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Auteur du premier travail de recherche historique sur le « Fort Gouraya »

M. A. H. corrige les erreurs historiques entourant « Yemma Gouraya »

mercredi 4 avril 2007, par D. B.

M.A.H est un passionné d’histoire et du patrimoine historique de Bgayet, sa ville natale. Il a entrepris une étude préalable à la restauration du « Fort Gouraya », dans le cadre de son projet de fin d’études en architecture.

Au bout de ses recherches, M.A.H. a pu apporter un démenti formel à deux erreurs historiques. La première consistait à assimiler le personnage de « Yemma Gouraya » à une espèce de mythe qui n’avait jamais existé. Et la seconde, à rattacher la construction du Fort, qui porte le nom de la Sainte, aux Espagnols.

Ne pouvant passer à côté d’une telle information, Kabyle.com s’est rapproché de M.A.H. et s’est entretenu longuement avec lui dans l’interview ci-dessous, sur tous les aspects de ses recherches qu’ils soient sur le personnage de « Yemma Gouraya » ou sur le « Fort Gouraya » !

Photographie de M.A.H. retirée à la demande de l’intéressée le 27 mars 2014

Kabyle.com : Pourriez-vous vous présenter aux internautes ?

M.A.H. : Je suis un passionné d’histoire et du patrimoine historique de la ville de Bgayet, qui se trouve être aussi, la ville de mes origines. J’ai entrepris une étude préalable à la restauration du « Fort Gouraya » dans le cadre de mon projet de fin d’études en architecture, que je vais soutenir à l’École d’architecture de Paris la Villette.

Kabyle.com : Vous venez de défrayer la chronique en annonçant avoir découvert la vraie histoire de « Yemma Gouraya » et du Fort qui en porte le nom, expliquez-nous ?

M.A.H. : « Défrayer » est un mot démesuré, je dirai que j’ai, simplement, élucidé l’histoire du « Fort Gouraya » et la légende qui l’habite, à travers une recherche approfondie que j’ai menée depuis quelques années.

Il faut savoir que cet édifice, connu de tous en Kabylie et ailleurs dans le monde, gardait ses secrets, il était l’objet de nombreuses contrevérités historiques concernant son origine et sa légende.

J’ai répondu, en décembre 2006, grâce à une petite exposition au Théâtre Régional de Bgayet (TRB), aux questions que suscitait le « Fort Gouraya » et j’ai répondues également à quelques questions concernant la légende de « Yemma Gouraya », avec l’aide de Meriama Yahiaoui qui prépare une thèse sur le pèlerinage auprès de « Yemma Gouraya ».

Kabyle.com : Quelles ont été vos sources pour votre travail sur « Yemma Gouraya » ?

M.A.H. : Pour ce qui est de l’histoire du Fort, il existe des sources au Service historique de l’Armée de terre en France. Des archives se trouvant là-bas prouvent, d’une manière indiscutable, que le Fort est de construction française. En effet, on y trouve les projets de construction du « Fort Gouraya » avec les plans et les devis.

Il existe aussi des livres du XIXe siècle relatant la conquête de Bgayet par les Français, qui sont, le plus souvent, introuvables en Algérie et qu’on trouve à la Bibliothèque Nationale de France. C’est le cas par exemple de livres comme celui de CARETTE, LAPENE ou FERAUD entre autres, qui citent clairement la construction du Fort « Gouraya » et l’existence auparavant du marabout de la Sainte Gouraya.

En ce qui concerne la vie de « Yemma Gouraya », des sources françaises et algériennes citent la Sainte tel que EL WARLTINLANI, Paule WINTZER, FABAR, BOULIFA, Kamel FILALI, et bien d’autres !

Kabyle.com : Par quels moyens et dans quel cadre avez-vous pu accéder aux archives du ministère français de la Défense ?

M.A.H. : En tant que chercheur, on peut avoir accès aisément aux archives de l’Armée de terre française. La difficulté ne réside pas dans l’accès aux archives, mais surtout dans la patience et le temps que demande une recherche afin de trouver un document et rassembler le « puzzle historique ».

Kabyle.com : Pouvez-vous annoncer, ici, les résultats auxquels vous êtes parvenus au bout de vos recherches ?

