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Jean-Marc le Bihan : "je me sens très kabyle dans mes idées"

Un humaniste breton chante la vie du kabyle exilé

lundi 12 mai 2003

"Un jour j’irai sur tous ces hauts plateaux, car je suis persuadé que j’ai rendez-vous avec ce moment-là.
C’est l’humanité dans ma tête." Rencontre avec un poète, breton, lyonnais, citoyen du monde qui nous parle de ce kabyle qu’il avait rencontré à l’usine et qui comme lui cherchait à s’évader de son exil par le haut, par la pensée. Ce vieux monsieur kabyle anonyme parmi tant des siens, lui a inspiré l’une des chansons de son dernier album "Histoires vécues".


K.C. : Jean-Marc Le Bihan, vous êtes chanteur d’origine bretonne et vous avez composé récemment une chanson sur un immigré d’origine kabyle, pouvez-nous en parler ? Comment s’intitule cette chanson ?
Jean-Marc Le Bihan : La vieille djellaba.

Et que dites-vous dans ce texte ? Avez-vous été touché par les conditions de vie et d’existence des Berbères ?
Jean-Marc Le Bihan : La réalité c’est que je travaillais quelques années en arrière en intérim chez Berlier et j’ai passé du temps avec un vieux monsieur qui était berbère et kabyle.
C’est un monsieur qui m’a fait rêver sur un pays que je ne connais pas. Mais il se trouvait qu’effectivement j’ai connu la Bretagne très tard dans ma vie, j’avais dix-sept ans et mon père était breton.
Ce monsieur me parlait tellement de plein de choses...Je trouvais quelque chose de très très fort dans cette dignité d’homme, de vie, de joies et de peines aussi.
A l’époque en tout cas, il y a 30 ans en arrière, preque 40 ans, ce n’était pas simple. On va dire que les conditions dans lequelles les gens travaillaient faisaient que les immigrés étaient les immigrés.
J’ai trouvé la poésie à travers ce monsieur. Ce monsieur-là me parlait de la vie des gens dans son pays. Bien sûr je ne savais pas ce qu’était la Kabylie, ce qu’étaient les Berbères, je ne savais rien de tout çà.
Mais de toute façon, il aurait pu être même japonais ou même tout ce qu’on veut, c’était le personnage qui m’intéressait le plus.
Après bien sûr, j’ai fait partie de toutes les luttes.
Je ne suis pas nationaliste mais c’est "vachement" important que les gens aient leur propre identité et cette identité berbère et kabyle est très très forte.

K.C. : Trouvez-vous des similitudes entre les cultures et les identités bretonne et berbère ?
Jean-Marc Le Bihan :Souvent dans la musique d’ailleurs, et en plus la Celtie... on ne va tout mélanger, mais en même temps c’est un peu pareil jusqu’au bout de la Galice en Espagne qui ont résisté très longtemps aux ordres établis.
Moi, ce que j’aime beaucoup chez les Berbères, chez les Celtes et même plein de petits peuples, on pourrait aller jusque chez les Kurdes, et encore plus loin : ce sont de gens qui résistent contre l’ordre établi.
C’est à dire qu’il existe un ordre établi qui empêche les gens de parler, de dire.
C’est un peu comme dans la chanson et l’ordre établi de la musique. D’un seul coup le mec qui est vend 5 millions de disque, il est chez Virgin et ci et çà et il n’y a que lui qui existe, alors que la musique est multiple.
Et cet ordre établi on doit le bouleverser, parce que l’ordre et les morales des gens, en tout cas pour moi la vie est ailleurs !
L’humain c’est l’humain.
On est tous frères en fait et on est des grands frères ou des petits frères.

