Avec AKFADOU, le « phénomène Allaoua » se propage donc et l’artiste devient une nouvelle star internationale de la chanson kabyle. Son dernier concert du 7 janvier 2007 au Zénith de Paris s’est révélé une réussite totale avec une salle « archi » comble.
Un succès qui se poursuit le 21 janvier à la Bourse du travail de Lyon avec encore une fois une salle pleine à craquer. Avec ses deux albums, « Ssar tamurt » et « A Sieqa » qui restent parmi les meilleures ventes dans la chanson kabyle, Allaoua est devenu un acteur incontournable de la scène musicale algérienne kabyle. Sa tournée en France s’est achevée à Marseille le 28 janvier pour retourner en Algérie et préparer son nouvel opus…
Ce nouveau petit chef d’oeuvre est enfin prêt, ce qui n’est pas pour déplaire à ses fans qui l’attendaient avec impatience ! Depuis ses débuts, Allaoua nous comble chaque année avec un album aux sons forts et aux rythmes riches et variés.
Chacun de ses albums a compté plusieurs tubes qui jouissent aujourd’hui encore d’une grande audience.
Allaoua remet cela avec un nouvel album, de 8 titres, riche en nouveautés musicales et thématiques.
Ce dernier nous ouvre les portes de son nouvel album avec un merveilleux prélude en hommage à sa bien-aimée qu’il surnomme tendrement « Tamghart-iw ». Après taazult-inu, taazizt-iw… (divers synonymes pour dire ma chérie), place à une certaine et délicate pudeur pour nommer celle qu’il aime. Cette chanson est une fabuleuse déclaration d’amour, comme Allaoua a toujours su les chanter. Déclarations d’amours qui apparaissent sous d’autres tournures dans le disque. Du rythme au slow, il utilise divers genres musicaux afin de faire une place importante à l’amour car Allaoua reste un romantique invétéré.
Il consacre également une partie importante aux musiques traditionnelles kabyles. C’est ainsi que l’on retrouve les tambourinaires (Ideballen) et des chants religieux inspirés des lieux saints d’Algérie que l’on nomme en kabyle Zawiya. Des lieux où l’on vient se ressourcer, où l’on vient chercher une guérison mais aussi la bénédiction et le pardon de Dieu. Allaoua nous transporte dans l’univers spirituel des Zawiya où l’on trouve bien souvent la sérénité et le remède à nos maux grâce à la musique…
Ses thèmes de prédilection qui demeurent l’amour, la jeunesse, et la culture berbère sont remis à jour.
On peut ainsi découvrir « Tasertit » une chanson pour le moins ironique concernant les politiques et les politiciens d’Algérie qui « se prennent pour des stars ». Allaoua nous embarque dans l’ambiance folle régnant dans les stades de football algériens pour pointer du doigt ceux qui s’enrichissent sur le dos d’un peuple parfois « crédule » « Zighen mazal-ik d bu nniya, kecci yettamnen tasertit ». Et pour finir, il nous relate une nouvelle forme de relations amoureuses, celles naissant par téléphone. On apprend à se connaître au téléphone, on tombe amoureux au téléphone sans ne s’être jamais rencontré, mais dès le premier rendezvous c’est la déception ! Et chacun retourne chez soi confus… « Nemyussan di tilifun, nemhamel di tilifun », « Di taggara mi-d nemlal […] Macci aken its mennagh, macci akken iyi-tmenna, segw’ assen ar ass-a ur d sawel ur d seqsagh ».
Dans cet album, la magie opère toujours autant avec Mohamed Allaoua. Entre émotion et rythmes déchaînés, nous en avons pour tous les goûts ! De plus, et c’est toujours la particularité de Allaoua, l’on peut facilement s’approprier les chansons qu’il interprète grâce aux termes poignants et simples à la fois qu’il emploie. Chacun d’entre nous peut s’identifier aux protagonistes de ses chansons et c’est ce qui permet d’entretenir cette forte relation du public avec leur artiste. « Tasertit » est un album entièrement à l’image de la personnalité humaine et artistique de Allaoua, qui nous offre, cette fois encore, ses sentiments et son coeur…
Nous pouvons dire, sans nul doute, que Allaoua reste la coqueluche de la chanson kabyle.
Mais la modestie est de rigueur chez lui et il sait rester simple et sympa. C’est indubitablement cette simplicité qui a fait, d’ailleurs, sa renommée. On aime les artistes simples mais de talents. Chez Mohamed Allaoua, Jeunesse rime avec Simplicité et Qualité, choses qu’il consomme sans modération.
« TASERTIT » 2007
1. Tamghart-iw : « Ma dulcinée » (Prélude)
2. Tamghart-iw : « Ma dulcinée »
3. Tasertit : « Les stars »
4. Taeyid dgi « Tu te lasses de moi »
5. Tilifun : « Téléphone »
6. Tislit Bw’nzar : « Je reviendrai vers toi »
7. Tettru : « Complainte amoureuse »
8. D laali zzehr-im : « La chanceuse »
9. Allah ay ahnin : « Bonté Divine »

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