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L’exode rural kabyle : l’inexorable saignée

samedi 22 septembre 2007, par amarouche

Tous les jours ou presque, on apprend que telle famille est partie tenter une nouvelle vie au lointain Canada ; un tel a rejoint sa femme en france ; tel autre a beneficié d’un logement et s’est installé a Tizi ou Alger...

La Kabylie perd peu à peu sa substance humaine au profit de la diaspora qui s’accroît à l’intérieur du territoire national ou à l’étranger. Certains indices attestent encore mieux de cet état de fait .Plusieurs écoles de villages ont fermé, faute d’un nombre suffisant d’élèves ; ainsi à Larbaa Nath Irathen, les écoles primaires d’Ighil Tazerth et du village voisin El hammam ont mis la clef sous le paillasson .D’autres écoles ont fermé des classes, ou ont eu recours au palliatif du préscolaire, incluant les enfants de 5 ans et même moins, pour maintenir les effectifs et éviter les mutations problématiques d’enseignants.

Quand on parcourt nos agglomérations, on se rend compte de l’ampleur des départs. A Ait Frah, Ait Atelli, Aguemoun, Azouza, Cheurfa el Misser, Tassaft Guezra… il y’a des quartiers qui se sont presque vidés .Les maisons désaffectées crient leur solitude. Certaines, encore en bon état, accueillent leurs propriétaires en été, pour un bref retour aux sources ; d’autres accusent les signes de l’abandon et se dégradent doucement dans un climat d’angoisse presque palpable qui prend le visiteur à la gorge.

A Ait Mimoun, les maisons éloignées du centre de l’agglomération sont désertées ; on y voit encore ça et la, dans quelque jardinet intérieur, un figuier têtu qui continue à porter et faire mûrir ses fruits ou une treille devenue envahissante, faute de main pour la domestiquer .La bourgade Yahlem, encerclée par la forêt, est entièrement vide. Plus personne qui habite ce hameau qui était pourtant déjà la à l’arrivée des français en Kabylie de montagne. Icheriden, village légendaire, quartier général de Fadhma n’Soummer et de la résistance de 1857, s’est vidé et expose lamentablement les ruines de la SAS, des constructions militaires de l’armée coloniale et le monument de l’héroïne .Seuls y survivent quelques familles, écartelées entre les souvenirs fantomatiques et une réalité difficilement assumée. La présence de ces femmes et hommes rappelant la sérénité des générations anciennes, est presque un défi à la marche inexorable du temps .Le hameau d’Aguemoun Izem n’est pas épargné par cette désertification humaine qui a touche quasiment toutes les agglomérations, aggravée en certains endroits par la menace terroriste pendant la décennie noire .Et au rythme ou vont les choses, rien n’indique une atténuation du phénomène. Partout, l’on constate, dans ces terres qui ont porté et nourri tant de générations dans une vie faite de simplicité et d’âpre labeur, de joies indéniables et de proximité avec la nature, cette tendance lourde au départ contrariée seulement par les contraintes administratives. La Kabylie rejette t’elle donc ses enfants ?

Les raisons sont sûrement complexes mais tiennent, certainement en grande partie, au décalage entre les aspirations actuelles à une vie agréable et moderne et un terroir qui peine à s’arrimer au train du développement et de la modernité.

Le chômage est important et touche sévèrement les diplômés .Les jeunes qui ont consenti de longues études se trouvent déçus ,à leur sortie du cocon universitaire, de ne rien trouver comme emploi et de se voir réduits à voir le temps, le précieux temps de leur jeunesse s’écouler dans la morosité sans perspectives certaines .La plupart refusent les postes humiliants de l’aig et préfèrent dégotter quelque petit boulot sans rapport avec leur formation .On a vu des dentistes ouvriers de chantier et des médecins vendeurs dans un magasin ou aviculteurs .Cette dépréciation de leur diplôme touche à leur personnalité et ils vivent cet écueil au travail comme une véritable humiliation, presque comme une trahison de la part de l’Etat qui a pourtant tant investi pour les former . .l’unique solution réside à leurs yeux dans un ailleurs qui prend des yeux de Chimène.