Par exemple quand j’ai ouvert le bar d’ici qui s’appelle le Coeur des Gens, c’était pour la musique. Malek (Malek Chellil) est venu chanter. Plein de gens sont venus. J’ai fait faire une table Bernard Guillemet, Colette Magnie.
Là je vais attendre une table Lounès Matoub. Je l’ai connu trente ans en arrière au Cirque Royal à Bruxelles.
On s’est connu comme des gens qui se croisent. On était dans le même état d’esprit de vie. Moi du haut de mes vingt-ans je découvrais des gens qui disaient des choses et je crois que c’est une part de courage.
Beaucoup de gens ont dit qu’il ne fallait pas qu’il retourne là-bas mais c’était sa part de courage à lui.
On ne peut pas savoir tout ce qu’il y a derrière, que ce soit l’Etat algérien ou pas... Mais lui je sais que c’était un vrai poète. C’était quelqu’un qui avait le courage de la poésie et de revenir là où il était tel qu’il était. Donc c’est un type que j’aime énormément dans mon coeur et dans ma tendresse.
Et là c’est pareil quand j’ai découvert Lounès, Idir ... et plein d’autres gens, je pourrais dire Malek etc., je trouve que c’est bien aussi que les jeunes d’aujourd’hui affirment cette identité.
Je retrouvais une part de Bretagne au même moment qu’il y avait les grands mouvements sur la Bretagne, non pas bretonants. On est pas des nationalistes pour la nation mais on est des gens de coeur de vie et de joie et en même temps on a besoin de cette existence-là qui est l’existence de notre identité.
Et notre identité, elle existe. Je ne suis pas kabyle mais je me sent très kabyle dans mes idées.
Ce n’est pas le mot tolérance car c’est un mot à parfaire. Je crois que ce sont des gens qui ont ouvert un espace, même au niveau de tout le "Maghreb".
Ils ont ouvert un espace très très grand à la liberté et à la poésie.
Donc c’est dans ce sens là, comme je trouve que la France à ouvert un espace de poésie de Victor Hugo jusqu’aux autres, un espace de liberté et qu’on a renfermé l’espace dans un corridor de démocratie qui n’existe pas vraiment.
C’est pareil en Algérie, un peu partout dans tous les pays du monde.
On parle de liberté. Au nom de la liberté on peut tuer des gens. Moi j’ai jamais aimé Saddam, mais le petit peuple il a des choses à dire.
Et je trouve que les Kabyles sont un petit peuple mais ils disent beaucoup de choses.
Quand ils sortent dans la rue çà s’entend.
Et c’est çà le plus important pour moi et je sais que çà s’entend non pas dire nous on est ... mais çà s’entend parcequ’il y a beaucoup d’émotions, beaucoup de tendresse et beaucoup de générosité à l’intérieur des êtres.
L’important ce n’est pas d’être kabyle ou pas kabyle, l’important c’est de savoir ce qu’on est pas.
C’est un peu comme les kanaks ou les indiens, c’est un peu comme tous ces gens qu’on entend pas soit disant, mais qui ont mis sur la Terre un espace de liberté et d’émotion.
C’est çà qui sauvera l’humain, c’est pas le nationalisme exacerbé. C’est tous ces gens-là. Alors ils sont multiples, qu’on retrouve un peu partout, Kabyles comme les Bretons.
Voilà, moi je suis touché par ce vieux monsieur avec qui je travaillais à l’usine et qui m’a permis de voyager.

K.C. : Comment s’appelait ce monsieur qui vous a inspiré cette chanson ?
Jean-Marc Le Bihan :Je ne me suis jamais rappelé ni son prénom, ni son nom.
C’était quelqu’un de tout simple.
Et puis comme je me suis retouvé en banlieue où j’ai un ami, Mohamed Aouiche, qui a grandi avec moi, lui aussi m’a fait rêver sur la Kabylie.
J’ai toujours dit qu’un jour j’irai. J’irai là-bas oui !
Parce que Mohamed m’en parlait beaucoup. On avait tous les deux quinze ans. On habitait à l’UC7 à Bron, dans la banlieue (sourire).
C’est pareil avec ce monsieur, c’est un mot qui me venait, on sais jamais d’où vraiment.
On mangeait ensemble, on avait la "gamelle" comme ils disent, et puis il me racontait les hauts plateaux.
Je pourrais presque dire que c’était un communiste, un vrai communiste.
C’était quelqu’un de terrien dans le bon sens du terme.
Et ce qui m’a révolté à mon âge, comment dire, et ce qui m’a permis de lutter beaucoup après et je continuerai de lutter, c’est là que ce monsieur résistait face à toutes les insultes.
C’est pour cela que dans ma chanson je dis, mais finalement, même si les autres l’insultaient, son regard berbère parlait toujours kabyle.
C’est qu’aux rires des imbéciles, il répondait ... rien.
Il répondait ce qu’il était lui, et ç’était important en tous les cas pour un gosse comme moi.
Et c’est vrai que même à l’époque, même si moi j’ai toujours défendu le monde ouvrier, des mecs mettaient des tranches de jambon dans son vestiaire, qu’il mettaient des battes à c...
Ca se faisait. J’ai vécu tout çà, et lui était au dessus-de tout çà.
On pouvait manger du cochon, l’important pour lui, c’était la personne.
Un jour j’irai sur tous ces hauts plateaux, car je suis persuadé que j’ai rendez-vous avec ce moment-là.
C’est l’humanité dans ma tête.
Ce n’est pas un passage de pommade mais c’est parceque c’est comme çà que je l’ai vécu.
Je me sent très bien dans cette identité là et je pense que je fais partie de cette identité, non pas en tant que breton puis que je suis un breton exilé, je suis né à Lyon, mon père est né à Brest.
J’aime pas le mot intégration parce que pour moi intégrer les gens c’est raciste et je trouve que ces peuples libres c’est l’histoire de l’humanité.
Cette humanité ira vers cette histoire-là , enfin j’espère.
Ce ne sont pas ces majorités qui écraseront ces minorités qui porte la raison humaine, l’humain, c’est ce qui est le plus important pour moi.

