemirt.
azel
BRAVO
ad yestuqet rebbi am
ad yestuqet rebbi am kecc.afud iggerzen
tanmirt
winn n'da
AZAL : opéra kabyle !
L'Algérie continue toujours sa politique nihiliste . On ramène toujours des étrangers ( à coups de devises) pour divertir certains , pendant qu'on interdit les meilleurs acteurs culturels berbères de se produire dans leur pays , même ceux ne demandant aucune prise en charge ( voir les déclarations de Takfarinas) . Tel , un enfant gâté , on continue dans la promotion de la culture arabo-islamique , si morbide à la culture algérienne ( berberophone et arabophone ) . Merci pour ces perles , ces étoiles qui continuent à nous éblouir . Longue vie à ceux qui font la promotion de la culture berbère en général . tayda
Tanmirt
Simplement dire bravo et merci mille et mille fois de ce que tu fais..j'espère qu'il naitra des vocations autour de toi pour suivre ta voie comme toi tu as suivi celle de Taos Amrouche
Anya
Bravo AZAL ...
Vouyage en marche arrire..
voilà les artistes qui'il faut encourager et surtout aller voir .c'est ce que je ferais le mardi 22 mai soir ) 19h30 à l'espace EUROPEEN ,place clclichy à paris.
Il sera en spectcle le samedi 22 mai procahin à Paris
Il ne faut donc pas le rater!
L'Européen
3 /5 rue Biot
75017 PARIS
Tel: 01 43 87 97 13
Fax: 01 43 87 67 80
Le samedi 22 mai 2010 :
- Samedi à 19:30
Tarifs d'entrée :
- Plein tarif : 25 €
- Demandeurs d'emploi : 19 €
- Etudiants : 19 €
- Enfants jusqu'à 10 ans : 19 €
Métro Place Clichy (ligne 2 et 13)
En fait, la fameuse robe
En fait, la fameuse robe qu'on dit "kabyle" est une création des soeurs de la mission des pères blancs.
Elles lui ont d'ailleurs ajouté des manches longues par pudibonderie.
Les authentiques robes kabyles ressemblent à celles que portent les femmes de la Kabylie de l'Est, des Aurès, du Rif et de l'Atlas marocain et de certains coins de Tunisie. Elles sont généralement presque sans manches.. Regardez les archives (photos ou peintures de la fin du XIVème ou début XXème).
Voilà, il faut rendre à Gérard ce qui est à Gérard.
Robe kabyle,création des soeurs chrétiennes ????
On connaît la musique !. Que la robe kabyle ait connu des influences françaises,y'a pas de problèmes . La culture berbère a absorbé des apports étrangers,sans que sa matrice originelle, ne soit complètement modifiée,comme le suggère,vicieusement certains . A les entendre,les femmes kabyles étaient nues avant 1830 !. Même le larousse (académie française),apporte sa contribution (voir la définition du mot burnous,vêtement typique et emblématique des berbères !),au déni identitaire berbère . La ficelle est trop grosse . Continuer à répandre ces mensonges,est une carte,aux mains des aliénés . La liste des mensonges est longue ,le couscous est inventé par les sud-sahariens !,la soupe typiquement berbère "tahrirt",est irakienne !,les bijoux kabyles sont romains ! .....etc ! Les berbères ont traversés les époques en subissant les différentes colonisations,sans que leur âme ne soit bâtardisée !. L'avenir apportera bien des surprises aux falsificateurs . tayda .
La roue, la robe langue, le chapeau, et le bonnet sont Amazighs
Cher ami, il y a plus de 5000 ans que la femme amazigh porte des robes longue en tissu et en peau d'animaux, les dessins rupestres du tassili najer le prouve, tu peux trouver des livres sur ce sujet.
Les ignorant ne travaille que pour les ignorant. La robe kabyle n'a rien de francais. Meme les femmes incas avaient de longues robes ils y a des milliers d'annees bien avant les religions tronpeuses et les civilisations criminelles.
La modernite n'est que la citadelle du sang des peuples premiers. La roue n'est-elle pas d'invention amazigh. Alors qu'aucune nation amazigh aujourd'hui ne fabrique de roue. Le chapeau, le bonnet sont aussi des creations amazighs depuis plus 5000 ans.
au fait,la franca a ses
au fait,la franca a ses colines et ses piques .dit nous selemment qu esqu elle est venu chercher en kabylie pendant ce ciele la xiv xxeme, avant ce temps la, la france bouffee que du cochons et des patate inporter par les espagnoles des ameriques
Relève assurée
Et ton pari à toi aussi Azal sera gagné ce samedi à l'Européen, bon courage.
Farid.
Bravo et encore une fois, tu
Bravo et encore une fois, tu gagneras à te présenter au monde et aux tiens sous ta véritable identité, c'est à dire Kabyle. Kabyle ça vend. C'est ce que tu sais faire! Une fois j'ai assisté à un spectacle Twareg. Une de leurs musique ressemblait à une musique Kabyle. Je leur ai dit cette coïncidence. Ils était ravi mais leur spectacle s'appelait Twareg quand même, pas Berbère. Et j'ai aimé leur sentiment d'appartenance à un peuple bien défini.
A bon entendeur.
Azul
Azul
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