Si le chômage est certes la cause principale du déracinement, la recherche d’une vie meilleure touche même ceux qui ont un emploi stable. Jusqu’ici, les salaires des médecins ou des ingénieurs étaient tout simplement dérisoires. Il fallait plusieurs année de privations à un médecin pour se payer une voiture qui est a la portée du vendeur de cacahuètes du coin. Mais d’autres causes renvoyant à l’état général de notre société incitent à la fuite : l’idéologisation de l’école et l’intégrisme rampant , l’insécurité qui tarde à s’installer définitivement , la cherté de la vie ,le manque de loisirs, le manque de liberté des femmes… en fait , la Kabylie ,rurale surtout, souffre du sous développement à tous les niveaux et beaucoup de secteurs doivent être remis a niveau . il est vrai que ça et la , des efforts sont faits , en matière de bitumage, d’assainissement ,de raccordement au réseau hydraulique ,d’aide à la construction …dans le cadre des plans communaux de développement , des communes ont pu améliorer les conditions de vie par des réalisations de proximité .Mais les réalisations dans le cadre des programmes sectoriels ou communaux n’arrivent pas à rattraper le retard immense .Certains secteurs sont tout simplement sinistrés . Il n’y a aucun stade à Ait Atelli, Ait Frah, Azouza, qui sont pourtant de gros villages. Les agglomérations dotées d’aires de jeux ou de stades se comptent sur les doigts d’une main .Il n’y a pas non plus de loisirs .Même les centres culturels ériges dans les chefs lieu de communes sont devenus des coquilles vides, les municipalités manquant manifestement d’imagination (ou de volonté ?) pour assurer une vie culturelle minimale. Les jeunes sont tout à fait frustres de voir, par satellite interposé, des jeunes de leur âge vivre pleinement leur vie alors qu’eux baignent dans un néant stérilisant rythmé par les appels à la prière venant des hauts parleurs des mosquées à grands décibels. Ne restent que les fêtes de mariage privées ou les bras de Bacchus comme exutoire.

Ps :
- Chaque jour, des "clandestins" compatriotes risquent leur vie dans des barques de fortune pour l’Eldorado européen, fuyant nos villages et nos communes, arabophones ou berbérophones.
- Les femmes en Kabylie (et dans le reste du pays) sont dans tous les secteurs d’activités, elles sont enseignantes, médecins, juges, et même policières, mais aucune ne peut entrer et s’asseoir dans un café de village.
- clin d’œil à mon ami SKS qui vient de glisser lui aussi à travers la porte des étoiles.

AMAROUCHE

12 Messages de forum

  • La chansson de l´hasnawi, "la maison blanche".

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  • L’exode rural kabyle : l’inexorable saignée 22 septembre 2007 14:45, par mizou de tizi

    sks est ce que c’est celui de la depeche de kabylie ? je lisais qqarticles de lui il est marrant tout fout lecamp c’est vrai

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  • L’exode rural kabyle : l’inexorable saignée 22 septembre 2007 17:25, par Intas Madyas

    Nous sommes en train se subir l’exode comme celle des juifs, un jour nous reviendrons sur nos terres quand on aura la force militaire et financière de se défendre contre ces arabes islamistes algérien.

    Moi je pense qu’on est définitivement foutu. on subira le sort des kabyles déportés en N. Calédonie.

    C’est le pouvoir d’alger qui organise avec les pays étrangers cet exil des kabyles et de tous les gens instruits pour qu’ils ne soient pas dérangé dans leur hobby, voler l’argent de l’Algérie sans peuple.

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  • La seule activité des villageois, jeune ou vieux, est de partir le matin en ville (même si on a rien affaire, ce qui est souvent le cas), deambuler quelques heures à travers les artères, ou se payer un café pour les ((plus riches)) et puis revenir au village.Ce scénario, dure toute l’année.C’est un vrai calvaire, surtout pour les jeunes.Ceux qui resistent, prennent leur mal en patience, d’autres se suicident.Quelle est l’activité économique ou même culturelle dans la Kabylie profonde, pour occuper la population ? Une région aussi spendide ne mérite pas ce sort.Elle est restée en jachere depuis longtemps.La seule ressource économique que représente les devises des émigrés, tend à s’amenuiser avec la disparition des retraités et l’installation en famille de la nouvelle génération (d’émigrés s’entend).Une perte seche.

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  • Une politique d’expulsion programmée depuis 1962. L’unique moyen d’assimiler, diluer, les kabyles dans les villes : netoyage ethnique.

    Boumediene disait "qui n’est pas d’acords s’en aille".

