Dès l’école primaire, c’est-à-dire à l’âge de 6 (six) ans, Zaïna (le prénom de Massa Bouchafa) fit son entrée dans une chorale de l’école primaire, située non loin de son village Azrou (Illilten) grâce à sa voix originale et à la force de son timbre vocal. En intégrant sans difficulté l’unique et prestigieuse chorale féminine du lycée El Khansa, de Tizi Ouzou, l’adolescente Zaïna se distingua très vite des autres choristes et emporta plusieurs consécrations et prix inter-lycées.
Il faut rappeler qu’en 1980 le grand chanteur Taleb Rabah fut le premier à remarquer les charmes vocaux et les dons de cette fille précoce et subtile.
Lorsqu’elle remporta en 1989 le prix du festival « Alhan Wa Chabab » beaucoup d’artistes furent fascinés par Massa Bouchafa ( Massa-veut dire Madame en kabyle) comme le chanteur Rezzig Kaci et le grand poète et musicien Aït-Maenguelet qui lui fera appelle afin d’interpréter en duo une de ses œuvres. Il faut dire ostensiblement que depuis la sortie en 1989 de son premier album intitulé « Da L’Mulud » en hommage au précurseur de la berbérité, la tonitruante Bouchafa entamera désormais une grande carrière artistiques qui la propulsera aux devants des scènes française et européenne.
A ce sujet, tout le monde sait que cette chanteuse est arrivée dans le monde de la musique au moment même où le souffle de certaines chanteuses kabyles s’amenuise et se coupe. Cependant, Massa demeure en pleine maturité grâce à ses dons musicaux et sa voix chaude et à la fois juvénile.
Avec un répertoire riche de plus de 60 (soixante) chansons, , la jeune star de la chanson kabyle réussit indéniablement à s’imposer comme une meilleure interprète du folklore au point que son public croit sans cesse en France et aussi en Algérie.- Terre et havre de ses ancêtres et de son enfance -.
A l’écoute de ses chanson et au regard de ses textes poétiques fignolés par son mari M’Hand qui fut à la fois son mentor et son manager, le public et ses fans découvriront avec délectation les performances de celle qui refuse obstinément de demeurer dans les sentier battus. J’ajouterai par ailleurs que si la chanteuse Bouchafa à savamment abandonné, l’enseignement pour finalement se lancer dans la musique c’est parce qu’elle aime passionnément la chanson comme une religion.
Il n’est un secret pour personne que cette diva de la chanson se singularise de ses consoeurs puisqu’elle demeure aussi une danseuse. Je voudrais dire par là qu’en plus de ses talents de chanteuse, Zaïna pourrait aussi être danseuse lors des galas et des fêtes de mariage. Ce qui m’amène à dire que la chanson et la danse sont indubitablement en parfaite symbiose chez elle.
En effet, son nouvel album intitulé Tanaslith- La dignitaire- contient 8 (huit) chansons inédites et traite divers sujets plus que jamais d’actualité : La fête, l’identité, l’exil, la condition féminine ainsi que la déception voir l’amertume sont entonnés par une voix suave, puissante et envoûtante à la fois.
Dans une chanson, l’artiste a parlé de l’amour « Hed- Ur Yezmir Aghyefraq » - Personne ne pourrait nous déparer- est la chanson qui décrit les choses en ordre et redonne espoir.
Ceci dit, l’amour demeurera, malgré tout, une expression forte et un sentiments qu’on ne peut négliger. . Dans une deuxième chanson, la star évoque avec acuité la situation sociale que vit le pays. Elle peint une dernière décennie caractérisée par le chômage, l’insécurité et le marasme économique. Par ailleurs, l’espoir est véritablement prôné par la poétesse qui exhorte la jeunesse à être patiente et à la hauteur des espérances d’un beau pays en l’occurrence l’Algérie. La question identitaire n’a également pas été épargnée ni éludée dans cette œuvre pertinente.
La condition féminine fut aussi évoquée dans une chanson appelée « Tanaslith ». Cette chanson phare constitue vraisemblablement un véritable plaidoyer pour la femme algérienne en général et kabyle en particulier.
Pour conclure, je vais me permettre de dire sans forfanterie que la star kabyle Massa Bouchafa sait pertinemment que son travail sera bien accueilli. En effet, elle est convaincue que le meilleur travail ne peut qu’être apprécié par le public.
Durant toute sa carrière de plus de 18 (dix-huit) ans, celle-ci a toujours habitué ses admirateurs à un rythme particulier et très doux, fait généralement de musique folklorique et de poésie raffinée propre à elle.
Mohand HAROUZ
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