M.A.H. : D’une manière succincte, on peut dire aujourd’hui que le « Fort Gouraya » est de construction française et non espagnole comme il était rapporté auparavant. On peut affirmer aujourd’hui, d’une manière certaine, que toutes les pierres du « Fort Gouraya » datent du XIXe siècle et ont été bâties par le Génie militaire français.

Par ailleurs et ceci est le plus important, on sait aussi grâce à ces mêmes archives qu’avant la construction du « Fort Gouraya », existait la « koubba » (marabout) de « Yemma Gouraya », détruite en 1834 par les Français avec la construction du Fort. Cette « koubba » a été un haut lieu de pèlerinage avant la conquête française et même pendant la présence française malgré sa destruction. Ce qui explique que le site est resté, jusqu’à aujourd’hui, un lieu de pèlerinage. Ainsi, cette découverte contredit ceux qui réfutaient l’existence de la Sainte et de son lieu de sépulture.

Quant au personnage de « Yemma Gouraya » et l’histoire de sa vie, la recherche fut plus infructueuse. Néanmoins, à travers quelques écrits historiques et en se basant surtout sur la mémoire collective, on rapporte qu’elle est depuis des siècles la « sainte patronne » de la ville comme « Sidi Abderrahmane » l’est pour Alger, « Sidi El Houari » pour Oran et « Sidi Boumediene » pour Tlemcen !

Kabyle.com : Que pouvez-vous nous dire sur le personnage de « Yemma Gouraya » ?

M.A.H. : En se basant donc sur la mémoire collective et de quelques écrits historiques, on suppose que « Yemma Gouraya » était une Sainte qui aurait vécu au XVIe siècle. Connue pour sa science et sa piété, elle vécut l’occupation de Bgayet par les Espagnols et fut une résistante contre ce que l’on appelait l’ennemi chrétien avec les frères « Barberousse ». La Sainte joua, je pense, le même rôle que Fatma N-Soummer contre les Français trois siècles plus tard.

Après la libération de Bgayet des Espagnols, Gouraya alla vivre en ermitage au sommet de la montagne où elle fut inhumée après sa mort. C’est cette version que rapporte la mémoire collective qui parait la plus plausible : l’histoire d’une femme guerrière qui vécut en ermitage au sommet de la montagne.

Cependant, je souhaite que ce travail de recherche soit poursuivi par des chercheurs dans d’autres spécialités : historiens, sociologues, anthropologues et linguistes. Car, même si j’ai répondu à toutes les questions concernant ma spécialité (l’architecture du monument), il reste toujours des points à éclaircir sur l’histoire de la Sainte, faute de sources suffisantes.

Kabyle.com : Vous affirmez qu’elle a été inhumée là où elle avait vécu, comment êtes-vous arrivés à cette conclusion et avez-vous recherché ses restes ?

M.A.H. : Il existait une « koubba » où venaient en pèlerinage depuis des siècles les Kabyles, donc logiquement, cette « koubba » renfermait le tombeau de la Sainte. Rares sont les cas où une « koubba » ne renfermait pas réellement le tombeau d’un Saint.

Marabout de Gouraya en 1833 (Restitution 3D)

On peut, aujourd’hui, tracer le rectangle de la « koubba » de « Yemma Gouraya » malgré sa disparition, grâce au relevé qu’avait fait le Génie militaire, en 1833, avant la construction du fort. Cependant, c’est au CNRPAH (Centre National de Recherches Préhistoriques, Anthropologiques et Historiques), organisme habilité à faire des fouilles archéologiques en Algérie, qu’il appartient de rechercher le squelette de la Sainte au cas où il aurait subsisté à l’intervention française.

Je veux préciser ici que les Français n’ont pas détruit la « koubba » pour des raisons politiques comme je l’ai lu dans certains articles de la presse parlant de mon travail, ils l’ont détruite pour la simple raison de la conception du Fort. Cependant, il est arrivé que les Français détruisent, volontairement, des « koubbas » pour des raisons politiques, ce fut le cas par, exemple en 1847, avec la destruction de « Sidi Mâamer » pour punir les « Mezzais » de leurs incessantes attaques contre Bougie !

Kabyle.com : Quand et par qui est-ce que le Fort, qui porte actuellement son nom, a été construit et quelles sont les différentes transformations qu’il a subit depuis, avec des dates si possible ?