    Aujourd’hui c’est la mosche qui jue le role d’assimilateur.

    Une politique claire, surtout avec le refus de l’officialisation de notre langue et culture, une facon d’imposer le minaret islamique comme unique reference symbolique, le minaret arab est conlateral.

    Sarkosy cimente le choix : en homme avertit flaire le sous.

    kaci

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  • L’exode rural kabyle : l’inexorable saignée 22 septembre 2007 20:59, par Gildon

    L’exode rural n’est pas mort , c’est vrai, à mon retour à Bgayeth après une absence de plus de sept ans, que fut mon étonnement, la ville a doublé de population. Sur les 16 bacheliers que nous étions au lycée Polyvalent 9 sont aujourd’hui au Quebec. 40 après l’indépendance on quitte encore "tadart" pour des bidonvilles, pire les anciens villages et les vieilles villes tombent en ruines..."a wid ken lehna".

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  • Encore un coup diabolique planifié par le pouvoir de longue date.
    L’mulud

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    • L’exode rural kabyle : l’inexorable saignée 23 septembre 2007 21:09, par idurar idhelamriw.

      alwa amak’ aranakhdhem thura.Restons positive aidons si on peut les villageois du moins moralement.J’essaye de partir au bled chaque annee pour me ressourcer et bien sure j’aide beaucoups les pauvres.Je parle beaucoups avec les jeunes du village.Je les encourage pour leur nifs,courage et determination de reisister a ce pourissement gouvernemental qui tot ou tard va payer la sauce.Appel a tout les emigres de se rendre a leur village Natale au moin une fois pr annee.Histoire d’etre parmi les siens est deja un moyen de resistance pour ce pouvoir perdu qui essaye de nous destabiliser et nous reduire a nean.Ne Nous laissons pas faire.Soyans positif et positivons les choses.Chacun de nous essayera de faire des choses.De ma part j’ai l’opportuniter de travailler dans un milieux ou des grands financiers mondiaux se regroupe et je n’hesite pas de denigrer ce que le gouvernement est entrain de faire pour notre noble Kabylie.Sabotage,pourissement,production de terroriste gouvervementale.Un gouvernement qui incendie presque toute la Kabylie sans pense au consequences (les pauvres malades,les vieux etc...)et ils font le Ramadan ils prient.Bla rabbi je ne fais pas le ramadan a cause de ces conards c’est stupide mais c’est comme cela.La Kablie vivera.Un jour ces etoiles qui se sont emigres trianpheront et metrons les points sur les I pour les arabobaathistes.Thanmirth.Ak’ith ayarrach anagh.

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  • L’exode rural kabyle : l’inexorable saignée 24 septembre 2007 19:56, par djidji le fou

    cet article pose un vrai probleme .que faire pour lutter contre le depart . ilfaut que chacun voie ce qu’il peut faire à son niveau . ceux qui ont de l’argent doivent investir ai lieu de se pavaner avec des belle voitures . les emigres ont aussi un role a jouer , malheureusement ils nefont rien pourle bled , a part les constructions de maison a plusieurs etages ppour la frime , aidons nos jeunes a travailler , a maitriser les nouvelles technologies , nous le meme langage imazigen , imazighen tout le temps mais on ne s’apercoit pas que ces discou rs ne nourrisent personne . quel emigre a fait une piscine par exemple ou un atelier rien mais on fait semblant d’aimer notre bled mais le resultat est nul alors treve defaux semblant aidons ou taisons nous djidji lefou

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  • L’exode rural kabyle : l’inexorable saignée 30 septembre 2007 14:54, par mohamed d’Alger

    Bonjour à toutes et à tous !
    le seul moyen qui permet de réduire l’exode rural kabyle est la création d’emploi au niveau de la kabylie.
    en Algérie le créateur d’emploi c’est l’état algérienne, un état anti kabyle et anti du bien. Regardons les indicateurs socio-économiques, ils sont catastrophiques.
    La solidarité entre kabyles peu redonner vie et éspoire à notre patrie KABYLIE, il faut que les kabyles investissent en kabylie, surtous les émmigrés ils ont vraiment les moyens, ils peuvent faire quelques choses.
    arrêtez de parler de la kabylie, il faut agir, et chaque kabyle fait ce qu’il peu pour créer un dévelopement local, le seule garant de la stabilité des citoyens kabyles.

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