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Liberté

Ath Ouacif : Cheikh Aïssa, le guérisseur

D 6 février 2003     H 08:22     A     C 7 messages


Le devin a pu soigner des centaines de malades et de personnes désespérées à l’aide de méthodes qui lui sont propres.

Tout a commencé quand le petit Aïssa, âgé d’à peine onze ans, s’est découvert le don de la prédiction. Il parlait alors à ses proches de ce qui allait leur arriver. Au début, personne ne le croyait. Mais au fil des années, le garçon a fini par convaincre son entourage. Aïssa lit dans les pensées de ses proches. Il ressent les mêmes douleurs que celles de ses voisins.
Mieux, il leur "prescrit" un traitement dont lui seul connaît le secret. Ainsi, débute l’aventure du jeune Aïssa. Son cercle de "consultation" s’agrandit de jour en jour.

De ces nombreuses rencontres avec des gens, notamment les malades, naîtra le devin guérisseur. Venu au monde un 15 avril de l’année 1965, Cheikh Aïssa, de son vrai nom Ali Ahmed Aïssa, réside dans une modeste maisonnette qu’il a lui-même construite dans le village Thakachat, commune de Aït Toudert, relevant de la daïra de Aït Ouacif. Il reçoit chez lui, quotidiennement, au moins soixante personnes qui souhaitent bénéficier de ses bienfaits. Ils viennent de partout, des régions limitrophes, de toutes les contrées de la Kabylie et même des autres wilayas.

De simples citoyens, des cadres, des artistes. Ils se plaignent de problèmes d’ordre psychologique, familial et de sorcellerie  Il a cette aptitude à deviner le mal ressenti par son visiteur.

Conjecture, simple intuition, quel pourrait être le secret de cet homme qui sort de l’ordinaire ? " Je toise la personne à l’aide d’un fil et je vois son entourage et surtout ce qu’il y a en lui ", expliquera le Cheikh qui utilise aussi du sel et des petits bouts de cuir.
Il lui dicte ce qu’il faut faire et lui propose une conduite à tenir qu’il le mènera droit vers la rémission complète. Au sortir du salon de la demeure qu’il a aménagé en salle de "consultation", l’air de ses invités paraît dubitatif dans un premier temps, mais au bout de quelques mois, ils retournent le voir satisfaits.

C’est le signe de la lointaine joie retrouvée et de l’espoir, désormais, permis. Cheikh Aïssa a à son actif des centaines de personnes qu’il a soignées. Allant d’une simple dépression jusqu’à la fugue des filles qu’il a pu récupérer au profit des parents, le Cheikh a toujours triomphé. Avant le début de l’ "examen", l’homme parle avec la candeur d’un agneau mais dans le feu de l’action, il ne mâche pas ses mots. Il dit la vérité aussi amère soit-elle. Il n’est pas un rabat-joie, loin s’en faut, il entonne, en revanche des paroles blessantes à l’encontre des personnes qui récidivent dans leur conduite incongrue.
Ce n’est, en fait qu’un cri du cÂur. Outre ce don, le Cheikh s’intéresse à la poésie. Dans ses proses, les saints reconnus de la Kabylie reviennent tel un leitmotiv. C’est grâce à leur bénédiction que ce devin de 37 ans apporte un bien-être aux gens.

Sources : B. K. - Liberté du 06/02/2003