M.A.H. : Après la prise de Bgayet et du marabout de « Lalla Gouraya » par les Français le 12 octobre 1833, le général TREZEL, chef de l’expédition, et le colonel LEMERCIER, directeur des fortifications, ordonnèrent, à des fins stratégiques, la construction du « Fort Gouraya » et du chemin muletier de 4 kilomètres qui le relie à la ville.

Plan du marabout de Gouraya en 1833

Le sommet du Gouraya était, en effet, le poste le plus important à la défense de Bougie et était perçu comme la clef de la place. Les sapeurs du Génie, commandés par le chef du Génie à Bougie, VIVEN et le 2ème bataillon d’Afrique, sous le commandement supérieur du colonel DUVIVIER, assurèrent, pendant deux ans, la mise en œuvre des fortifications et du chemin muletier.

Par la suite, d’autres forts et blockhaus détachés furent construits, créant ainsi une ceinture de fortifications destinée à défendre la garnison de la place de Bougie contre les attaques kabyles et firent de Bougie une place forte imprenable au XIXe siècle. Ces fortifications détachées en plus du « Fort Gouraya » sont : le Fort Lemercier, la Tour d’Oriac, le Blockhaus d’Oriac, le Fort Clauzel, le Fort du fossé, la Redoute de la plaine et le Fort Salomon.

Le « Fort Gouraya » a subi des transformations successives entre 1833 et 1902. Il est d’une superficie de près de 1 500 m² et a la forme d’un quadrilatère irrégulier allongé. Il est un exemple type des fortifications détachées construites par les Français au XIXe siècle. Les fortifications du « Fort Gouraya » sont composées d’un bastion, d’un demi-bastion et de deux redans. Quant aux bâtiments militaires, construits en lieu et place de la « Koubba de Yemma Gouraya », détruite au début de l’occupation, ils sont tous situés dans le réduit intérieur du Fort et sont composés d’une caserne pour les soldats, construite en 1836, d’un logement pour le commandant du Fort et d’un magasin à poudre, construits en 1840. Leurs couvertures servaient à recueillir les eaux de pluie pour alimenter la citerne au sein du réduit intérieur.
Pendant la période trouble de guerre entre la garnison de Bougie et les Kabyles, de 1833 à 1849, le détachement du « Fort Gouraya » était composé d’un commandant du Fort, deux caporaux, un tambour et 30 à 100 soldats du 2ème bataillon d’Afrique. Il était armé de 2 obusiers de montagne et de 2 fusils de rempart. Perçu comme la maison du diable par les Kabyles, le Fort eut à subir, durant cette période, plusieurs attaques acharnées de leur part, la plus importante fut celle du 6 juin 1836, journée où périrent héroïquement près de 250 Kabyles dans leur tentative de prendre le Fort en passant par le Pic de la dent.

Le fort fut ainsi occupé par un détachement de l’Armée française jusqu’à 1849. Une fois que la pacification des tribus de la région fut assurée par le maréchal BUGEAU, le rôle des Forts détachés de Bougie fut moins primordial pour la défense de la ville, le « Fort Gouraya » fut donc inoccupé en temps de paix. Cependant, il fût entretenu par le Génie de l’Armée française et maintenu en état pour être réoccupé en cas de guerre, ce qui arriva avec la Révolution de 1871.

Plus tard, dans l’éventualité où la garnison de Bougie perdrait la ville en subissant une attaque ennemie, il était prévu que les soldats se replieraient sur les crêtes du Gouraya. C’est ainsi qu’un bâtiment fut construit, en 1902, dans le bastion du « Fort Gouraya » composé d’un magasin aux vivres, d’une cuisine et d’un four à pain destiné à fournir du pain aux soldats qui stationneraient sur les crêtes.

La dernière intervention de sauvegarde du Fort par le Génie remonte à 1930, par la suite, il fut délaissé par ce que devenu obsolète. Il fut néanmoins réoccupé par les soldats français, juste avant et pendant la guerre d’Algérie (1945-1962). Après l’Indépendance de l’Algérie en 1962, le Fort fut pillé et tomba progressivement en ruine. Il fut occupé par différents « ukils » de la « koubba de Yemma Gouraya » jusqu’à aujourd’hui.

Kabyle.com : Qu’est-ce qui a fait, selon vous, que la vraie histoire de « Yemma Gouraya » et du Fort, se perde au profit d’une version erronée, voire même fausse ?

