Le dernier crime en date remonte au 23 septembre. Le dernier acte de banditisme remonte au 19 septembre et le dernier acte de terrorisme remonte au 20 septembre dernier.
Vu l’absence de l’Etat les citoyens de la région se retrouvent livrés à eux même face à ces phénomènes qui les terrorisent et les endeuillent au quotidien. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on signale un acte à travers la région.
Lorsqu’on évoque la grande région de Ouaguenoun, l’on prend en compte les autres localités limitrophes à l’exemple de Boudjima, Ait Aissa Mimoun et une partie de Timizart.
Depuis les événements qui ont secoués la Kabylie durant la révolte du printemps noirs, les deux brigades de la gendarmerie implanté dans la région à savoir celle de Boudjima et de Makouda.ont été délocalisées. Depuis l’Etat, par sa volonté de sanctionner cette région qui a osé demander le départ de la gendarmerie, a brillé par son absence. C’est la loi du plus fort et les gangsters de tous bords se comportent comme des seigneurs qui font la loi face à une population désarmée et impuissante. Bien avant le départ des gendarmes, La région est victime de sa proximité de la mégapole qui est la ville de Tizi-Ouzou. Cette proximité a fait introduire dans cette paisible région tous les maux qui la rongent de nos jours.
Les structures traditionnelles par la voie de Tajmaat ou comité de villages se trouvent dépassées et se déstructurent. Les villageois sont envahit par cette triste nouvelle culture qui est l’individualisme et de chacun pour soi.
A signaler que Ouaguenoun n’est qu’un échantillon de la triste réalité qui s’est abattu sur la Kabylie à travers une chaîne d’événements qui se sont enclenchés depuis le début des années 1990. Du terrorisme islamiste est venu se greffer le banditisme, la pauvreté, la marginalisation et la criminalité.
Le chef lieu de Ouaguenoun est Tikobain. Cette localité qui n’a de chef lieu que le nom est un point de convergences de la plupart des habitants.
Il est une vitrine à ciel ouvert qui expose le malaise de la société caractérisé par l’oisiveté, le chômage, la pauvreté, la marginalisation et le sentiment des laissés pour compte.
Des richesses non exploitées
Et pourtant Ouaguenoun se compte parmi les régions les moins pauvres sur le plan richesse au niveau de la Kabylie. Elle est une localité à vocation agricole ; et se trouve à proximité de plusieurs grandes villes.
Ces richesses se trouvent mal exploité, vu l’absence de plans sérieux capables de booster cet immobilisme régnant. A titre d’exemple l’on cite le barrage d’irrigation de Djebla qui est à l’abondant. Réalisé à la fin des années 1960, cette infrastructure été l’un des joyaux de l’économie de la région.
« Avant les année 1990, dans la région il n’existe pas de chômage. Nos terres produisent beaucoup de richesses à l’exemple des célèbres haricots verts qui sont distribués dans tout le centre du pays. Aujourd’hui il ne reste plus rien » nous a déclaré avec un mélange de regret et de nostalgie un citoyen d’une cinquantaine d’années.
Pour ce barrage les pouvoirs publics ont débloqué récemment un projet de près de 10 milliards de centimes pour sa réhabilitation. Ce projet a été consommé en totalité mais c’est le statut-quo.
D’ailleurs bien avant son lancement les agriculteurs de la région ont soulevé le manque de sérieux dans la qualité des travaux engagés.
Le chômage reste le premier nid où pullulent les autres maux. Des vols par effraction des maisons abandonnées ou isolé viennent naître le grand banditisme. Ces gangsters qui opèrent à des heures tardives de la nuit dressent des faux barrages en différent endroit. Objectif : délester les gens de leurs véhicules pour les revendre par la suite en pièces détachées ou sous de faux papiers ou encore les « exporter » en dehors des frontières à travers leurs réseaux. Le dernier acte de vol de voiture a eu lieu le 19 septembre dernier à la sortie de Tikobain. Le malheureux citoyen a été agressé par un groupe de bandits cagoulés et délesté de sa voiture de marque Mégane et ce après la rupture du jeune. La pègre s’est attaqué récemment a quelques moments avant le levé du jour dans la localité de Boudjima en volant tout un bus et réussir à prendre la fuite. Certains des auteurs ont été identifiés et arrêtés mais les autres ainsi que le bus n’a pas été retrouvés à nos jours. Parfois la pègre s’attaque avec des armes même à des lieux gardés, à l’exemple de l’acte qui a été perpétré il y a quelques mois près de la localité de Tamda. Dans ce fait un jeune gardien de Michelet et l’un des bandits ont été tués. Il s’est avéré que le bandit est un résidant et un natif de Tikobain. La pluaprt ont la certitude sur l’identité des auteurs de ces actes mais personne ne peut prendre le risque d’en parler. Même si l’on veut dénoncer il n’ y a aucune structure envers laquelle l’on peut se réclamer et se confier.
