
avec Arezki HAMMAMI - TIWIZI PRODUCTION
Après environ trente longues années d’absence, Malika Arabi accompagnée de son éditeur attitré, Mr Hammami Arezki de la maison « TIWIZI PRODUCTION » installée à Paris, revient au bercail avec un cadeau inespéré pour les anciennes connaissances de sa région natale. Ce cadeau n’est autre qu’un bébé littéraire nommé « Eclats de vie ». En effet, en ce jeudi 14 juillet l’auteure, native de la région côtière de tigzirt s/mer dans la wilaya de Tizi Ouzou où elle a jadis exercé comme professeur dans un collège avant de s’envoler vers d’autres cieux, revient pour présenter son livre écrit sous forme d’autobiographie.
Elle y raconte sans complaisance, les affres de sa jeunesse balafrée par les stigmates d’une société fermée. Une société qui refusait le sourir ed’une jeune femme à l’annonce de sa réussite à l’examen de 6eme année primaire. A cette époque, une fille voyait son cursus scolaire s’achever naturellement à l’orée du village que la loi tribale avait tracée comme frontière infranchissable à l’émancipation de femmes en quête d’horizons éclairés loin des dogmes et du lest patriarcal insoutenable. Et c’est dans un climat de convivialité et amical qu’elle retrouve un public qui attendait avec impatience sa venue.
Parmi la foule, beaucoup étaient d’anciens élèves de l’auteure. La curiosité et la fierté se lisaient dans leurs yeux en se présentant devant cette ancienne professeure crainte et respectée et ce, à l’époque où l’enseignant était vénéré comme un saint. C’est vrai que son charme de jeune fille kabyle attirait déjà la junte des adolescents auxquels elle professait le savoir. D’ailleurs au dire des présents, elle respire toujours la vie à pleine dents. Son charme aimanté séduit toujours.
Malika revient, avec ce livre narrer la dureté de la vie féminine dans la Kabylie post-indépendance pour nous dire à quel point il était difficile pour une fille d’accéder à l’instruction, signe d’affront et de dépravation pour le clan familial. Quitter le carcan familial pour aller étudier en ville était un outrage au clan. Travailler au milieu des hommes attire la honte et l’anathème sur toute la communauté. C’était un sacrilège. Elle raconte comment le père, le frère ou le mari subissaient les regards à descendre un cheval de course, eux qui osaient encourager une fillette en guenille à mettre le nez dehors pour aller sur les bancs de l’école. Il ne faut pas oublier que la naissance d’une fille dans cette région montagnarde qu’était la majestueuse commune du Mizrana la rebelle était synonyme de tristesse et d’abattement alors que les youyous déchiraient la quiétude de la nuit à la venue d’un male. C’était l’époque des préjugés et des malentendus. C’était l’époque où la femme devait parler à basse voix et traverser la place du village yeux et tête baissés. Les hommes avec la moustache ointe dominaient la vie rurale.
Avec ce livre, Malika Arabi, se propose malgré elle d’être l’avocate des femmes de sa génération. Elle est leur porte-étendard, leurs voix. Elle ouvre avec une décence téméraire le coffre celé des traditions de sa Kabylie lointaine. Elle déterre sans rancunes son enfance martyrisée. Elle y décrit son complaisance les souffrances qu’elle a vécues et subies en silence. L’ostracisme, l’exclusion et la négation de la femme y sont pointés du doigt. En lisant ce livre, on se rend compte à quel point l’auteure a subi le fardeau d’une société archaïque, elle qui a vécu la guerre. Elle a vu l’injustice coloniale et rencontré le désenchantement de la libération. Elle raconte comment son père a du affronter la dure tradition kabyle pour permettre à sa fille chérie de nager dans le creux de la vague des usages et coutumes dans lesquels la femme n’a pas droit de citer.
Avec cet ouvrage, l’auteure rend donc un vibrant hommage à son père qui a su casser le joug de l’injustice envers les femmes et lui permettre d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Ce livre vaut pour la femme la preuve d’un combat silencieux. Dans ce récit autobiographique, beaucoup de femmes se retrouveront. Comme elle (Malika Arabi) ce livre leurs permettrasans doute d’exorciser des plaies et traumatismes mal remis. A la fin de la vente dédicace, l’auteure n’a pas caché sa satisfaction et son étonnement devant le succès de son livre qu’elle a hésité longtemps à éditer. Je ne m’omettrai jamais de signaler ce que j’ai relevé dans les yeux de l’auteure lorsqu’elle affronta pour la première fois son public et à qui elle semble vouloir dire : « j’ai tout le temps souffert d’être une femme, à présent je souffre de n’avoir pas de fille ».
Tout au long de la conférence qui a suivi la vente-dédicace, elle n’a pas cessé de marteler à qui veut l’entendre qu’elle est fière d’être une femme kabyle et qu’elle prédit malheurs à quiconque lèverait sa main sur une femme. Bon vent madame.
Benamghar Rabah - KABYLE.COM Iflissen Tigzirt



Commentaires
Je remercie ,tout d'abord ,le
Je remercie ,tout d'abord ,le bon travail qu'effectue notre cher ami Rabah boumghar pour FAIRE SORTIR LA REGION DES IFLISSEN DE SA TORPEUR ET SON INDIFFERENCE FACE A TOUT CE QUI ENGAGE SON DESTIN ;PUIS JE DIRAI MILLE MERCI A CETTE DAME, POUR SON OEUVRE QUE JE LIRAI SUREMENT AVEC UN GRAND PLASIR;LA REGION DE LA kABYLIE MARITIME RECELE DE GRANDS TALONS MAIS LEUR VOIX EST PARFOIS INAUDIBLE ..MERCI POUR CE COUP DE POUCE.
KAMAL SI qUEBEC.
on a tous des talons mais
on a tous des talons mais rares ceux qui ont du talent vérifie bien ton orthographe cher amis avant de publier
J'ai assisté à la vente
J'ai assisté à la vente dédicace de Malika et je fus agréablement surpris par la simplicité de cette dame et l'engouement de la population de Tigzirt. pour une fois on a fait la queue non pour se ravitailler en matière de bouffe ou autre denrée utilitaire mais pour un livre. Bravo.
les éclats de vies que malika
les éclats de vies que malika nous a offer est un vrai cadeaux pour nous tous, fasse a cette souffrance que les jeunes filles kabyles ont pu subir, nous devons prendre ca pour une lecon de vie,et ainsi de lpermettre a nos filles de grandir en égale de l'homme. Moi aussi j'ai une fille, j'en prend act.
Bravo!
Ah Tigzirt sur mer. Je me souviens de la belle et difficile époque pour nous tous. Félicitation pour le livre. salutation à Kamel.
Sofiane de Vancouver BC.
Très belle vente dédicace, j
Très belle vente dédicace, j'étais moi aussi présente et franchement...rien à dire sinon que des manifestations de ce genre devrait avoir lieu plus souvent. j'ai lu le livre de Malika d'un trait. c'est un chef-d'oeuvre, je conseille à tous les retardataires d'aller se l'acquérir avec la rupture du stock. Bravo malika et merci de nous avoir offert tout ce bonheur.
un peu de lecture
http://www.scribd.com/doc/21604790/Henri-Basset-Essai-sur-la-litterature...
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