M.A.H. : Il faut déjà savoir qu’aucun travail de recherche historique n’a été réalisé sur le « Fort Gouraya », ce qui est le cas encore pour de nombreux édifices de la région. Je citerai pour exemple le « Château de la comtesse » à Aokas ou le « Piton » d’Akbou…

Le seul livre qui affirme que le « Fort Gouraya » est de construction espagnole est le livre « Bejaïa », édité par le ministère de la Culture en… 1975. C’est de ce livre que vient la principale source d’erreur écrite. Mais, il se disait auparavant de la part des Bougiotes que le Fort était espagnol. Comment cela se fait-il ? Peut-être pour faciliter l’appropriation du monument, rejetant ainsi l’origine française de l’édifice, assimilé au colonisateur, ou encore parce que le nom du Fort n’est pas Français à la différence des autres Forts détachés qui portent les noms d’officiers français.

Peut-être aussi que Gouraya ayant combattu les Espagnols, il y eut un amalgame sur l’origine espagnole du Fort. Le mystère reste quant à l’origine exacte de cette erreur. En fait, je pense que c’est un cumul d’hypothèses sans réel fondement qui y ont conduit. Je citerai pour exemple Mouloud GAID, qui rapporte l’hypothèse de FÉRAUD quant à l’origine vandale du nom de « Gouraya » en omettant de rapporter aussi l’autre hypothèse de FÉRAUD donnant le nom de « Gouraya » à la Sainte inhumée au sommet de la montagne.

Par ailleurs, la disparition de la « koubba » a laissé place à un édifice militaire, ce qui a mis le doute aux générations suivantes sur l’existence d’un lieu sacré en ces lieux. Sans oublier qu’après l’Indépendance, le culte des saints a été dénigré par le Pouvoir algérien. De toute façon, il faut savoir que, malheureusement, les chercheurs algériens manquent de sources pour faire leur travail, les archives et les livres les plus anciens se trouvent en France, il leur faut donc se déplacer.

Kabyle.com : Quel rôle a joué « Yemma Gouraya » en son temps et quel rôle joue-t-elle (sans le vouloir !) dans l’imaginaire des gens, surtout des Bougiotes, de nos jours ?

M.A.H. : « Yemma Gouraya » n’a pu jouer qu’un rôle très positif pour la ville étant donné la renommée de son nom aujourd’hui. On nous rapporte que la Sainte, connue pour sa science et sa piété, avait le don de la prophétie et des miracles de son vivant. Ce qui est certain, c’est que sa « koubba » fut un haut lieu de pèlerinage où se rassemblaient les Kabyles qu’ils soient pauvres ou charitables. Malgré la destruction de son mausolée, son nom est resté ancré dans notre mémoire collective.

Les Français donnèrent son nom au Fort et à la montagne. Beaucoup viennent encore aujourd’hui au Fort en pèlerinage pour laisser « Lwaâda » (En Kabyle : Offrande) à « Yemma Gouraya » ou bien la solliciter d’être leur intermédiaire auprès de Dieu. Cette croyance qui, peut paraître païenne, est encore vivace et reste un beau patrimoine immatériel dans tout ce qu’elle présente de solidarité entre les personnes dans les processions et le partage des offrandes.

Gouraya reste aussi la Sainte protectrice de la ville, la « Sainte patronne » de Bgayet. Aujourd’hui, elle est toujours aussi présente dans notre vocabulaire, nos Arts et nos chansons. Les Bougiotes ne se disent-ils pas être les enfants de « Yemma Gouraya ? Elle reste, assurément, le plus beau patrimoine de Bgayet, car comme l’écrivait Victor Hugo : « Le plus beau patrimoine est un nom révéré ».

Kabyle.com : Aidez de votre exposition, vous avez pris votre bâton de pèlerin afin de vulgariser votre découverte, quelles sont vos ambitions à travers cela ?

M.A.H. : L’ambition est de sensibiliser à la sauvegarde du patrimoine historique de la ville de Bgayet, un patrimoine dont il reste beaucoup à apprendre, car très riche de son histoire. Il s’agit de sensibiliser les acteurs locaux et la population de l’importance qu’a ce patrimoine pour la ville et de l’atout qu’il représente.

D’ailleurs, le « Fort Gouraya » se trouve être le monument le plus visité de la région surtout au printemps et en été. Il mérite d’être restauré pour répondre à ce que demandent les pèlerins, touristes et habitants de la ville.