Propos recueillis à Lyon par Stéphane ARRAMI le 29 avril 2003.

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La vieille Djellaba(2,9Mo)

La vieille djellaba

Le vieil homme réfléchit
Assis face à la mer.
Il voit son Algérie
Coeur sanglant sur la terre
Il a les larmes aux yeux
Marseille s’est endormie
Il vague comme il peut
Son bateau c’est l’esprit.

Sa vieille djellaba
Il l’a toujours portée
Comme ton costume de soie
Ton jean’s délavé
Et quand il a souffert
Aux rires des imbéciles
Son visage berbère
Parlait toujours kabyle

Surtout ne l’oublie pas
Car tu es né de lui
Dans ta banlieue p’tit gars
Si un jour tu l’oublies
Tu auras tout perdu
Ton père, ta mère, ta terre.
Et si tu n’en peux plus
Repense à ton grand-père.

Il est venu ici
Travailler pour le pain
Ses nuits, ses insomnies.
Ses soucis quotidiens
Sa vieille djellaba
Elle les connait par coeur
Il venait de là-bas
Il pleurait comme tu pleures.

Quand il pleurait
Il pleurait comme la pluie
Je veux dire il disait
Tout ce qu’on n’a pas dit
Travailler pour le pain.
S’étendre de fatigue
Ton grand-père comme le mien
Reste le meilleur guide.

La vieille djellaba
Toujours contre sa peau
Tu n’es pas de là-bas
Mais tu es de sa peau.
Et les yeux du vieil homme
Tendus vers l’horizon
Ont le regard du gone
Qui écrit cette chanson.

Je veux dire en cela
Ouvrez tout grand vos yeux
Le vieille djellaba
Ecorce du Bon Dieu
C’ests l’amour d’un soldat
Qui déteste la guerre
C’est ton coeur quand il bat
C’est l’âme de ton grand-père

S’il vous plait messieurs-dames
Arrêtez de mentir
Mourir n’est pas un drame
S’exiler c’ets mourir
Le mot intégration
Est un mot de raciste
Cette terre c’est ton nom
Ta joie et ton supplice.

Et ne l’oublie jamais
Ce vieux en djellaba
Il est porte-secret
Il ets ton vrai combat.
Moi qui suis né d’ici
Qui m’en vais voir ailleurs
Je porte son Algérie
Comme on offre une fleur.

P’tit gars dans ta banlieue
N’oublie pas ton histoire
Un jour on devient vieux
Un jour il se fait tard
La vieille djellaba
C’est tes yeux merveilleux
N’oublie pas petit gars
Tu es l’eau et le feu.

