Un kamikaze s’est fait exploser à l’approche du convoi présidentiel. L’attentat a fait 14 morts et 74 blessés selon le ministre de l’intérieur algérien M.Y Zerhouni, repris par l’agence de presse officielle APS. De leur côté les agences étrangères (AFP et Reuter) annoncent le nombre de 19 morts et plus de soixante blessés. La plupart des victimes sont venus attendre le président A. Bouteflika en visite dans la région.
Selon des témoins sur place, un jeune homme d’une trentaine d’années au comportement suspect portant un sac plastique a été repéré par la foule. Alertés, les services de sécurité ont pris en chasse l’individu très nerveux, se sachant démasqué le kamikaze actionna la bombe dissimulé dans le sac parmi la foule.
Sauf que la question qui revient sur toutes les lèvres : la bombe a-t-elle été actionnée par le kamikaze ou à distance.
Au moment de l’explosion, le président se trouvait au siège du département de Batna en compagnie des anciens combattants. Lors de cette réunion le président a épilogué sur l’irréversibilité de la politique de réconciliation nationale et fustigeait les adversaires de la paix. Une fois n’est coutume, A. Bouteflika s’est rendu au chevet des blessés à l’hôpital de la ville avant de se rendre sur les lieux de l’attentat entouré des caméras de la télévision d’Etat. Il a même tenu à assister à l’enterrement, ce qui est tout à fait à son honneur.
Dans ses déclarations à la télévision, le président a condamné cet acte terroriste qui selon lui n’a rien à avoir avec les valeurs de l’islam. Il a rappelé sa détermination à poursuivre la réconciliation nationale malgré les difficultés sur le terrain.

Le sang des victimes de la barbarie islamiste n’a pas encore séché que la récupération politique battait déjà son plein. Au lieu d’insister sur la nécessité de poursuivre et de condamner avec la plus grande rigueur les auteurs et les commanditaires de cet ignoble attentat, le président annonce, entre les lignes, qu’au nom de la réconciliation nationale, les auteurs sont déjà absout de ce crime.
Le lendemain le président a continué sa visite sans déroger à la règle qu’il s’était fixé, porter la parole de la renonciation aux droits élémentaires d’un peuple qui est de défendre ses concitoyens, sa mémoire et sa dignité face à une mouvance islamiste à qui il ferme la fenêtre mais lui laisse la porte grande ouverte.
L’ironie du calendrier fait que c’est dans cette région où la chèvre est chèvre malgré qu’elle vole. La réconciliation nationale se fera-t-elle même s’il faut assassiner le tiers des algériens ?
Zahir Boukhelifa
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