Kabyle.com : Actuellement, le Fort est sous l’emprise d’une bande de charlatans qui ne le conçoivent que comme une source lucrative de revenus, pourquoi n’est-il pas un site classé et protégé ?

M.A.H. : En plus des dégradations liées aux intempéries et au temps qui passe, le Fort a un autre ennemi : les charlatans. En effet squatté par des pseudos « ukils » de la « koubba de Yemma Gouraya », ils ne sont en réalité que des charlatans faisant main basse sur les offrandes laissées par les pèlerins et touristes.

Ces charlatans ont oublié le vrai rôle qu’avait un « ukil » qui se devait de redistribuer les offrandes aux pauvres et les utiliser à l’entretien de la « koubba ». L’« ukil », dans le passé, craignait la malédiction du Saint, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Certains, apparemment, ont oublié les valeurs qu’on doit avoir devant un site aussi sacré.

À vrai dire, ce qui m’a le plus scandalisé est qu’il existe une association pour la sauvegarde du patrimoine qui agit au sein du Fort dont les membres ne font rien d’autre que pratiquer le charlatanisme aussi… Les acteurs, responsables du Fort, doivent travailler ensemble pour chasser ces charlatans qui squattent et exploitent le site. Il en va de l’image de la ville et des Bougiotes.

Il est vrai que le Fort n’est toujours pas classé. La raison est que le dossier déposé auparavant pour sa protection n’était pas assez consistant pour que cela se fasse. Je m’entretiens avec la Direction de la Culture afin de déposer un nouveau dossier de protection afin qu’il le soit maintenant que nous connaissons mieux son importance.

Kabyle.com : Vous vous battez pour faire en sorte que ce site hautement historique et symbolique, à la fois, soit préservé et soutiré à ses « occupants » actuels, vous le prédestinez à quoi ?

M.A.H. : Le « Fort Gouraya » est un monument chargé d’Histoire, témoin des événements de la ville de Bgayet au XIXe siècle. Étant donné qu’il est le monument historique le plus visité de la région, le Fort devrait être restauré à l’identique et dans les règles de l’Art.

La « koubba de Yemma Gouraya » devrait être restituée et le réduit intérieur redevenir un espace sacré. C’est la moindre des choses à faire afin d’honorer notre « Sainte patronne ». Restauré, le logement des officiers pourrait recevoir les pèlerins pour la préparation des repas d’offrandes. Les autres espaces seraient destinés aux touristes, une fois restaurée, la caserne devrait accueillir une salle d’exposition pour informer les visiteurs sur l’histoire du Fort et la vie de la Sainte « Yemma Gouraya ».

Enfin d’autres espaces seraient créés comme un espace de repos et de rafraîchissement sur la plate-forme du Fort. C’est un projet qui se veut didactique, respectueux de la sacralité du site et de l’environnement naturel.

Le directeur du Parc National de Gouraya, M. Mahmoudi, a été très sensible à la question du devenir du « Fort Gouraya ». Il a été l’interlocuteur le plus impliqué et intéressé par la question de la restauration du Fort. Hélas, il ne peut faire évoluer les choses à lui seul. Les autres acteurs, dont l’APC et la Direction de la Culture, qui doivent s’impliquer plus encore, surtout pour chasser les charlatans.

Kabyle.com : Quelles sont les suites que vous comptez donner à vos recherches et activités se rapportant à « Yemma Gouraya », au Fort ou à d’autres projets ?

M.A.H. : Pour le « Fort Gouraya », je me battrai pour que ce projet se réalise, même si cela s’annonce très difficile et prendra plusieurs années. Pourtant, les moyens financiers existent. J’ai été agréablement surpris par l’intérêt qu’ont eu les Bougiotes pour cette petite exposition sur le « Fort Gouraya ». Ils m’ont, dans leur grande majorité, encouragé à réaliser d’autres expositions sur le patrimoine de leur ville dans le futur.

C’est ainsi que je compte monter une autre exposition intitulée : « Bgayet, la petite Mecque » (Bgayet, Mekka tamectuht) pour le Mois du patrimoine en avril 2008, cette exposition portera sur les différents saints de la ville, des pèlerinages et de la grande prière du 27ème jour du ramadan qui rassemblaient la population de toute la région, chaque année, à Bgayet avant la Guerre d’Algérie.

Par ailleurs, étant collectionneur de l’iconographie ancienne de la ville de Bgayet : cartes postales 1900, gravures, etc…, je compte exposer ma collection complétée avec celle d’autres collectionneurs, l’année suivante.