Et le vieil homme se lève
Tourne le dos à la mer
Marseille se réveille
Il commence à se taire.
La vieille djellaba
Portée par le soleil
Le ciel de haut en bas
S’éclaire d’un arc en ciel

Surtout ne l’oublie pas
Surtout ne l’oublie pas
Surtout ne l’oublie pas

Jean-Marc Le Bihan

L’album
Jean-Marc
Le Bihan
Histoires vécues
Disponible à la FNAC - Virgin et points de vente habituels
Edité par Le loup du faubourg
www.leloupdufaubourg.com

Messages

  • Merci Monsieur le Bihan pour ce que vous essayez de faire pour rendre hommage à ce vieux kabyle...
    Dommage que tout ce que vous ayez retenu de lui soit cette fameuse "djellaba" qui est tout sauf berbère et encore mois kabyle... on dirait que ce kabyle allait bosser chez Berliet avec sa djellaba !!!

    Mais ce n’est pas grave, entre deux maux, on choisit le moindre, entre ne pas en parler du tout et en parler même sans des vérités historiques... quoique...

    Merci quand même JM !

    Koceila Izem Aγilas
    Kabyle jusqu’au trognon

  • je suis entiérement d’accort avec jean marc, de plus j’ai aussi se parcourt d’avoir enfants été amis avec des enfants d’algérie de Kabylie, et puis le racisme plus agée bête et méchant, gratuit, que je n’ai pas oublier ;
    J’ai vecu en Bretagne, moi de la région parisienne, et là bas j’ai été acceuillie comme chez moi, et les personnes Kabyle sont pareille humaines chaleureuses, j’ai eu des emails de certains du faite que j’écris parfois dans le site comme aujourd’hui, ils son humain simple et plein de chaleure ;

    Idir qui est passer à la télé, samedi soir sur france2, à au un temps de paroles bien maigre, il à réussie à dire quand même un peu sur son peuple, mais si peu, il est rester en dehord du grand plateau, mais sa présence été vraiment là, et j’ai eu cette joie, de le voir, c’est un homme que j’aime beaucoup de part son talent mais aussi de son monde intérieur, il est vrai, humain ;
    merci à son courage d’avoir été sur cette grosse machine à broyer de l’homme, la télé

    l’humain est partout, et chaques culture doit vivres, berberes, kabyle, tibetain ; kurde, etc...
    c’est trés important se sont les fuits de l’amour que nous offre la vie ;

    ar tufat kénavo
    et merci a jean -marc le bihan

    mais il y à lounes, et bien d’autre, et vous tous ici en France ou la bas en Kabylie en Algerie, j’ai eu une grande pensée pour vous samedi devant ma deuxiéme chaine, vous étiers tellement abscents , mise à part avec Idir, merci ;

    anne

    • Merci Anne ! Je lis toujours tes messages avec intérêts. Tu fait partie, désormais de la grande famille Kabyle ! Ar tufat (à bientôt en kabyle) et Kénavo (Au revoir en breton).

    • thanmirt, a toi, du fond du coeur

      ar tufat kénavo au revoir

      anne

    • Azul Anne,
      Les personnes au montage de cette émission nous ont certes évité le supplice d’avoir a subir le stupide rire d’une certaine personne dont je tairais le nom......"comme il a dit lui" si vraiment certaines personnes avaient encore un doute sur l’identité de l’individus.....Mais ont malheursement été passé aussi à la trappe, entre autre, une bonne partie de l’intervention d’Idir et ce, pas parce qu’il n’y avait rien a en tirer...NON....l’intervention d’Idir a été raccouci à cause de pressions venues droit de l’autre rive.....fihel ma n nad tfhemen (pas la peine d’en dire plus vous avez compris)....La presence de certaines personnes qui nuit à l’image de l’Algérie plus qu’elle ne la sert ne gène pas.....Les interventions constructives enrichissantes et éclairantes si....
      L’essence du message de Jean-Marc Le Bihan, tout son amour de l’humain, tout ce désir de liberté, toute sa soif d’IDENTITE, son rêve de connaitre la kabylie, noble terre qui saura assouvir tout ce qu’à succité en lui le regard d’un digne fils de kabylie n’a pas été retenu par certain qui ont préfèré se chamailler sur l’origine de la Djellabah et au sujet de je ne sais quoi d’autre encore....
      fehmet lma3na bw-awal, tmuqlem axesar gw ayen id naghli mazal ur nfhim ara....lan wid i chan niff nsen yerna mazal la qaren d-leqbayel, "xas ru a yul" (comprenez où je veux en venir, et regardez où nous en sommes, nous n’avons pas encore compris....il y en a de ceux qu’il ont "mangé leur niff" et qui encore se disent kabyles "tu peux encore pleurer mon coeur"
      Désolée Anne, je voulais t’apporter un petit éclairssicement et je me suis étalée. tanemirt en tout cas pour tout l’intérêt que tu portes à notre chère Kabylie.
      Ar tufat
      Tiliwa (fontaines)