Vu les armes utilisées parfois pour perpétrer leurs actes, les citoyens soupçonnent souvent des éléments des services de sécurité d’êtres les véritables auteurs ou des complices. C’est ainsi que la maffia se fortifie jour pour jour et impose son dictat. En plus des agressions et des attaques suivies de vol, d’autres groupes de bandit s’adonnent à des kidnappings des personnes aisées, et les libérer par la suite contre payement de rançons. Depuis le mois de mai dernier deux personnes ont été enlevées à Ait Aissa Mimoun. Après plusieurs jours de captivités elles ont été libérées contre payement de rançons estimées à plusieurs centaines de millions chacune.
Parfois il y a jonction entre les groupes terroristes islamistes armés et ces groupes de bandits de grands chemins. Evidement il existe une relation directe car les terroristes islamistes utilisent ces groupes pour se couvrir et vices versa. Contrairement aux premières années de leurs insurrection ou la plupart des islamistes sont des cadre de ce parti, ces derniers temps ils recrutent souvent parmi les rangs de cette pègres pour renforcer ou renouveler leurs troupes.
Comme annoncé, le dernier acte terroriste dans la régions remonte au 20 septembre dernier. C’était au moment de la rupture du jeune. Après une longue et minutieuse filature un guet-apens a été tendu à un groupe terroriste par des policiers à la sortie du centre urbain de Tamda. Trois dangereux terroristes ont été éliminés tandis qu autre a réussi à prendre la fuite. Il est vari qu’il n’existe pas de maquis terroriste dans la région vu la nudité de sa nature. Mais les groupes terroristes l’utilisent comme un lieu de passage privilégié et un centre de repli et de refuge vu la situation géographique stratégique de la localité. Toute cette présence terroriste est encouragée par l’absence de structure de services de sécurité à travers plusieurs dizaine de km à la ronde. En parallèle à cela la région enregistre l’un des nombres les plus élevés de conflits entre citoyens et qui provoquent souvent par des crimes. Durant la nuit du réveillons de 2007 à Tikobain, un jeune de 34 ans a été assassiné par un jeune de 21 ans , lors d’une bagarre qui a éclaté entre des groupes de jeunes. Non loin de Tikobain, au village Boudchicha, Le 2 3 septembre dernier un jeune étudiant de 22 ans a été affreusement tué par des coups de coteau par son neveu âgé de 19 ans. A l’origine une histoire d’un conflits de répartition des bien familiale qui couvait depuis longtemps.
La région est connue aussi pour la prolifération anarchique des débits de boissons illégales et anarchiques implantés dans les villages et sur le long du CW 37 et du CW 174. En plus de la tension sociale résultante de la pauvreté, la consommation excessive d’alcool est souvent à l’origine des bagarres et des crimes qui se produisent. A Tiplakin ou plus exactement au niveau de la zone d’activité de Tala Athmane, l’on retrouve une multitude de lieux de débauche. Ces lieux malfamés, sont devenus des pôles de convergences des prostituées venus pour la plupart des villes de l’Ouest du pays, ainsi qu’un lieu de regroupement et de planification pour les bandits des différentes régions de la Kabylie et du pays.
Les pouvoirs publics ont récemment des projets de réalisation de structures pour les services de sécurité. L’une d’elle qui est en voie d’achèvement sera implantée à Tikobain. Tout porte à croire que ladite structure sera opérationnelle à partir du 1er novembre prochain. Une autre structure similaire est en voie de réalisation à Makouda. D’autres unités seront implantées dans les chefs lieux des communes. Ce sont des réalisations que les habitants attendent avec impatience, dans l’espoir qu’avec la présence des policiers la région sera délivrée d’un tant soit peu de ce quotidien caractérisé par l’insécurité et l’anarchie.
Au moment où nous achevons notre écrit relatif à cette région, des convois de militaires sont acheminés vers cette localité. Une vaste opération de ratissage a été enclenché et dont l’objectif est de déloger les groupes terroristes d’Al Qaida ou de l’ex GSPC qui écument la région. Les hélicoptères de l’armée survolent la région durant tandis qu’un accrochage a eu lieu et dans lequel trois terroristes ont été neutralisé par les militaire dans les parages de Ouaguenoun.
De la Kabylie Belkacem B
Kabyle.com Archives