Il en est ainsi, tout travail de sauvegarde du patrimoine passe par une sensibilisation des décideurs et de la population. Pour plus d’informations, consulter le site Internet du Parc National de Gouraya pour télécharger et visualiser les panneaux d’exposition sur le « Fort Gouraya ».

Photos du « Fort Gouraya » aujourd’hui :

Fort Gouraya (front nord)
Fort Gouraya (Front ouest)
Fort Gouraya (intérieur)
Marches d’accès au Fort Gouraya

Entretien réalisé pour Kabyle.com par : Djamel BEGGAZ

Messages

  • Yemma Gouraya restera toujours un mythe parmis tant d’autres, la seule correction à faire est celle de tous ces charlatants et Cie qui polluent ce sîte.

  • azul
    Voila le genre de personnes que j’admire !Non seulement ils font un tres bon travail de recherches mais le font si bien et sans fanfare !Contrairement a ceux qui font un tapage pour des futilités en criant a qui veut les entendre qu’ils sont les meilleurs !!!!
    Ne dit-on pas qu’un recpient vide resonne mieux qu’un recipient plein ?
    Merci Malek et merci Djamel !!ad tidir teqbaylit ad tidir BGAYET

    • Voila des travaux auquels il faut donnes plus d’importance car ils reabilitent notres culture pour lui rendre ses valeures reelles. Aussi leur fournir toutes les aides, Ainsi encourager nos jeunes chercheurs, je dis bon courage malek, et surtout merci d’avoir éclairer ma lenterne sur le fort de Yemma Gouraya que j’ai visite deux fois, à chaque fois je descendait avec un coeur lourd par son etat et surtout par la presence des charlatants qui le dégrade encoure plus par leurs attitudes.Je termine par dire encore une fois de plus
      Bon courage malek et encore merci
      Said

  • DK:Quelle est la relation entre Yemma Gouraya et le soufisme ?

    Meriama yahiaoui : Ici encore, on fait appel à la légende locale qui fait de Gouraya une altération de ‘qerraya’ ou ‘qirya’, de l’arabe ‘qara‘a’, ‘lire’, ce qui signifierait ‘une femme studieuse’ ou ‘celle qui lit’. Il y est ajouté qu’elle a adhéré au soufisme et a enseigné le Coran aux jeunes filles qui venaient la voir dans sa khelowa (retraite).

    Propos recueillis par Aomar Mohellebi

  • Les bougiotes se sentent ils kabyles, ou est ce que cette ville n’est qu’un oeuf arabo-islamique au coeur de la Kabylie ? Ma question est polémique, mais pas innoscente...

    • tu pues la bêtise, des gens comme toi qui font reculer la Kabylie parce qu’il trouve moyen à séparer entre tizi bougie toubirat. on sait que ceux qui valident ne sont jamais impregné vraiment de la kabylité en dehors des artifices de le vie mondaine parisiennes c’est pour ça qu’il laisse passer des conneries pareilles. un peu d’efforts vous aurez des indépendabntistes pour chaque régions et une petite commande passée aux armuriers sur la marché parallél mondial( j’ai des adresses si vous voulez) et le tour est joué connaissant la bravoure de chaque camps à faire triompher la citadelle du nombrilisme des narcisco-sadiques de tous poils vous fairez de la Kabylie un chapms de ruines avec des bataillons d’orphelins et de pleureuses.
      vraiment on n’est pas encore sortie de l’auberge.

    • Azul, Bonjour,

      Je crois que bougie est le coeur de la kabylie et que vous propos sont un oeuf au coeur des kabyles. Ma réponse ne sera pas innocente cher monsieur : deviser pour regner la devise de tous arabo-islamique je crois que vous êtes un.

      Bonne journée les lecteurs de kabyle.com et merci à Monsieur M.A.H.a pour son travail remarquable.

    • bonjour
      Je suis kabyle et Bougiote au fin fond de mon ame et de mon origine, je ne lasserais donc personne se poser de t’elle question sur une si respectueuse ville,.YEMMA GOURAYA que vous la dite berbere espagnole ou francaise je n’en est rien a foutre.de grace ne touchez pas a nos symboles spiritueux, qu’ils soient isuue de la religion islamique ou autre, j’uste par respect a nos anciens, est pourtant je ne suis pas un musulman comme vous pourriez peut etre m’affablé
      bgayeth tsamourthiw, tamazigh tsameslaythiw ; salut

    • Tout symbole islamique n’appartient à l’Islam car celui qui s’identifie à l’Islam ne s’identifie à rien d’autre dans sa pensée.