  • merci beaucoup Mr J.M le Bihan, c’est un honneur à tout kabyle de savoir qu’il y a des gens qui les portent dans leur coeur, et surtout en ces moments où on fait tout pour nous isoler du monde.
    je vous remerci car je suis moi un kabyle qui vit toujours en algerie qui à vecu le triste episode de notre region et de notre peuple.
    vous meritez tous les remerciments car vous qui etes tres proche de notre combat, de notre douleur et de notre joie.

    un jeune kabyle de kabylie de 32 ans

  • Et bien moi, je me sens très breton dans les idées et le combat de la culture bretonne en France.

    La France ce pays qui a democratiquement combatus y compris dans le sang les autres cultures que la culture parisienne... democratiquemùent donc en toute legitimité.

    Aujourd’hui, la culture bretonne semble rennaitre de ses cendres, et en tant que Kabyle, je trouve que c’est un signe d’espoir pour nous.

  • Je suis, comme JM LE BIHAN, breton, exilé en Champagne.

    J’ai fait connaissance avec la Kabylie depuis quatre années à la suite d’un appel à correspondance d’un jeune lycéen de Tizi Ouzou. Il est devenu aujourd’hui mon vrai
    petit frère. Il m’a appris le partage, le courage et tant de choses sur les difficultés de vivre dans sa kabylie natale. A 20 ans, il a déjà vécu tant de drames, subi tant de mépris de la part du pouvoir. A travers lui, je voulais rendre hommage à tous ces kabyles qui se battent parfois en donnant leur vie pour être tout simplement LIBRES !

    Merci SAID de m’avoir tant donné....un jour, je marcherai près de toi sur les collines
    de ton beau pays......

    Hubert

  • Je remercie beaucoup Kabyle.com d’avoir interviewé ce grand monsieur... Il parle du fond de son coeur car il est très émouvant ! Juste une petite remarque (pas du tout méchante) pour dire que cela me gène que le titre de la chanson,"La vieille djellaba", soit associée à la Kabylie. En effet à mon sens la djellaba n’est pas Kabyle, elle est même plutôt arabe... L’habit du kabyle est l’Avarnus (burnous), qui est typiquement berbère... Merci encore.

  • Azzul , blavez mad
    je suis kabyle de la montagne , j’ai descendu une fois à Tizi et j’ai croisé un breton qui était ancien soldat français en Algérie , venu malgré lui , un peu comme ces désérteurs bretons qui on refusé de faire la guerre d’Algérie , il était marrin et faisait l’ittoral de l’Algérie une hisitoire d’une grande amitié est née entre nous deux moi qui suis fils d’un ancien Moujahid ou maquisard et lui qui était ancien soldat français en Algérie
    l’histoire a changé la page , Mon copain je l’ai invité chez moi assister à la féte d’un mariage , qu’il a bien apprécié , ce voyage l’a si marqué qu’il en a parlé à tous ces amis et tous les membres de sa familles de cette belle Kabylie qui ressemble aux iles Corses , de ces différentes physionomies ( rouquins , rouquines , blonds aux yeux claires , blondes, mates etc..) de ces belles maisons anciennes et ces grands chateaux battis aux sommets de ces belles colines seprées par des riviéres et mi encerclées par cette belle et grande montagne du Djurdjura ,
    Bref il a été marqué par cet acceuil chleureux de ce peuple qui vit joyeusement sa misére
    On a gardé contact il m’a invité à son tour dans le finistére , j’ai assisté aux festnoz bretonnes qouté au fars bretons et vu les phares brtons dans ce bel océan qui inspirent beaucoup nos cousins celtes .
    Idir a chanté avec le chaneur brton Maxime le forrestier, Le mari de Djura du groupe djurdjura est un breton , Arezki Larbi pése beaucoup dans les travaux artistique de Brigite Fontaine une cahnteuse bretonne , Taos ou Fadhma Amrouche a été entérrée en Bretagne , beaucoup de mariages mixtes entre bertons et kabyles , beaucoup de liens forts entre les deux peuples qui font partie de sminorités dans le monde , l’amitié continue
    je dirai à bientot en brton à tous mes amis bertons KENAVO !

  • azul contrairement a ce que dit ce monsieur, les Kabyles ne sont pas un petit peuple. Bon Dieu, on fait 6 millions avec la diaspora. En plus on fait partie des Imazighen , des millions en plus. Que les Kabyles aient trahi leur conscience et hypotheque leur avenir en se faisant coloniser et devenir un "petit peuple" c’est une autre histoire. Quand a la Djelaba c’est un truc archaique dont je ne connais meme pas l’origine. Il faut depasser ces fardeaux et se tourner vers l’avenir.
    Amazighement votre
    Massine

    • nul, désolé de te le dire mais nul...tu n’as donc rien compris au message de ce bon personnage qu’est monsieur Le Bihan .
      ta façon de parler est vraiement un discours nationaliste auquel s’oppose l’auteur, mais je respecte tout de meme ton avis.
      ce passé est précisement le socle de l’identité kabyle et berbère et on ne peut donc en aucun cas dire que "la djellaba" est une chose archaîque . amicalement
      farid

    • Décidément, certains ont vraiment du mal à lire entre les lignes et sont hermétiques aux mains qui se tendent, aux coeurs qui s’ouvrent, surtout s’ils ne sont pas KABYLES !! On se fout royalement qu’il s’agisse d’une djellaba ou d’un burnous, il s’agit de L’EXIL et de la souffrance qu’il engendre.

      Alors, je vais m’exprimer clairement :

      "Quand les cons voleront, tu seras chef d’escadrille".

      D’ailleurs, vous serez plusieurs à gagner du galon, car ce message s’adresse également à tous ceux qui ont l’esprit et l’intelligence où les poules ont l’oeuf.

      A bon entendeur salut.

      Et un amical souvenir à tous les autres.

      Une franco-kabyle, fière de sa double culture

  • moi je suis kabyle en emirat arab uni je te remerci pour votre courage et aide pour notre nation et je suis tres heureux qu l existe des gens comme vous salut

  • Chers amis,

    je ne suis ni Kabyle ni Bretonne, je suis Tcheque de la Boheme. Peut-etre que vous ne savez pas que la Boheme est celtique. Cest a dire que nous avons tous quelque chose ce qui nous lie. Culture, histoire, traditions, contes, legendes.
    Mon mari est Kabyle. Nous avons déja commencé et nous voulons continuer a faire la promotion de la culture
    berbere en République tcheque. Nous avons envie dinviter les chanteurs kabyles mais aussi bretons pour venir chanter a Prague. Vous etes tous bienvenus !
    Moi, je me sens maintenant aussi Kabyle grace a mon mari. Jadore les chansons de Idir, Taos, Takfarinas, Lani, Lounes Matoub ... Maintenant nous préparons un programme pour le 5eme anniversaire de lassassinat de Lounes. Il y a de plus en plus de Tcheques qui commencent a sintéresser a la culture amazighe.
    Je vous souhaite beaucoup de courage dans votre combat pour votre identité !

    Liba Addar, présidente de lAssociation Culturelle Berbere de Prague

    • Azul madame,
      Je suis Kabyle.J’ai grandi en Kabylie.Je vis en Kabylie.Mes espérances sont pour notre Kabylie meurtrie et pour tous ceux qui souffrent des dénis de leurs identités.Cette Kabylie m’a aidé à comprendre Kundera, à le lire et à essayer de toucher sa douleur d’Etre humain et de Tchèque en exil. Cette Kabylie m’a poussé à rêver de cette Bôhème que des poètes ont chantée, celle qui a égayé la vie de plusieurs générations.De Prague, nous gardons la beauté Baroque, Bohumil Hrabal, Dubcek, mais aussi le printemps, son printemps.Le "printemps de Prague" a inspiré le nôtre, celui qui a ouvert les véritables voies de l’espérance à la Kabylie un certain 20 avril 1980. Ce printemps, Tafsut en Kabyle, est le lien qui unit désormais la Kabylie à la Tchéquie.Tamurt à la Bôhème...Et Vaclav Havel était pour nous celui qui pouvait redonner espoir à un peuple dans les pires moments, les moments de la résignation...
      Merci pour ce que vous faites à Prague pour la Kabylie.Merci d’exister pour que les deux peuples se réunissent autour du socle de l’amitié fraternelle. Que la générosité règne...La Bretagne a montré les chemins à suivre, à nous de savoir les emprunter...pour aller en Bôhème !
      Sincèrement vôtre !