      L’Islam justifie notre arabisation, l’Islam est l’arabisation des moeurs, de la pensée, de l’imaginaire... etc etc... le rituel de prosternation en direction de l’Arabie est tout un symbole... on va en pelerinnage chez les gens qui obeirent bien à Mohamed, tout en marginalisant nos chanteurs ou artistes et poetes... juste à titre indicatif. Si tu cherches un symbole kabyle, degages les symboles liés à la religion des arabes, car celà reviendrai à avaliser la thése que notre identité n’est qu’une sous catégorie arabe...

      De plus, une autre question : pourquoi un kabyle qui s’installe à Bgayet s’arabise ? Qu’il s’arabise à Alger ou Constantine, je veux bien, mais à Bgayet ? Et pas la peine de nier cet Etat de fait, c’est là une chose constaté. Nier ce problème reviendrais donc à le fuir devant en refusant de faire face aux problemes.

    • ’Bgayeth telha daruh eleqvayel’= Bgayeth est l’ame de la kabylie) un morceau de la chanson de cherif kheddam.je dirai méme que la plus ancienne ville, au sens propre du mot, de Kabylie et méme d’algérie, elle était la capitale de beaucoup de dynasties..
      Moi originaire de Djurdjura plus exactement de Boghni, la seule place ou je me retrouve bien en Algérie est Bgayeth, C’est un mariage entre les décors,la montagne , la mer, mais aussi je me sens kabyle en kabylie.
      Au lieu de lancer la polémique inutilement,pose toi la question, comment que les bougeotes ont pu garder leur culture et leur langue malgré des colonisations successives( espagnoles,Turcs...)alors quand on sait qu’aujourdh’hui dans des villages réculés les gens se vantent de parler en arabe ou bien des INTÉGRÉS de france fiers que les enfants parlent bien et uniquement LE FRANCAIS et font leurs épreuves devant les Bledars pendant leurs séjours au bled.

    • Tanemirt a Malek !
      Chaque pierre posée sur notre substrat culturel est un pas de plus pour l’édification de l’écriture de notre histoire (pour une fois par nous même).
      J’invite également les visiteurs de Kabyle.com à faire un petit tour sur la bibliothèque nationale de France, Gallica (bnf.fr) , il y a là un tas de documents à extraire en accès libre, ça a été pour moi une source d’information substancielle.
      S tegmats
      Buhu

    • Terrible...

      Entre TIZI OUZOU et V’gayet laquelle est la plus arabisée ? Draâ ben kheda, Dellys, les Issers, etc.... Je vois que, comme au sein des partis kabyles(RCD et FFS) la haine des gens de TIZI OUZOU ( ou le mépris) est terrible ... à l’image de Said Sadi qui classe les militants de la wilaya de Béjaia comme des indigènes.Et je ne suis pas Bougiote, ni de la Petite Kabylie

    • Les bougiots sont plus que sûr des kabyles et profondment algériens, n’allez pas encore nous pondre une quelonque origine du Nord de la méditerranée ou de la partie Est de l’Egypte.

      polémiquons à bon escient, sans quoi, vaut mieux se taire !

    • La culture arabo-islamique na pas de trace sur bougie, Cette ville connu pour sa production des bougies,les francais la surnomé insi.
      Avant que Tomas alva adisson invanta la lampe(1879). Les gens de l´epoque se servaient des bougies pour s´eclairer la nuit.

  • JE trouve les photos très révélateur... les gens qui y vont sont des enhidjabés bigotes islamiques... c’est donc ça les kabyles ? Des arabes comme les autres qui petent plus haut que leur cul ???? Si c’est pour être comme ça, autant renoncer à Matoub, Mammeri ou tout ceux qui ont contribué à cette parenthese de 30 ans que beaucoup semblent tant vouloir refermer au plus vite et que personne ne veut assumer...

  • Azul ;

    Je tiens à remercier Kabyle.com qui fait des efforts inéstimables en ouvrant ses portes aux vrais chercheurs de par le monde afin de nous éxpliquer d’une manière objective notre présent et notre Histoire amazighs.

    Je suis né à 400 m au dessous de Yemma Gouraya et je me suis toujours demandé dés mon plus jeune âge - qui a construit ce monument et pourquoi ? Mais dans une société qui en manque de culture livresque, alors on se contente d’expliquer tout par des légendes.
    L’étude de M. A.H est incontestablement une des rares bougies qui feront reculer un tant soit peux les ténebres dont y tournent en rond notre société Kabyle. Autrement-dit c’est grace á des etudes scientifiques de ce genre que nous pourrions établir une société kabyle qui aura sa place parmi d’autres dans le monde.

    Anecdote : J’ai visité en compagnie de ma femme (Suédoise)Yemma Gouraya en 2005. (Mon francais rudimentaire m’interdit d’essayer de décrire la beauté du site.) Ce dont je me souviens c’est ce que ma femme m’a murmuré (tout en laissant libre cours à ses larmes)sur la degradation du site :"Quel gâchis ! Je ne comprends pas comment, dans une ville qui a tant de villas, d’une histoire plusieurs fois millenaires, habitée par un peuple autochtone et dont le sang de ses martyrs n’est pas encore seche,etc.,laisserait un somptueux lieu comme celui-là à tomber en ruines ? (Pour l’information nous vivons ensembles depuis 18 ans et elle était membre active dans notrte association Berbero-suédoise depuis 1994. Donc elle savait de quoi elle parlait.)

    La réponse à la question posée plus haut comme à beaucoup d’autres questions qui nous concernent, nous Kabyles et amazigh(e)s, se nomme L’Autonomie ! C’est mon avis.

    Ar tufat.

    M.K. de Stockholm.

    • BONJOUR A TOUS CEUX QUI ONT L INTELLIGENCE ET LA CURIEUSITE D ESSAYER DE SE CULTIVER UN PEU...Avec d autres moyens que la télé.
      A vrai dire la question n’est pas de savoir qui est plus kabyle que qui ?
      Mais de rétablir une vérité historique basé sur des faits réelles avec preuves à l appuie. A ce jour tous les algériens ont besoins d apprendre sur leurs origines. Et tout les algériens ont beaucoup à apprendre. Je suis un pur produit berbère kabyle par mon père et chaoui par ma mère. Je suis française aussi puisque je suis la 4 eme génération. Je suis fier de mes origines, mes ancêtre ont versé leurs sang pour ce pays et ce pays n est pas la kabily mais l Algérie. Alors ne soyons pas surpris ou offensé d avoir des symboles qui nous sont chère. Etre de construction française, d inspiration otomane, ou arabo musulmane ou encore romaine ...Car l Algérie c’est ca aussi ... quand à la kabily, le tout c est de ne pas oublie nos valeurs et notre culture. La langue est très importante, l art en général est primordiale.
      Par pitié, par respect pour les lecteurs de ce site ; moins de violence dans vos propos. On souhaite s’instruire en bonne intelligence et en paix. Il est tout à fait concevable de ne pas être d accord sans parler d armes et de violence.
      La question de l autonomie de la kabily est un vaste sujet, trés conpliqué.
      Il est possible d y songeais mais à part de tourisme et d art ! Nous vivrions de quoi ?

    • Je m’adresse au pure produit berbere, en lui reposant la même quéstion quand à quoi manger, puisque le souci pour cette personne c’est la BOUFFE.
      De quoi vos parents et vos ancêtres ont-ils vécus jusqu’à présent ?
      Vous sentez-vous à ce point incapable de vous prendre en charge, en cultivant ce mensonge qui fait croire aux kabyles et aux CHAWIS, que sans l’état ÄNEGERIEN ils mourront tous de faim.
      Vous avez eu cértainement l’occasion de vous rendre en KABYLIE et en Pays Chawi ? Nous vous serione très reconnaissant de nous apporter vos constats sur les réalisations de L’Etat ÂNEGERIEN dans ces deux régions en matière d’INFRASTRUCTURES ECONOMIQUES EDUCATIVES ET SOCOIALES.
      A vous de jouer.
      Quand à la réponse à toutes vos quéstions,notament l’AUTONOMIE de la Kabylie ? Si vous voulez en débattre venez assister aux réunions du MAK, nous sommes disponibles à vous recevoir et répondre à toutes vos quéstions et élargir mieux votre culture.

      Un Militant convaincu du MAK.

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