      PS. : dans son dernier livre (l’ignorance), Kundera a peint un tableau pessimiste sur le retour à Prague, mais a cajolé la beauté de la ville.

      Ziri

  • Azul, Demat,
    La Kabylie est poésie.La Kabylie est beauté.La Kabylie est générosité.La Kabylie est en lutte pour que la générosité de la beauté résiste à toute cette politique du pire que des assassins veulent rendre ineluctable. Pour toutes ces raisons, cher ami (je me permets de vous considérer comme mon ami, puisque vous êtes l’ami de notre Kabylie), la Kabylie vous invite à lui rendre visite.Elle vous demande de venir prendre racine pour enraciner vos poèmes dans ses champs pleins de genêts.Des genêts qui, même ensanglantés, vous feront revivre la beauté des agents qui fleurissent en Bratagne.Cette Bretagne qui nous rend l’écho de notre lutte pour l’amité entre les peuples, pour l’auto-prise en charge des affaires de nos régions respectives, etc.
    Pensez à venir nous rendre visite, vous êtes chez-vous.Faites-le pour vous, pour vos amis, pour la...Kabylie qui a besoin qu’on admire ses beautés, ses luttes...
    Soyez le bienvenu. En Kabyle on dit : Adar iteddu s azar. Le retour aux sources, en quelque sorte
    Ansuf yis-ek Rer Tmurt n Leqbayel Tamurt-Nner, Tamurt-inek !
    Seg ul !
    Sincèrement !

    Ziri

  • salut tout le monde !
    ça me va droit au coeur quand quelqu’un s’interresse a ma culture et surtout s’il en parle et la defend. je suis ce qu’on appelle un algerois d’origine kabyle, fier de ma kabylie et de mon afrique du nord. J’ai sillonné toute l’algerie, et connu beaucoup de gens a l’etranger dont je garde le souvenir. J’aime la litterature universelle, toutes les musiques du monde pourvu qu’elle soit originales et bien travaillées avec amour et gout.
    Pour s’aimer, il faut aimer les autres. C’est ce que j’appelle toucher ou embrasser l’unversalité.
    C’est en aimant les autres, leur culture que j’aime la mienne.
    Durant la manifestation du 14 juin 200, j’ai eus les larmes aux yeux.
    En lisant l’interview de Jean-marc Le Bihan, je sens un ami en lui tout simplement.

  • Entendre un " occidental " ou un " non-arabe " ou un " non musulman " s’émouvoir de notre culture, me touche car je sens de la compréhension de leur part. Mais ce qui m’enrage c’est le silence absurde , lâche, de ces soit-disants nos " freres" de par l’islam. Jusqu’à présent, je n’ai pas entendu un intellectuel arabe, musulman, enore moins ces organisations des droits de l’homme des pays arabes s’indigner de ce qui se passe en kabylie. Bien qu’ils prétendent que les droits de l’homme font partie de l’islam.
    L’exemple des kurdes d’Irak gazés par saddam est un exemple flagrant et édifiant. Aucun arabe, du moins musulman n’a soufflé ou laissé echapper un mot de compassion pour ce grand peuple pietiné, mais fier. Oui, j’en fait analogie car c’est le cas des kabyles, quoique les données sont diffrentes. Les gendarmes tuaient et pour eux c’était normal. Car c’était des kabyles. A présent, je comprend pourquoi le monde musulman avait croulé sous le poids des injustices et du communautarisme.
    Sans commentaires.
    C’est pourquoi, en lisant les paroles de Jean-Marc, moi aussi, je me sens Breton.
    Salut à toi Jean-Marc Le Bihan. T’es un ami. Sans aucun doute.

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